Le corps des professeur·es de chaires supérieures
Le corps des professeur·es de chaires supérieures, institué par le décret 68-503 du 30 mai 1968, est le seul corps du second degré spécifiquement lié aux CPGE et constitue un débouché pour les professeur·es agrégé·es qui enseignent en Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE). Son effectif, constant depuis des années, est fixé à 2 250 places. Ce sont les départs à la retraite de professeur·es de chaires supérieures dans chaque discipline qui permettent de libérer des places et d’offrir des possibilités de promotions qui sont annoncées début juillet.
Pourquoi devenir professeur·e de chaire supérieure ?
1°) le corps des professeur·es de chaires supérieures est le seul corps spécifiquement lié aux CPGE : impossible de muter de force un collègue chaire supérieure à temps plein dans le pré-bac ;
2°) dans ce corps, le déroulé de carrière est globalement plus rapide ;
3°) cela garantit un accès automatique à l’indice sommital (HEB-3) sans barrage de grade depuis les avancées obtenues par le SNES-FSU en 2023 (voir ici pour plus de détails) ;
4°) les taux des heures supplémentaires (HSA et heures de colles) sont plus intéressants dans le corps des professeur·es de chaires supérieures : environ 17% de plus par rapport aux taux des HSA et colles des professeur·es agrégé·es (voir la page 12 du supplément rémunérations-carrières mis à jour).
Pour être promouvable, deux conditions sont requises :
– être au moins au 6ème échelon de la classe normale ;
– avoir au moins deux ans d’ancienneté en CPGE.
Conquis du SNES-FSU : la chaire supérieure accessible aussi aux professeur·es agrégé·es classe exceptionnelle
Jusqu’à la campagne 2024 incluse, le corps des professeur·es de chaires supérieures n’était accessible qu’aux agrégé·es classe normale et hors classe. En effet, le décret n°68-503 du 30 mai 1968 n’avait pas été modifié après la mise en œuvre du protocole PPCR et la mise en place de la classe exceptionnelle à partir de 2017. Mais, après les nombreuses interventions syndicales du SNES-FSU et les mesures sur les fins de carrières gagnées dans le cadre du puissant mouvement contre la réforme des retraites de 2023 -dont la mise en place d’un débouché automatique à la HEB pour l’ensemble des professeur·es de chaires supérieures-, le SNES-FSU s’est battu et a obtenu une réécriture du décret de 1968 permettant aux professeur·es agrégé·es classe exceptionnelle de pouvoir accéder au corps des professeur·es de chaires supérieures au même titre que les professeur·es agrégé·es classe normale et hors classe. Désormais le décret stipule en son article 3 : « Peuvent être inscrits sur les listes d’aptitude mentionnées à l’article 2 les membres du corps des professeurs agrégés de l’enseignement du second degré. Les professeurs agrégés de classe normale de l’enseignement du second degré doivent être parvenus au 6e échelon de leur grade au 1er septembre de l’année scolaire au titre de laquelle est établie la liste d’aptitude. »
Un acte de candidature comme pour les autres listes d’aptitude
Depuis la campagne 2024 d’accès au corps des professeur·es de chaires supérieures,
un acte de candidature est requis pour accéder par liste d’aptitude au corps des professeurs de chaires supérieures. Cette évolution s’avérait nécessaire, voici pourquoi avec un retour sur les modalités antérieures.
Comment se déroulait la procédure avant la disparition des CAP ?
Jusqu’en 2020, lors d’une CAP, l’Inspection générale présentait, par discipline, ses propositions de promotions à la chaire supérieure aux organisations syndicales représentatives. Au cours de cette CAP, le SNES-FSU était en mesure de demander des explications sur les choix de l’Inspection et surtout de présenter des dossiers de collègues dont l’ancienneté d’enseignement en CPGE pouvait justifier une promotion. Il n’était pas rare que des collègues dont les dossiers avaient été présentés en CAP soient promus les années suivantes. Le SNES-FSU pouvait également obtenir des éléments d’information sur les dossiers des non-promu·es et formuler ainsi des pistes de conseils aux collègues.
En somme, le paritarisme permettait un contrôle des opérations et un dialogue et donc une certaine transparence entre la profession, via ses représentants, et le ministère, via l’Inspection générale. Mais le dialogue social n’est plus ce qui intéresse les différents gouvernements depuis 2017.
Comment se déroule la procédure depuis la disparition des CAP ?
