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Contenus d’enseignement – Evaluation – Orientation

  1. Socle commun de connaissances de compétences et de culture ;programmes ; parcours
    1. Socle commun de connaissances de compétences et de culture
    2. Les programmes
    3. Des parcours en lien avec les programmes

1. Socle commun de connaissances de compétences et de culture ; programmes ; parcours
1.1. Socle commun de connaissances de compétences et de culture
Décret 2015-372 du 21 mars 2015 relatif au socle commun de connaissances, de compétences et de culture
Prévu par la Loi de refondation de l’école de juillet 2013, un nouveau Socle commun de connaissances, de compétences et de culture a été redéfini par le Conseil supérieur des programmes (CSP), comme « le principe organisateur de l’enseignement obligatoire dont l’acquisition doit être garantie à tous ». Il définit le contenu des enseignements de la scolarité obligatoire et entre en vigueur à la rentrée 2016.
« Programme des programmes », il est composé de cinq domaines définissant les grands enjeux de formation durant la scolarité obligatoire : les langages pour penser et communiquer ; les méthodes et outils pour apprendre ; la formation de la personne et du citoyen ; les systèmes naturels et les systèmes techniques ; les représentations du monde et l’activité humaine.
Chacun de ces domaines requiert la contribution transversale et conjointe de toutes les disciplines et démarches éducatives. Les objectifs de connaissances et de compétences de chaque domaine de formation et la contribution de chaque discipline ou enseignement à ces domaines sont déclinés dans les programmes d’enseignement.
Son acquisition sera prise en compte pour l’attribution du Diplôme national du brevet (voir Point 2. de cette partie).

Commentaires du SNES-FSU
Ce nouveau socle commun de connaissances de compétences et de culture marque une rupture avec le socle de 2005 : il construit une culture scolaire commune en vue de la poursuite des études et non un ensemble de compétences utilitaristes visant une employabilité.
Le projet de culture commune porté par le SNES et la FSU est ainsi reconnu dans le code de l’éducation, ainsi que la conception d’un socle « programme des programmes », chapeau général, donnant un cadre cohérent aux contenus d’apprentissages du CP à la Troisième et permettant de construire les programmes.
Le SNES-FSU a fortement pesé pour que la dimension culturelle imprègne en profondeur le nouveau socle, et pour que cet ensemble commun ne se réduise pas au socle utilitariste de la Loi Fillon de 2005, qui opposait compétences et connaissances, et s’appuie sur la structuration du collège en enseignements disciplinaire.
La grande faiblesse de la loi de refondation est d’avoir confondu fin de scolarité obligatoire et fin du collège, ce qui n’est pas la réalité pour la majorité des jeunes, scolarisés à 16 ans en Seconde. Cette volonté de ne surtout pas travailler la liaison collège/lycée pour mieux enfermer le collège dans un bloc école/collège ne permet pas de desserrer l’étau de l’orientation au collège.

1.2. Les programmes
Les nouveaux programmes du collège censés entrer en vigueur dès la rentrée 2016, sont parus au BO spécial du 26 novembre 2015. Consulter nos premières analyses sur le site du SNES-FSU : www.snes.edu/Les-programmes-examines-au-CSE.html ainsi que la publication du SNES-FSU à paraître en janvier 2016.
À partir du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, le CSP a conçu de nouveaux programmes d’enseignement pour l’école élémentaire et le collège. Nouveauté : des programmes de cycle sans repères annuels (cycle 3 regroupant CM1, CM2, Sixième ; cycle 4 regroupant Cinquième, Quatrième, Troisième), sauf pour l’histoire-géographie et l’histoire des arts qui ont une programmation annuelle. Dans chaque établissement, les enseignants devront se concerter pour établir leur progression, et choisir les contenus à mettre en œuvre dans chaque niveau de classe.

