Comment, en cette rentrée 2025, s’annonçait la mise en place de l’ÉVARS ? Le SNES-FSU qui s’est toujours engagé en faveur de l’éducation à la sexualité et qui a farouchement défendu le programme d’ÉVARS contre les attaques réactionnaires, a voulu dresser un premier état des lieux sur le terrain. Voici les lignes de force qui se dégagent de cette enquête menée à l’automne dernier.
Des personnels prêts à s’investir
Plus de trois répondant·es sur quatre déclarent que, dans leur établissement, des collègues s’étaient manifesté·es pour participer à la mise en œuvre du programme d’ÉVARS. Dans près de 60% des collèges et lycées ayant répondu à l’enquête, le nombre de personnels prêts à s’impliquer dépasse le nombre de deux et peut monter jusqu’à 10 collègues.

Mais beaucoup déplorent le déficit de formation, les formations prévues dans les académies étant insuffisantes au regard des besoins et parfois « pré-réservées » pour les référent·es.
Le SNES-FSU continue à demander au niveau national un plan de formation à la hauteur des enjeux, permettant à l’ensemble des collègues volontaires de pouvoir être formé·es. Il met à disposition, au bas de cette page, un courrier type à adresser aux recteurs et rectrices pour réclamer l’ouverture de nouvelles formations locales à proximité des lieux de travail.
Une nécessité : généraliser l’ÉVARS
Les réponses à l’enquête confortent l’idée qu’en cette rentrée l’ÉVARS se met surtout en place là où l’éducation à la sexualité existait déjà et que des efforts considérables sont à faire, de la part de l’administration, pour que cet enseignement soit généralisé.
Ainsi, près d’un·e répondant·e sur deux déclare que l’équipe de son établissement faisait déjà de l’ÉVARS avant la mise en œuvre du programme cette année. Et elles et ils sont 60% à répondre que des séances d’ÉVARS sont déjà programmées au moment de l’enquête. On peut donc dire que la publication d’un programme officiel et le rappel du caractère obligatoire de l’éducation à la sexualité semblent avoir eu un effet mais que celui-ci reste modique.
Les séances programmées à ce stade seraient principalement assurées par des professeur·es, des infirmier·es scolaires et des CPE.

Par ailleurs, on note une très forte présence des enseignant·es de SVT dans les personnels volontaires, suivi·es des professeur·es de lettres, d’histoire-géographie et des professeur·es-documentalistes. Il faudra veiller à ce que les collègues en question ne se voient pas imposer la prise en charge de l’ÉVARS sous prétexte que cette éducation serait une sorte de « prolongement » de la discipline SVT. Ce serait réduire l’ÉVARS au champ biologique, alors que le programme est bien plus ambitieux et étendu, et ferait peser une pression inacceptable sur des collègues.

Tout l’enjeu sera d’arriver à élargir la formation afin de garantir l’effectivité des trois séances obligatoires et de séances disciplinaires, sans que tout ne repose sur un petit nombre de collègues. Le SNES-FSU l’affirme : nous sommes tous et toutes concerné·es par l’ÉVARS (Lire le supplément ÉVARS, toutes et tous concerné·es !) Mais le développement de l’enseignement de l’ÉVARS ne pourra se faire sans un investissement fort de la puissance publique à travers l’octroi de moyens et de postes.
Des inquiétudes sur l’organisation et la rémunération des séances d’ÉVARS
Beaucoup de réponses dénoncent le flou qui règne concernant l’organisation et la rémunération des séances.
La tenue de séances spécifiques sur les heures de cours semble la solution privilégiée mais cela risque de créer des dilemmes : avancée du programme ou mise en œuvre de l’ÉVARS ? Et ces dilemmes seront d’autant plus importants que le nombre de collègues impliqué·es sera faible.
Un·e répondant·e sur deux déclare que des contacts ont été pris avec des associations, pour assurer les séances spécifiques. Si l’expertise et l’expérience d’associations spécialisées peuvent apporter beaucoup à nos élèves dans le cadre de l’ÉVARS, le SNES-FSU tient à rappeler aux collègues que ces associations doivent être agréées et qu’elles ne doivent jamais intervenir en dehors de la présence d’un·e membre de l’équipe éducative de l’établissement. De plus, l’ÉVARS est un programme d’enseignement dont les professeur·es ont la « responsabilité première » (Voir le programme d’ÉVARS, page 3) et l’institution ne saurait se décharger de cet enseignement sur des associations dont les subventions ne cessent de subir des coupes par ailleurs.
Les inquiétudes sont plus vives encore concernant la rémunération des séances qui auront été réalisées. Promesses d’HSE, propositions de pacte ou de bénévolat ne sont pas acceptables !
Le SNES-FSU met à disposition des collègues un courrier type à adresser aux recteurs et rectrices pour demander des demi-journées banalisées, des formations et rappeler qu’il est impératif de rémunérer les professeur·es qui prendront en charge les séances d’ÉVARS.





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