Dans la Fonction publique, la structuration des inégalités est objectivée depuis les années 1970. De fait, le salaire des femmes est souvent encore perçu comme un salaire d’appoint des ménages. C’est pour cela que la revendication première des femmes doit être l’indépendance économique. Au sein de l’Éducation nationale, les accompagnant·es d’élèves en situation de handicap, majoritairement des femmes, subissent des temps partiels avec moins de 1 000 euros par mois. Parmi ces femmes, nombre d’entre elles sont des mères isolées.
AESH, un métier féminisé, un métier précarisé
Qu’est-ce qui légitime aux yeux de l’État le fait de sous-payer les accompagnant-es ? C’est bien sûr sa vision essentialiste des femmes. De son point de vue patriarcal, il réduit les accompagnantes à être des travailleuses douces, dévouées, bienveillantes et invisibles. Ces « qualités », traditionnellement considérées comme naturelles chez les femmes empêche la reconnaissance du travail accompli pour la société et des compétences requises pour effectuer ce travail, que ce soit au sein du ménage, ou au sein de l’École. Ces « qualités » dites intrinsèques à la femme sont prescrites pour être accompagnante d’élèves en situation de handicap. Ce qui est fait gratuitement au sein du ménage peut se faire pour pas grand-chose au sein de l’École.
Le métier d’AESH n’est pas un métier du soin
De surcroît, si le métier d’accompagnant·e d’élèves en situation de handicap n’est pas valorisé, c’est parce qu’il est pensé comme un métier du soin et du lien qui ne nécessiterait pas de capacités intellectuelles. Comme tous les métiers reconnus non intellectuels, celui d’accompagnant·e est mal payé, et en l’occurrence, sous-payé. Et pourtant c’est bien grâce à leurs capacités intellectuelles qu’elles savent développer des compétences d’adaptabilité aux multiples situations professionnelles rencontrées, aux travers des différents accompagnements et des différentes conditions de travail dégradées.
Un statut pour les AESH c’est possible
Actuellement, le coût des accompagnant·es pour l’État est de 3 millions. Comparés aux aides gouvernementales versées aux entreprises, qui se comptent en milliards, les 4,7 millions envisagés dans la proposition de loi pour la fonctionnarisation des accompagnant-es n’auraient pas mis la France à bas. Le refus du statut par le ministre de l’Éducation nationale n’est pas une contrainte budgétaire, mais un choix politique.
C’est le choix de maintenir des femmes dans la précarité parce qu’elles sont femmes. Les primes d’activité, de fonction, de pouvoir d’achat ne sont qu’un moyen de maintien dans la précarité. L’augmentation du point d’indice serait au contraire une mesure de justice sociale.
Le 8 mars, manifestons pour l’égalité professionnelle
Le SNES-FSU sera dans la rue, le 8 mars, avec les accompagnantes d’élèves en situation de handicap pour dénoncer cette violence institutionnelle et économique. Le SNES-FSU continue d’exiger la création d’un corps de catégorie B pour sortir de la précarité et apporter une reconnaissance sociale aux accompagnant·es d’élèves en situation de handicap.





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