Dotations conditionnées, Éducation prioritaire contournée
Le ministère souhaite impulser « une organisation spécifique » dans les 800 collèges sélectionnés par les recteurs et rectrices pour leurs faibles résultats au DNB en mathématiques et français.
La première proposition de « mesure spécifique » listée dans une instruction parue au BO le jeudi 18 décembre 2025 est de conserver des groupes de niveau. Les moyens « supplémentaires » qui pourraient être octroyés par le recteur ou la rectrice seraient une forme de contractualisation en fonction de l’« organisation spécifique » choisie.
Le ministère entend faire débuter cette réforme dès janvier 2026 avec un nouvel audit des collèges, la réception de la DHG et une formation des professeur·es concerné·es
Ce plan qui doterait les établissements en fonction des résultats des élèves alors même que la politique d’éducation prioritaire est laissée en friche depuis des années, constitue un changement de paradigme. Les moyens de l’éducation prioritaire seraient ainsi détournés. En effet, ces dotations seraient essentiellement issues de redéploiements de moyens et ne seraient pas fondées sur des critères sociaux.
Alors que le ministre recule sur les groupes de niveau, acceptant de les rendre facultatifs dans des textes à forte valeur règlementaire, il communique sur une nouvelle réforme qui ne dit pas son nom. Le SNES-FSU et les autres organisations syndicales ne s’en sont pas laissé compter en commission spécialisée du 17 décembre 2025 sur les projets de textes concernant le collège dont les écritures orientaient lourdement vers l’option du maintien des groupes de niveau.
Congélation de la carte d’éducation prioritaire
Lors de la séance de questions orales sans débat à l’Assemblée Nationale du mardi 9 décembre 2025, Édouard Geffray a reconnu « que la carte [de l’Éducation prioritaire] ne correspond plus pour partie à la réalité ». Il ajoute que des réseaux ont vocation à y entrer et d’autres à en sortir, retombant dans l’antienne d’une carte à nombre de réseaux constants. Il en conclut donc que « l’actualisation de la carte est nécessaire ». Mais alors qu’il indique que l’instruction technique est déjà très engagée, le ministre prétend qu’il est impossible de réviser la carte de l’éducation prioritaire du fait des échéances électorales (élections municipales en 2026 et présidentielles en 2027 et les périodes de réserve qui les précèdent). D’après lui, cette révision parasiterait les élections municipales et l’avenir de la politique d’éducation prioritaire relèverait du programme du ou de la futur·e président·e de la République.
Cet argumentaire est sans doute utilisé pour éviter de faire flamber la colère dans les collèges « sortants », qui pourrait donner lieu à de fortes mobilisations. Il faut aussi bien avoir à l’esprit que si le RN gagnait les élections présidentielles, la carte de l’éducation prioritaire serait automatiquement réduite, au mieux aux REP+.
Le SNES-FSU demande que cesse d’être repoussée la révision de la carte d’Éducation prioritaire. Cette carte de l’éducation prioritaire devra être élargie, notamment à des lycées, et correspondant aux besoins avec des critères nationaux, concertés et transparents. Ce label doit assurer des effectifs réduits, des moyens horaires et de vie scolaire renforcé, du temps de travail libéré pour la concertation ainsi que la reconnaissance des personnels sous la forme d’une indemnité.






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