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AED préprofessionnalisés Un faux nez loi des besoins

Le ministère mise sur les contrats de préprofessionnalisation proposés aux AED pour débuter la formation des futurs enseignants. Efficacité non garantie.

Le CTM du 30 janvier devait étudier un projet de décret modifiant le statut des AED, afin de créer des « contrats de préprofessionnalisation » dès la rentrée 2019. La présentation a été reportée à la demande des représentants de la FSU, compte tenu des annonces faites par ailleurs par Jean-Michel Blanquer sur la place du concours.
Le ministre prétend faire de ces contrats un levier d’attractivité du métier, et les députés de la majorité y voient, pour reprendre les mots de l’une d’eux, l’occasion pour les ­étudiants de recevoir « une formation concrète ».
Cette appréciation est révélatrice de la conception qu’ont nos gouvernants de la formation des enseignants : elle renvoie toujours au terrain et à la mise en situation.

Efficacité limitée
Ainsi les AED engagés sous ce nouveau statut pourraient-ils être mobilisés pour des remplacements ponctuels en M1, à un tarif défiant toute concurrence. En L3, les étudiants ne seraient pas laissés seuls en responsabilité d’élèves, contrairement à ce que le ministère envisageait il y a quelques mois. Les interventions de la FSU lui ont fait entendre raison. La rémunération envisagée (de l’ordre de 700 euros mensuels en L2, pour 8 heures par semaine) est probablement plus attractive que ce que le ministère envisageait au départ, mais elle n’empêchera pas les étudiants non boursiers d’avoir à se chercher d’autres ressources. Est-ce la manière de leur garantir une bonne formation, et le succès au concours ? On en doute.
On doutera plus encore de l’efficacité de la mesure sur l’élargissement du vivier lorsqu’on saura qu’en 2019, elle concernera 1 500 étudiants de L2 (3 000 en 2020), qui bénéficieront d’un contrat pour trois ans : il s’agira donc d’un flux annuel de 3 000 candidats (s’il n’y a pas de démission, parce que le ministère n’envisage pas de recruter en L3 ou en M1). À comparer aux plus de 180 000 qui s’inscrivent aux concours externes du premier et du second degré, et qui ne suffisent pourtant pas à pourvoir tous les postes. On parle donc bien de bout de chandelles.

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