Commentaires du SNES-FSU
Ces programmes souffrent d’un manque de repères annuels (excepté en histoire-géographie et en histoire des arts), qui n’étaient pourtant pas incompatibles avec la logique curriculaire des programmes de cycle.
Le SNES-FSU a beaucoup pesé pour améliorer les projets de textes et a obtenu des repères de progressivité plus importants pour certaines disciplines dans la version finale des textes, notamment en mathématiques.
Ces programmes ne sont pas suffisamment complets pour en faire des outils professionnels à destination des enseignants et nécessitent le complément de documents d’accompagnement, qui devraient être publiés d’ici juin 2016.
L’empilement des textes réglementaires aboutit à un « mille-feuille » qui risque fort d’être ingérable pour les enseignants : programmes, socle, parcours, documents d’accompagnement…
Les choix de contenus devront s’exercer dans le cadre du conseil de cycle 3, du conseil pédagogique et du conseil école-collège, et nécessiteront un travail de conception de cours important.
Les collègues en service partagé sur plusieurs établissements risquent d’avoir autant de progressions différentes à préparer que d’établissements, et les 20 % d’élèves changeant de collège au cours de leur scolarité – en majorité de milieux sociaux défavorisés – seront les premiers impactés par la mise en place de ces progressions différentes.
Ces programmes restent lourds en particulier en histoire-géographie, SVT et sciences physiques et chimiques.
Des nouveautés à noter (voir analyse sur le site du SNES) :

  • un programme de « sciences et technologie » en cycle 3. Pour le SNES-FSU, le regroupement des trois disciplines (physique-chimie, SVT, technologie) est inacceptable tant les démarches scientifiques et technologiques sont différentes ;
  • un programme d’enseignement moral et civique (paru au BO spécial n° 6 du 25 juin 2015). Les modalités d’évaluation de cet enseignement sont floues, et on peut craindre une volonté d’imposer des normes de comportement ;
  • un programme d’histoire des arts dont une thématique par an est obligatoire ;
  • un référentiel d’éducation aux média et à l’information dès la classe de Sixième, qui aurait pu être une réelle avancée si le ministère n’avait pas refusé d’insérer des compétences spécifiques en information-documentation ;
  • des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) qui se rajoutent aux programmes disciplinaires et portent une vision artificielle de l’interdisciplinarité.
    Le ministère, en imposant une mise en place des programmes des quatre années du collège simultanément dès la rentrée 2016, augmente de manière très importante la charge de travail des enseignants, au risque de mettre en grande difficulté les collègues et d’entraîner une mise œuvre très dégradée de ces nouveaux programmes (voir aussi le « Point sur » la réforme du collège).

La suite logique des nouveaux programmes du collège serait la mise en chantier des programmes du lycée, s’appuyant sur un bilan des programmes actuels. Nous n’avons pour l’heure aucune indication concernant l’ouverture d’un tel chantier malgré l’ouverture en décembre 2015 d’un bilan de la réforme Chatel.

1.3 Des parcours en lien avec les programmes
Trois parcours éducatifs doivent être mis en place de l’école élémentaire à la Terminale : le parcours citoyen (PC), le parcours avenir (PA), le parcours d’éducation artistique et culturelle (PEAC). Ils s’appuient sur les enseignements.

