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Un film de Michal Aviad (Israël)

« Working woman » Sortie en salles le 17 avril 2019.

Orna qui est dans le couple celle qui subvient aux besoins de la famille en attendant que le restaurant que vient d’ouvrir son mari soit connu et reconnu, se voit proposer un emploi d’avenir dans une agence immobilière.

Elle s’y montre d’entrée très efficace à tel point que son patron lui propose très vite un intéressement aux ventes assorti d’une promotion fulgurante.

Mais les agissements de ce dernier à son égard se font de plus en plus intrusifs et déplacés.

Orna qui croit avoir clarifié la situation, garde le silence pour ne pas inquiéter son mari et conserver cet emploi où elle se révèle et se trouve de plus en plus à l’aise.

Jusqu’au jour où la situation empire et devient quotidiennement insupportable avec les sollicitations de plus en plus déplacées du directeur qui a fini par tisser autour d’Orna un piège dont il lui sera difficile de se défaire, à moins qu’elle ne prenne la décision de changer radicalement les choses et de renoncer à un engagement professionnel à tous points de vue intéressant.

Cinéma : Working Woman

Ce sont les confidences d’une amie qui fut harcelée par son patron trois années durant et qui fit face à la situation jusqu’à ce qu’elle tombe en dépression nerveuse qui provoquèrent le déclic et lancèrent Michal Aviad sur le projet de réaliser un film sur le sujet.

Six ans plus tard, après avoir réalisé « Invisible » qui parlait du traumatisme lié au viol trente ans après les faits, elle décidait de se documenter sur le phénomène du harcèlement sexuel.

Le film qui s’en est suivi met une loupe sur les détails des relations très complexes qui se mettent en place entre un homme et une femme qui travaillent ensemble et dont les activités professionnelles nécessitent une complicité sans failles et impliquent toutes les nuances d’une gestuelle de chaque instant et engagent entre eux des émotions qui peuvent très vite devenir ambiguës.

Benny a la profil d’un quinquagénaire rassurant, de celui auprès de qui toutes les raisons sont requises pour travailler dans des conditions favorisant une implication professionnelle entière.

Et c’est là où la réalisatrice, totalement engagée dans son sujet, se montre virtuose quand elle parvient à installer entre les deux protagonistes l’ambiguïté à partir de laquelle peut se créer le malentendu et à partir de là, le lent enfermement dans le piège.

Benny possède tous les atouts pour conduire le jeu à son avantage, le pouvoir, la séduction, la mainmise sur la réussite professionnelle et financière d’Orna, et il va agir vis à vis d’elle selon le principe de la douche écossaise, en se montrant tout à tour dans une approche trouble et le moment d’après dans une attitude rassurante apte à gommer tous les doutes.

Comment, pour Lorna, rompre les ponts avec une personne qui va lui assurer une avenir professionnel, l’introduire dans un réseau de relations et qui a fait jouer ses influences pour faire obtenir à son mari la licence qu’il ne parvenait pas à obtenir pour officialiser l’ouverture de son restaurant.

Michal Aviad avance dans son récit par touches narratives, de la même façon que Benny procède pour mettre en place le piège où bientôt Orna se retrouvera prisonnière et engagée dans le mensonge. Et c’est dans son traitement au scalpel, dans le vis à vis du prédateur et de la proie, que résident toute le subtilité et la force du film.

Une distribution parfaite complète la construction virtuose de « Working Woman ».

On pourrait reprocher à Michael Aviad d’avoir réalisé un film de facture académique. Or, le film n’a absolument pas besoin de subterfuges de forme pour être une œuvre cruelle et passionnante.

Francis Dubois

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