Le décret instaurant pour l’année 2020 la prime annuelle de garantie individuelle de pouvoir d’achat est paru le 25 octobre 2020.
Il aurait du conduire au versement d’une prime pour les agents de la Fonction publique, titulaires et non titulaires, employés sans interruption entre le 31 décembre 2015 et le 31 décembre 2019, dont le pouvoir d’achat lié au traitement indiciaire a régressé sur cette même période. Pour les non-titulaires sont concernés les contractuels en CDI ou en CDD employés de manière continue par le même employeur public au cours de la période de référence des 4 ans. La revalorisation du point d’indice intervenue en deux fois au 1er juillet 2016 (+0,6 %) et au 1er février 2017 (+0,6 %) et la mise en œuvre des mesures de carrière PPCR avec raccourcissement de la durée de séjour dans les échelons exclut de la prime bon nombre de collègues. Seuls les collègues titulaires au dernier de la échelon de la hors-classe des certifiés, CPE et DCIO (indices 783 fin 2015 et 798 fin 2019) ou au dernier chevron A3 de la hors-classe des agrégés (indices 963 fin 2015 et 972 fin 2019) peuvent y prétendre pour un montant brut respectivement de 273 € ou 867 € versé sur la paye de janvier 2021.

Un calculateur permet de vérifier l’éligibilité ou non à la GIPA.

Pour assurer le maintien du pouvoir d’achat, il n’y a pas d’autre voie que le retour de l’indexation de l’évolution de traitement sur celle des prix. Or lors de ces dernières années, le point d’indice n’a évolué que 3 fois (+ 0,5 % en juillet 2010, + 0,6 % en juillet 2016 et + 0,6 % en février 2017).

Laisser le point d’indice perdre de sa valeur ne serait pas si grave s’il était compensé par une prime annuelle ad-hoc ? C’est la position du gouvernement avec l’utilisation de l’instrument GIPA. C’est un point de vue centré sur la situation isolée d’un seul individu qui oublie tout simplement l’équité entre les générations.

L’attachement du SNES et de la FSU à la valeur du point d’indice s’explique par la transparence qu’elle assure, par l’évidence de communauté d’intérêt qu’elle montre. Son montant est commun à tous les agents publics, fonctionnaires ou non titulaires. Sa valeur et son évolution sont de ce fait des préoccupations qui se posent en termes identiques pour tous.