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Un film de Quentin Dupieux (France)

"Wrong Cops" Sortie en salles le 26 février 2014.

Duke est un flic pourri qui deale de l’herbe. Il livre la drogue à ses clients dans le ventre de rats vidés de leurs entrailles.

Ses comparses dans l’histoire sont un obsédé sexuel, un flic maître-chanteur, un chercheur de trésor au passé douteux, un borgne au visage difforme qui rêve de devenir une star de la techno…

De petites combines en jeux d’influence, Duke trace son chemin sans à-coups jusqu’au jour où tout se dérègle quand sa dernière victime, un voisin laissé pour mort dans le coffre de sa voiture, se réveille…

Le parcours de cinéaste de Quentin Dupieux, complètement atypique, ne pouvait que déboucher sur des films marginaux empreints d’une poésie abrupte qui ne s’avoue pas au premier abord.

En 1999, pour la marque Levi’s qui fait appel à lui pour six spots publicitaires, il met en scène Flat Éric, une peluche jaune qui illustre les spots et qui se vendra à des millions d’exemplaires dans le monde.

Il décide alors d’autofinancer son premier film qu’il réalise en 2001 : "Nonfilm" est un moyen-métrage absurde qui sera diffusé sur Arte et dont les fans s’arracheront les copies pirates du DVD.

En 2009, il tourne "Rubber" , les aventures d’un pneu tueur et télépathe, un film qui sera sélectionné pour la Semaine de la Critique à Cannes et qui connaîtra un véritable succès international.

"Wrong cops" est au départ un court métrage où Mark Burnham (Duke) avait une courte scène.

Le désir de retravailler avec ce comédien a été déterminant dans le montage du projet.

Si ce dernier film reste un drôle d’objet dans le droit fil de l’univers de Quentin Dupieux, celui-ci le considère comme un récit plus terre à terre, plus limpide que ses autres réalisations, qui tiendrait de la série télé si l’on considère que les événements se suivent un peu à la manière de mini épisodes.

Mais avant tout "Wrong cops" est la peinture, à la façon "Dupieux", d’une société en laquelle on ne peut pas avoir foi, qui n’agit en rien pour cela, qui rejoint les horreurs du monde, une société esclave de l’argent, à la sexualité appauvrie foncièrement obsessionnelle et déviante, dans laquelle les bassesses, les contradictions et les arrangements avec ses sursauts de moralité sont monnaie courante.

Si Wrong couche avec un travelo, c’est pour mieux être odieux avec lui et l’insulter. Un mépris qui tient lieu de repentir…

" Wrong cops" est à voir comme une réalisation à part dans le paysage du cinéma français, comme un exercice de provocation dont l’objectif ne serait surtout pas de ramener dans le droit chemin une société à la dérive.

Francis Dubois

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