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Un film de Sara Forestier (France)

« M » Sortie en salles le 15 novembre 2017.

Lila est bègue et elle s’est réfugiée dans le silence.

Sa rencontre avec Mo, un garçon charismatique en manque d’adrénaline et d’amour, va lui permettre d’affronter la vie différemment.

Ils tombent amoureux l’un de l’autre et Mo, saisi de tendresse, deviendra plus paisible même s’il porte un secret qu’il aura du mal à révéler, même à Lila.

On se souvient de Sara Forestier lorsqu’elle fut découverte dans «  l’Esquive » d’Abdelatif Kechiche où elle explosait littéralement et pour lequel elle obtenait le César du meilleur espoir féminin en 2005. On avait retrouvée son incomparable spontanéité dans « Le nom des gens » de Michel Leclerc où son interprétation lui valut en 2011, un César de la meilleure actrice.

Elle fut nominée de la même façon pour sa composition dans «  Suzanne » réalisé par Katell Quillévéré et en 2017, elle interpréta une professeure des écoles criante de vérité dans «  Primaire » d’Hélène Angel.

En 2017, elle se lance dans la réalisation d’un long métrage « M » qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ce qu’on sait de cette comédienne éclatante, spontanée, enthousiaste et marginale, figure à part dans la liste des actrices de sa génération.

Cinéma : M

Pour sa première réalisation, elle n’a pas choisi la facilité et en interprétant dans son film le rôle de Lila, une jeune femme bègue, non plus.

Sara Forestier serait-elle touchée par la grâce ? Son audace, cette « peur de rien » qui semblent la caractériser lui permettent-ils d’être cette sorte de salamandre qui traverserait tous les obstacles pour atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé ?

Ce qui, sans doute, caractérise mieux son film qui fait cohabiter l’âpreté et la comédie, c’est sa vitalité.

Mo et Lila sont deux êtres à la fois très différents et similaires et Sara Forestier joue sur cette dualité dans le couple qu’ils forment, elle complexée, le regard fuyant, lui frontal, sûr de lui.

Cette dualité qui fait qu’il est difficile de définir de manière simpliste un lien qui s’est mis en place de façon secrète, souterraine et imprévisible.

Sara Forestier a fait de son film une histoire d’amour avec des amoureux singuliers, l’histoire d’une rencontre entre deux êtres qui se connectent d’une façon unique.

Et s’il y a une touche classique dans le romantisme du film ainsi que dans sa structure narrative, c’est que la réalisatrice a voulu faire cohabiter et se heurter la belle histoire et un langage résolument moderne, une élocution très actuelle.

Aux deux personnages atypiques (Mo n’est pas un illettré comme les autres et Lila n’est pas une bègue comme une autre), Sara Forestier a composé des personnages secondaires décalés, un père de Lila campé de façon singulière par Jean-Pierre Léaud, une petite sœur cabotine et insupportable qu’elle semble avoir laissée seule composer son personnage et qui le joue comme les enfants joueraient à « si c’était... »

Un premier film maladroit mais généreux et tellement enthousiaste....

Francis Dubois

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