  • Le parcours citoyen (PC)
    À ce jour les textes officiels définissant ce parcours ne sont pas encore parus.
    Ce parcours a pour double objectif de faire connaître aux élèves les valeurs de la République et de les amener à devenir des citoyens libres et responsables. Il est censé se construire autour de l’enseignement moral et civique, de l’éducation aux média et à l’information, de l’éducation à l’environnement et au développement durable.
  • Le parcours avenir (PA, ex PIIODMEP, ex PDMF)
    Le code de l’éducation, dans son article L 331-7, indique qu’« afin d’élaborer son projet d’orientation scolaire et professionnelle et d’éclairer ses choix d’orientation, un parcours individuel d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel est proposé à chaque élève, aux différentes étapes de sa scolarité du second degré. Il est défini, sous la responsabilité du chef d’établissement et avec l’élève, ses parents ou son responsable légal, par les conseillers d’orientation psychologues, les enseignants et les autres professionnels compétents. Les administrations concernées, les collectivités territoriales, les organisations professionnelles, les entreprises et les associations contribuent à la mise en œuvre de ce parcours ».
    À la suite de l’examen du contenu de ce parcours par le Conseil supérieur de l’éducation, un arrêté paru au BO n° 28 du 9 juillet 2015, définit un référentiel et le rebaptise « Parcours Avenir ». Les connaissances et compétences acquises dans le cadre de ce parcours qui concerne tous les élèves de la Sixième à la Terminale, sont prises en compte dans la validation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture et dans le livret scolaire.
    Le référentiel définit un ensemble de notions que les équipes peuvent aborder mais qui n’est pas un programme. L’ancrage dans les disciplines et l’approche pluridisciplinaire sont préconisés. Ces dispositions sont applicables depuis la rentrée 2015.

Commentaires du SNES-FSU
La création de ce parcours correspond aux recommandations européennes qui visent à développer l’entrepreneuriat et la culture économique dès le collège. Le patronat, très impliqué dans cet objectif, a produit en 2013 un « programme de la Sixième à la Terminale » transmis au président de la République et qui comportait des épreuves au baccalauréat. Même si ces propositions n’ont pas été reprises par le Conseil supérieur des programmes, les diverses réécritures de son projet initial vont bien dans le sens d’une conception libérale de l’économie (dont on ne sait même pas en collège qui va pouvoir l’enseigner) et de l’intervention d’associations d’employeurs dans les collèges et les lycées.
Le SNES-FSU a beaucoup pesé pour que soient respectés les choix des équipes dans les projets, que la dimension de l’ouverture culturelle et sociale au travers de la découverte des métiers soit privilégiée et que des moyens soient donnés pour la concertation et le suivi. Pour que cette incitation à la découverte et à la réflexion critique voit réellement le jour, il faut que l’initiative parte des équipes et que CO-Psy et les professeurs documentalistes soient associés dès la conception du projet.

  • Le parcours d’éducation artistique et culturelle (PEAC)
    Principes et modalités : BO n° 19 du 9 mai 2013
    Référentiel : BO n° 28 du 9 juillet 2015
    Guide pour sa mise en œuvre sur le site Eduscol
    De l’école au lycée, le PEAC a pour ambition de favoriser l’égal accès de tous les élèves aux arts et à la culture à travers l’acquisition d’une culture artistique personnelle. S’appuyant sur les enseignements, il a pour but de mettre en cohérence toutes les actions menées dans le cadre de l’éducation artistique et culturelle dans tous les cycles. Les élèves sont censés découvrir des œuvres de tous les domaines artistiques et garder une trace réflexive de ces découvertes. Les projets proposés doivent respecter les objectifs à atteindre en fin de cycle listés dans le référentiel.
    Ce parcours doit être coordonné par un professeur volontaire qui deviendra référent culture. Les missions liées sont listées et ouvrent le droit à une indemnité annuelle sous la forme d’une IMP à 625 €.

Commentaires du SNES-FSU
Ce parcours doit valoriser les projets partenariaux avec les structures culturelles locales, un projet partenarial par cycle est recommandé. Mais ces dispositifs demandent du temps et des moyens, la question des subventions est soulevée en lien avec la nouvelle politique territoriale. Quant à l’indemnité annuelle, elle est bien légère au regard du travail de coordination demandé.
Le ministère semble vouloir généraliser l’utilisation de l’application FOLIOS très contestée par ceux qui l’ont expérimentée. Les équipes ne doivent rien se laisser imposer.
Le problème du financement des sorties reste entier.
Les objectifs du référentiel ne sont pas une série de compétences à évaluer mais des objectifs, censés guider les enseignants.