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Un film de Djamila Sahraoui (Algérie-France)

"Yema" Sortie en salles le 28 août 2013

Une habitation isolée dans la campagne algérienne. Ouardia qui y vit, vient d’enterrer son fils militaire probablement abattu par son propre frère Ali, chef d’un maquis islamiste.

La seule présence auprès d’Ouardia est celle d’un jeune homme handicapé chargé de veiller sur elle.

Ouardia a décidé de redonner vie au paysage aride autour de la maison en cultivant la terre sèche.

C’est à elle qu’incombera la responsabilité de l’enfant de Malia, jeune femme aimée des deux frères, morte en couches.

Mais un jour, Ali, le fils maudit apparaît, gravement blessé.

En arabe, Yema signifie la mère et le titre du film nomme autant la mère biologique que la mère patrie.

" Yema" est l’histoire déchirante d’une mère qui a enfanté deux garçons que leurs idées opposaient. Mais c’est aussi l’histoire d’une Algérie douloureuse arrosée de tant de sang, de larmes, de cruauté et de souffrances accumulées.

La réalisatrice Djamila Sahraoui incarne elle-même cette mère qui saura, à travers toute cette douleur qui la déborde, faire preuve de courage et de générosité.

La réussite du film est dans la façon dont est traité le sujet même si les personnages et les situations n’échappent pas toujours au stéréotype.

Mais elle réside surtout dans le paradoxe né du décor.

Les magnifiques et vastes paysages qui entourent la demeure se trouvent réduits par la façon dont est traité le récit, les rapports entre les personnages, l’absence de perspective, à un véritable huis-clos.

Et c’est dans cette réduction des espaces, l’impression d’étouffement qui se dégage d’une situation inextricable, que se mesure la réalité de l’épisode douloureux qu’a traversé l’Algérie dès le début des années 90.

Ouardia y devient un personnage de tragédie, une présence qui résume à elle-seule, l’histoire d’un pays.

C’est d’elle et de son courage pour surmonter les épreuves, que naîtra l’espoir si mince soit-il.

Djamila Sahraoui a réalisé son film avec une passion lisible à chaque moment du récit. La force de sa réalisation et de sa présence à l’écran compensent les quelques faiblesses d’un récit parfois un peu schématique.

"Yema" est un film à voir par ce qu’il secoue la mémoire et pour ce qu’il a d’universel.

Francis Dubois

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