Actualité théâtrale

à la Maison de la Poésie, jusqu’au 22 novembre

"V" de Tony Harrison. Mise en scène de Claude Guerre

Tony Harrison est né dans une famille modeste à Leeds, dans le nord de l’Angleterre. Il écrit de la poésie mais se consacre également au théâtre, au cinéma, à l’opéra… En 1985, il publie "V", un long poème dramatique en alexandrins, un constat politique sur la lutte dans les mines de charbon et plus globalement dans ce Nord industriel laminé par la politique de Margaret Thatcher.
Au moment de se recueillir sur la tombe de son père, un homme constate que le cimetière a été profané. Que la lettre V a été inscrite sur des pierres tombales. C’est sans doute l’œuvre de hooligans intervenus à une fin de match arrosée à la bière.
Tony Harrison imagine la rencontre entre le hooligan et l’homme. D’un côté l’homme et sa conscience et de l’autre, l’âme à vif, l’agressivité, la langue de la rue. La misère, l’espoir perdu conduisent l’être dans son dernier retranchement, la haine poussée jusqu’au dernier rempart, la profanation des morts…
Le poète se trouve confronté à l’agressivité du chômeur et pourtant ce n’est pas totalement un dialogue de sourds… Les deux s’opposent mais parfois se confondent.

© Béatrice Logeais & Maison de la Poésie

Tony Harrison ne considère pas la poésie comme un art réservé à une élite. Il la rend accessible, publique. Il utilise, une forme un langage en prise directe avec le réel, proches de la rue pour traduire au plus près les chocs sociaux. On laisse de côté le naturalisme pour plonger dans la drame grec…
Guillaume Durieux, jeune comédien de grand talent s’empare de ce poème épique "à dire en musique et à très haute voix" avec une puissance et une subtilité de jeu réjouissantes. Il est dans la nuance, dans le contraste, dans la confidence ou dans le langue crue, d’une même efficacité. Il émane de sa longue silhouette , de sa gestuelle un rare charisme.
Le musicien Jean-Philippe Dary l’accompagne. Il accorde l’alexandrin au rythme du reggae ou à ceux du rock agressif.
L’un et l’autre fonctionnent en totale harmonie.
Francis Dubois

Maison de la poésie. Passage Molière
157, rue Saint-Martin 75 003 Paris
Réservations au 01 44 54 53 00 et [ Maison de la Poésie
Passage Molière, 157 rue Saint-Martin
75 003 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 44 54 53 14
www.maisondelapoesieparis.com
- >http://www.maisondelapoesieparis.com/]

"V" de Tony Harrison. Texte français de Jacques Darras. Mise en scène de Claude Guerre, directeur de la Maison de la Poésie.

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • "Sept secondes/ In god we trust" de Falk Richter
    Un pilote de l’armée américaine est suivi dans son quotidien, lequel consiste pour l’essentiel à larguer des bombes sur l’Irak. Il agit avec la concentration et l’application d’un enfant devant ses... Lire la suite (Mars 2008)
  • "Anagrammes pour Faust"
    Certains objets de notre quotidien aspirent comme certains humains à la vie éternelle. C’est le postulat de départ de la pièce. Ce souhait d’éternité nous renvoie à Faust qui, pour ce pouvoir, vendit son... Lire la suite (Mars 2008)
  • "Mère Courage et ses enfants"
    Brecht écrit Mère Courage en 1938, en pleine montée du nazisme. Alors que la menace de guerre plane sur l’Europe, il est contraint de s’exiler... Brecht choisit de situer l’action de Mère Courage... Lire la suite (Mars 2008)
  • Trois textes de Marie Ndiaye sur scène : "Rien d’humain", "Les Serpents", "Hilda"
    Trois metteurs en scène très différents pour servir trois textes de Marie Ndiaye qui traitent de sujets proches, l’autorité, la possession, le vampirisme. La langue de cet auteure singulière va sans... Lire la suite (Mars 2008)
  • "L’Ingénu" d’après Voltaire
    L’Ingénu dit avec franchise et sans retenue ce qu’il pense. Au cours d’un voyage à travers le monde, il s’arrête en Bretagne, l’endroit de ses origines. Il y rencontre l’amour, la religion et des... Lire la suite (Février 2008)