Sans les CAP, le contrôle des opérations n’est plus possible, le dialogue formalisé avec les Inspections générales non plus. L’Inspection générale, dans ce nouveau cadre, promeut les collègues qu’elle souhaite promouvoir parce qu’elle les connaît. Mais quid de tous les collègues qui passent sous les radars de l’Inspection, parce qu’ils enseignent dans des classes qui peuvent être loin des grands centres urbains ou bien parce qu’ils n’ont pas été inspectés depuis longtemps, très longtemps parfois ?
La procédure sans les CAP a transformé la promotion à la chaire supérieure en « récompense » un tantinet infantilisante, à un « cadeau » du Père Noël en juillet, parfois sur le mode de l’attente du Désert des Tartares. Ce type de fonctionnement correspond-il à celui que peuvent attendre des cadres A de la Fonction Publique, concepteurs de leur métier et propriétaires de leur carrière ?
À partir de 2024, un acte de candidature pour un peu plus de transparence
L’introduction de l’acte de candidature pour l’accès au corps des professeur·es de chaires supérieures, revendiquée par le SNES-FSU, représente une normalisation dans le fonctionnement de la liste d’aptitude qui s’aligne sur les listes d’aptitude des autres corps du second degré. C’est aussi un moyen de réintroduire un peu de transparence : tout collègue qui remplit les conditions requises peut postuler de manière officielle pour une promotion dans le corps des professeur·es de chaires supérieures ; cette demande, si elle ne se traduit pas forcément en promotion, ne pourra être ignorée par l’institution qui, pour le SNES-FSU, devra justifier un refus. Cela ne compensera pas la disparition des CAP -dont le SNES-FSU continue de demander le rétablissement- mais constitue une tentative pour rétablir un canal officiel de dialogue.
Il faut doubler l’effectif du corps des professeur·es de chaires supérieures
Pour le SNES-FSU, la chaire supérieure doit constituer le débouché normal, accessible, presque automatique pour tous les professeur·es qui ont de l’ancienneté en CPGE à un moment de leur carrière. Pour ce faire, l’introduction de l’acte de candidature pour l’accès au corps des professeurs de chaires supérieures doit s’accompagner d’une augmentation significative de l’effectif du corps qui permettra, en outre, de régler les disparités d’accès au corps qui restent importantes entre les disciplines. Aujourd’hui, les professeur·es de chaires supérieures représentent un petit tiers des effectifs de CPGE. Il s’agirait de doubler ce nombre pour rendre effective la revendication du SNES-FSU de la chaire supérieure pour toutes et tous.
Il serait d’autant plus important d’obtenir le doublement de l’effectif maintenant que le corps des professeur·es de chaires supérieures est redevenu extrêmement attractif avec une carrière raccourcie et automatique jusqu’à l’indice sommital. Et ce, grâce aux travail syndical au long cours réalisé par le SNES-FSU pendant 5 ans et qui a pu se concrétiser dans le cadre des mesures ‘Socle’ de revalorisation dans le contexte des grandes mobilisations contre la réforme des retraites du premier semestre 2023.
Concrètement, comment postuler à la liste d’aptitude ?
Les nouvelles LDG (publiées au BO n°47 du 12 décembre 2024) indiquent que « les personnels sont informés individuellement de leur promouvabilité. » C’est la raison pour laquelle les collègues doivent, désormais, recevoir, un message sur I-Prof pour les informer de leur possibilité de postuler à la liste d’aptitude d’accès au corps des professeur·es de chaires supérieures. Pour le SNES-FSU, il était indispensable que la procédure se normalise pour les collègues de CPGE.
Attention : la campagne se terminant le 20/02/2026, elle a lieu en partie pendant les congés d’hiver des zones A et B (voir ici le calendrier des vacances scolaires 2025-2026).
Une nouvelle modalité technique pour la campagne 2026
Le ministère a publié au BO n°1 du 1er janvier 2026 la circulaire relative à la campagne d’accès. Si les conditions d’accès ne sont pas modifiées cette année, en revanche, le ministère a décidé de changer la modalité en utilisant une nouvelle plate-forme appelée « Démarche numérique« . En effet, l’an dernier, la DGRH a indiqué s’être retrouvée en difficultés avec l’adresse fonctionnelle qui avait été utilisée et qui, selon elle, rendait les échanges compliqués entre les candidat·es et l’administration. Voici ce qu’a communiqué la DGRH aux organisations syndicales :
« La DGRH a engagé depuis quelques mois une démarche visant à faciliter le dépôt et l’enregistrement des candidatures, dans une logique de simplification des démarches.
