Procès assassinat Samuel Paty


Le procès en appel de quatre complices du djihadiste qui a assassiné notre collègue Samuel Paty en octobre 2020 a commencé il y a quelques semaines. Pour défendre Abdelhakim Sefrioui, prédicateur islamiste au cœur de la campagne de haine numérique qui a abouti à ce meurtre barbare, son avocat, Francis Vuillemin, a choisi un angle de défense qui a légitimement ému et mis en colère la profession. Celui-ci a en effet fait le choix de défendre son client, au tribunal comme dans les médias, en attaquant Samuel Paty et son cours. Justifier l’injustifiable ?

Francis Vuillemin justifie la cabale organisée par le père d’une élève et le prédicateur islamiste sur les réseaux sociaux en pointant une supposée et fausse islamophobie et/ou une discrimination des élèves musulman·es, mais aussi l’utilisation des caricatures. Il reprend le récit et la sémantique ambiguë de toutes celles et tous ceux qui ont contribué à cet acte odieux. Il s’en prend à la démarche même de Samuel Paty, qui est celle de toutes les enseignant·es et de tous les enseignants. Construire un cours, réfléchir et penser les apprentissages pour que l’ensemble des élèves s’approprie des savoirs émancipateurs est le cœur même de nos métiers.

Les propos de Francis Vuillemin sont donc dangereux : d’une certaine manière, ils font le procès, non seulement de Samuel Paty, mais aussi celui de l’École publique et laïque tout entière – celle qui pose les conditions de l’émancipation, en faisant reculer tous les obscurantismes. Ces propos sont aussi indécents, puisqu’ils relèvent d’une forme d’instrumentalisation des faits à des fins judiciaires et médiatiques.

Pour le SNES-FSU, il est fondamental que toutes celles et tous ceux qui mettent en danger l’École publique et ses personnels soient nettement condamné·es. Nul ne doit pouvoir échapper à ses responsabilités quand il nourrit la défiance, voire la haine, et tente de déstabiliser l’École publique laïque dans ses missions.

Le SNES-FSU sera entendu le 23 février au procès en appel ; il est le seul syndicat à s’être porté partie civile, sans évidemment demander de dommages et intérêts. Cette demande a été jugée recevable lors du premier procès. Il s’agit de porter la voix de tous les personnels, et d’agir pour faire reconnaître le préjudice collectif porté à la profession.


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