US Magazine 774 du 13 novembre 2017

Quel bac voulons-nous ?

Pour le SNES-FSU, le baccalauréat doit être fondé sur des épreuves nationales, terminales et anonymes.

C’est la condition indispensable pour que cet examen et ce diplôme aient la même valeur sur tout le territoire, quel que soit le lycée de scolarisation, et pour qu’il puisse demeurer le premier grade universitaire. Cela implique de rejeter le développement du contrôle local, et plus encore la piste du contrôle continu avancée par le ministère. Cela nécessite aussi que les épreuves de l’examen soient nombreuses, et permettent de vérifier l’acquisition de connaissances et de compétences dans des champs très divers de la connaissance.

Les résultats de l’enquête menée par le SNES-FSU en octobre et novembre 2017 montrent que ces principes que nous défendons sont très majoritairement soutenus par la profession. 2 263 enseignants ont participé à cette enquête.

Une orientation soutenue par la profession

Sur les deux propositions « phare » du gouvernement, les résultats sont sans appel : 64,3 % des répondants sont en désaccord avec la volonté de réduire le nombre d’épreuves terminales (et 9,2 % ne se prononcent pas) ; 69,8 % des enquêtés refusent le recours au contrôle continu pour évaluer des disciplines au baccalauréat (seuls 22,1 % sont d’accord avec cette idée).

Concernant la situation actuelle, si 60 à 65 % des collègues sont satisfaits du nombre d’épreuves et de la durée de l’examen en Terminale, 69,3 % considèrent cependant que « le baccalauréat est devenu un examen trop facile à obtenir ». Comment expliquer ce pessimisme ? Peut-être le développement du contrôle local, massivement critiqué par la profession (69,3 % des répondants considèrent que c’est une menace pour la valeur du diplôme). Peut-être aussi les « pressions sur les notes » : 47,6 % des collègues déclarent avoir déjà subi des pressions pour relever des notes (dont 13,4 % « souvent »). Mais aussi le sentiment que les mentions sont « trop faciles à obtenir » : 63,7 % des enseignants pensent qu’il faudrait conditionner l’obtention d’une mention à une note minimale dans les disciplines centrales de chaque série.

Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que les pistes lancées par le ministère ne régleraient certainement pas le problème !

Romain Geny

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