Il s’agirait de mettre en place un système uniforme et unique (privé et public), supprimant les régimes spéciaux et les dernières catégories dites « actives ». Le code des pensions est pourtant un élément du statut des fonctionnaires dont le lien avec la carrière est clairement établi (pension calculée sur le dernier indice détenu dans les six derniers mois).

Le président affirme qu’il n’y a pas de problème de financement, mais que cette réforme est indispensable pour redonner confiance et pour rendre le système plus équitable et transparent. Il s’agirait d’un système par points dans lequel chaque euro cotisé ouvrirait les mêmes droits quel que soit le statut : les cotisations seraient converties en points inscrits sur un compte. À ce capital virtuel accumulé sur toute la période d’activité sera appliqué un coefficient de conversion dépendant de l’âge de départ à la retraite et de l’espérance de vie à cet âge de la génération à laquelle appartient le salarié. Rien ne garantit la valeur de liquidation du point comme l’ont montré la réforme des systèmes complémentaires de 2015 à l’AGIRC et ARRCO et les mesures prises au RAFP [[Régime additionnelle de la Fonction publique]]. Ce serait une véritable rupture avec le principe de solidarité intergénérationnelle qui fonde le système actuel. Malgré la simplicité apparente, c’est un système qui ne garantit pas le montant de la pension et qui peut s’équilibrer automatiquement par l’appauvrissement des retraités.

Alors même que les régimes sont globalement à l’équilibre financier, le système de retraites « à points » proposé par Emmanuel Macron répond en fait à un objectif d’individualisation, rendrait encore plus incertain le montant de la pension qui dépendrait beaucoup plus qu’actuellement de l’évolution économique, annulerait le calcul sur les 6 derniers mois en vigueur dans la Fonction Publique. Ceux qui y perdraient beaucoup seraient donc les fonctionnaires car en début de carrière nos salaires sont plus bas que dans le privé à qualification égale et les meilleurs salaires sont en fin de carrière. Parmi les fonctionnaires, les enseignants seraient d’autant plus perdants qu’ils ont peu de primes, or dans un tel système ce sont l’ensemble des rémunérations qui sont prises en compte. Le but est de diminuer encore les droits de tous.