À cette heure, notre collègue du collège de Sanary-sur-Mer est toujours hospitalisée après avoir été agressée au couteau par un élève. Toutes nos pensées vont vers elle.
Cette cinquième agression au couteau en un an a immédiatement mis la machine politico-médiatique en boucle sur les réponses sécuritaires. Ces agressions sont graves et ne doivent être ni banalisées ni instrumentalisées. Elles posent une question essentielle : celle des conditions d’exercice de nos métiers et du climat scolaire, dans un contexte de baisse continue des moyens humains.

Ces violences n’ont rien d’un fait divers. Elles doivent être regardées pour ce qu’elles sont : l’École est le réceptacle de tous les maux de la société. La jeunesse est la grande oubliée des politiques publiques. Parcoursup, chômage, avenir de la planète, précarité alimentaire… Chaque drame rappelle le coût humain de l’abandon des politiques de prévention. La question de la santé mentale de nos jeunes doit être regardée comme une explication parmi d’autres. Réduire ces drames à une question de santé mentale, c’est en effet renvoyer ces situations à une responsabilité individuelle en effaçant leurs causes sociales et politiques.

La protection des personnels de l’Éducation nationale est un impératif absolu. Elle passe par l’augmentation des moyens humains pour accompagner les élèves. Mais l’École ne pourra pas tout faire. Il est indispensable de développer une véritable politique publique qui redonne des perspectives d’avenir à la jeunesse : une réponse collective et politique urgente !