CSE du jeudi 15 janvier 2026 – Déclaration du SNES-FSU
Madame la directrice, Monsieur le président, Mesdames, Messieurs
Le SNES-FSU présente ses vœux à tous les membres du CSE et à nos collègues de l’administration. Il formule aussi des vœux pour le retour en France le plus vite possible de notre collègue Cécile Kholer.
Le ministre réunira mardi prochain le CSAMen sur la carte des emplois dans le cadre de la préparation de la rentrée 2026. L’absence de budget à ce jour ne saurait autoriser, de quelque façon que ce soit, la suppression des 4 000 emplois prévus dans le projet de Loi de finances. Le SNES-FSU demande que le cadre réglementaire soit respecté pour la préparation de rentrée. Il n’acceptera aucun subterfuge qui viserait à mettre 4 000 emplois en réserve. Aucun CSA académique ne peut se tenir avant le CSAMen qui répartira les moyens entre académies, aucun CA en EPLE sur la préparation de rentrée ne peut se tenir avant ce CSA académique.
L’incertitude sur le budget pèse aussi sur la réforme de la formation initiale. Si les recrutements par concours en M2 sont garantis, il n’en est rien pour ceux en L3. Alors que la réforme est déjà compromise faute d’anticipation dans sa mise en œuvre, les étudiant·es sont en attente d’information sur les nouveaux parcours de formation, et découvrent avec stupeur que la session L3 pourrait ne pas se tenir.
Le SNES-FSU demande la réouverture sans attendre des CAPES et CAPET qui ont été fermés en M2, pour offrir a minima cette alternative aux candidat·es. Le ministère doit plus globalement préciser sa stratégie de repli. Le SNES-FSU rappelle que l’attractivité dans le second degré ne passe pas par un concours en L3 mais bien par des mesures salariales qui se font toujours attendre.
Au-delà des emplois, la préparation de rentrée ce sont aussi les textes réglementaires qui organisent les enseignements. La neutralisation progressive du tri des élèves en groupes de niveau en Sixième et Cinquième est une victoire syndicale, tant attendue par une profession unie aux côtés des parents d’élèves. Les textes que nous examinons ce jour, ne sont pas encore l’abrogation définitive des groupes de niveau que le SNES-FSU revendique, mais ils nous en rapprochent.
Les amendements que nous formulons, confortent l’autonomie professionnelle des équipes en mesure de choisir collectivement des stratégies pour faire réussir tous leurs élèves. Nous proposons par ailleurs un amendement unitaire pour le rétablissement de la technologie en Sixième.
Le net recul sur le « Choc des savoirs » ne rend pas pour autant acceptable et ni juste la politique d’accompagnement des 800 collèges choisis pour leur faibles résultats au DNB. D’une part, la liste de ces établissements sélectionnés a fait l’objet jusqu’à maintenant d’une omerta. Il est temps de la communiquer aux OS. Que cherche donc à cacher le ministère ? La main mise des recteurs et rectrices qui détourneraient les critères de sélections ? La préfiguration d’une nouvelle carte rabougrie de l’Éducation prioritaire ?
Le SNES-FSU demande de la transparence et de la concertation, notamment dans les CSA académiques, sur ces 800 collèges. D’autre part, les collègues n’attendent rien d’un aréopage d’IPR, d’IEN et de CPC en résidence dans ces collèges pour leur réapprendre leur métier. La question des moyens alloués pour travailler autrement avec les élèves est bien plus impérieuse.
Le SNES-FSU renouvelle une fois encore sa demande de bilan du bac et du lycée Blanquer. Le ministre présent devant nous au dernier CSE s’y est engagé, notamment sur les EAF. Les lycéen·nes ne peuvent être les laissé·es pour compte d’une politique éducative qui se désintéressent de leur parcours et de leurs éjections accrues des études supérieures. Permettre pour seule alternative un service militaire volontaire, qui plus est bonifiable dans Parcoursup, est une provocation pour les personnels.
Le SNES-FSU rappelle son attachement à une éducation à la paix, définitivement incompatible avec une familiarisation contrainte de la jeunesse à l’armée. La place de la jeunesse est à l’école, et non entreprise ou à l’armée.
Pour finir, lors du dernier CSE réuni en urgence sur l’interdiction du téléphone portable au lycée, nous avons dénoncé une mesure d’affichage, sans moyens pour être appliquée, et une nouvelle instrumentalisation de l’École. La FSU et d’autres organisations et associations défendent une éducation raisonnée au numérique, seule à même de mener les élèves vers l’émancipation et l’autonomie.
Nous proposons donc aujourd’hui aux membres du CSE un vœu pour la création d’une commission spéciale du CSE chargée de faire des propositions pour une éducation à un numérique raisonné et maîtrisé.



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