rejet du statut pour les aesh

D’après le ministre de l’éducation nationale, la situation de précarité des accompagnant·es d’élèves en situation de handicap aurait disparu. Personne, à commencer par les AESH, n’est dupe! 

Avec une mauvaise foi inouïe, le ministre, justifie la faiblesse de leur rémunération : un temps de travail « par nature » incomplet puisque l’accompagnement des élèves en situation de handicap serait « par nature temporaire » : « un enfant sort de son école, de son collège ou de son lycée». Dit-on à un prof que son travail est « par nature temporaire » parce que ses élèves quittent leur collège ou leur lycée ? Certes non.

Mensonge éhonté

Les besoins en accompagnement humain sont de plus en plus importants, et c’est ce qui pousse le MEN à faire des économies sur le dos des AESH  en leur imposant des conditions de travail impossibles. Elles et ils n’accompagnent pas qu’un·e seul·e élève à la fois mais deux, trois ou quatre autres élèves, voire onze. Si, Monsieur le Ministre, ne vous en déplaise, le maintien des AESH dans la précarité via ces temps incomplets résulte d’un choix de gestion arbitraire et sont liés au manque d’engagement et de politiques publiques en faveur de l’inclusion scolaire et d’une société inclusive.  

Fort d’une présentation fallacieuse des conditions de travail des accompagnant.es, le ministre fait mine de ne pas comprendre la demande de création d’un statut dans la fonction publique d’État.

Manque d’investissement

Le ministre est prêt à investir environ 3 milliards d’euros pour un système à bout de souffle, alors que l’impact budgétaire d’une fonctionnarisation est estimé à 4,3 milliards d’euros. Il ne concevoit pas que la fonctionnarisation soit un investissement pour l’avenir.

Ou plutôt si, il ne l’envisage que pour certaines et certains, mais « après étude d’impact », ce que les décideurs ont toujours refusé de faire pour les multiples dispositifs coûteux et nuisibles pour les personnels comme pour les élèves mis en place dans le cadre de l’école inclusive. Derniers en date, les PIAL et les PAS.

De l’ambition pour l’École inclusive

Le financement du service public doit être pensé comme un investissement, et non comme une dépense. Investir massivement pour l’École inclusive constitue un élément indispensable à la construction d’une société inclusive pour vivre ensemble de façon solidaire, sur la base d’un lien social fort. Un accompagnement inadéquat, insatisfaisant au cours de l’enfance et de l’adolescence a des répercussions majeures sur le reste de la vie de l’adulte. Afin de préparer un meilleur parcours de citoyenne et de citoyen, il ne s’agit pas de dépenser plus, mais de dépenser différemment pendant les vingt premières années de vie. 

Investir dans l’accompagnement d’un·e jeune en situation de handicap lui permettra de s’insérer socialement et professionnellement lorsqu’elle·il sera adulte, et, par là-même, de vivre en autonomie totale ou partielle. Cela aura également des incidences positives tant sur le plan humain et social que sur le plan macroéconomique et budgétaire sur le long terme. En conséquence, ne pas investir dans l’accompagnement des élèves en situation de handicap revient à reporter sur les générations futures des dépenses bien supérieures aux actuelles économies budgétaires. C’est également renier la promesse gouvernementale de faire du handicap une cause nationale.

Indispensables accompagnant·es

Le rôle indispensable des accompagnant·es d’élèves en situation de handicap au sein de l’École est maintenant reconnu par toutes et tous. Leur fonction répond à un besoin pérenne et doit s’exercer dans le cadre d’un statut de fonctionnaire. Le coût budgétaire de la création de ce statut doit être considéré comme un investissement puisqu’un personnel formé et sécurisé dans son parcours professionnel sera un personnel stable. Le statut permettra d’assurer des accompagnements de qualité.

Pour finir, un esprit malicieux pourrait penser que ce refus de créer un corps de catégorie B pour un personnel majoritairement féminin s’inscrit dans une volonté politique de ne pas vouloir valoriser un métier féminisé.

Nous, le SNES-FSU et les accompagnant·es d’élèves en situation de handicap ne sommes pas dupes. Nous savons qu’il nous faudra déployer encore et encore beaucoup de pédagogie à l’égard des décideurs, et nous mobiliser jusqu’à l’obtention du statut. Nous ne lâcherons donc rien ! 

Soyons nombreuses et nombreux à signer et partager la pétition intersyndicale pour la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B!


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