Aussi, à compter de la campagne 2026, les candidatures des agents éligibles à la liste d’aptitude au corps des professeurs de chaires supérieures pourront être complètement dématérialisées et déposées directement sur la plate-forme Démarche numérique.
Le recours à Démarche numérique permettra aux candidats de constituer leur dossier directement en ligne et de disposer d’une traçabilité de leur demande. Ils recevront notamment un accusé réception de leur candidature et seront informés de l’état d’avancement de son examen. Il permettra en parallèle à la DGRH un traitement centralisé, sécurisé et simplifié de l’ensemble des candidatures. Le recours à la boîte mail sera maintenu pour apporter une assistance aux candidats qui la solliciteront le cas échéant. »
L’examen des candidatures et la publication des résultats
Tous les dossiers de candidatures complets et déclarés recevables sont transmis pour avis à l’Inspection générale. La liste d’aptitude pour l’accès au corps des professeur·es de chaires supérieures est établie par le ministre de l’éducation nationale, après avis de la cheffe de l’Inspection générale, par ordre de mérite et par discipline.
Les résultats sont communiqués via Siap conformément au calendrier figurant en annexe : https://www.education.gouv.fr/resultats-des-operations-de-promotion-des-personnels-enseignants-d-education-et-d-orientation-siap-7592
Cet article sera complété une fois que la plate-forme numérique « Démarche numérique » sera ouverte pour cette campagne 2026, c’est-à-dire à partir du 19/01 et jusqu’au 20/02.
Pas d’auto-censure
Quoi qu’il en soit des modalités techniques, il ne faut pas se censurer : n’hésitez pas à postuler ! Le SNES-FSU considère que plus il y aura de candidatures, plus l’institution se rendra compte qu’il faut augmenter l’effectif du corps.
Ensuite, comme le suggèrent les LDG et le BO, c’est sur la carrière en CPGE qu’il faut insister. Au BO spécial n°7 du 19 décembre 2023 ont été publiées les Lignes Directrices de Gestion ministérielles relatives aux promotions et à la valorisation des parcours professionnels des personnels des ministères de l’Éducation nationale, des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative qui précisent pour la liste d’aptitude d’accès au corps des professeur·es de chaires supérieures en page 5 :
« L’accès au corps des professeurs de chaires supérieures permet de distinguer les professeurs agrégés dont la qualification et le parcours professionnel au sein de classes préparatoires aux grandes écoles méritent une reconnaissance, au regard d’un investissement particulier dans leur établissement, dans des projets ou dans des formations.«
Pour le SNES-FSU, c’est bien l’activité pédagogique et l’investissement dans l’établissement qui doivent être le cœur de ce qui doit être pris en compte, ce qui va dans le sens du travail collectif indispensable à une bonne préparation et à la réussite aux concours des étudiant·es qui sont confié·es aux équipes.
Pour la lettre de motivation, il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur ce qui a déjà été rempli pour le document de référence utilisé pour les rendez-vous de carrière notamment la partie « Compétences mises en œuvre dans le cadre de son parcours professionnel ». Les promotions étant décidées au niveau ministériel, il est logique de s’adresser dans sa lettre à Madame la Ministre (à adapter selon l’évolution politique), et à la Doyenne ou au Doyen de sa discipline car c’est l’Inspection générale qui étudiera les dossiers de candidature.
Pour le CV, il convient de rester factuel. L’introduction de l’acte de candidature ne changera probablement pas les critères de sélection des inspecteurs généraux. Pour compléter, vous trouverez ici un article recensant les remarques faites par les différentes Inspections générales lors de la dernière CAPN d’accès au corps des professeurs de chaires supérieures en 2020.
Attention, cet article datant du 26 juin 2020, ce qui y est dit concernant les problèmes d’accès à la HEB pour les professeurs de chaires supérieures n’est plus d’actualité comme expliqué plus haut et ici.
Fiche syndicale de suivi individuel
Afin que le secteur prépa du SNES-FSU puisse réaliser un suivi des situations individuelles des syndiqué.es et des habitudes de promotion des différentes inspections, n’oubliez pas de renvoyer votre fiche syndicale à prepas@snes.edu
Le secteur prépa contactera les Doyennes et Doyens des Inspections générales pour faire valoir au mieux les droits des collègues qui auront envoyé une fiche syndicale d’ici la fin du mois du mars 2026.




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