Après bien des tergiversations, le Ministère communique partiellement des éléments chiffrés sur les inscrits et inscrites aux concours de l’enseignement et de l’éducation.
S’il se targue d’une progression globale, cette analyse résiste mal à l’épreuve des chiffres qui dévoilent une crise d’attractivité toujours vive et voilée seulement par la hausse mécanique, et ponctuelle, du vivier.
Comme l’a démontré le Haut Commissariat au plan, une ouverture anticipée du concours lors des études ne peut pas juguler la crise structurelle d’attractivité.
CAPES externe
Avec l’ouverture d’un nouveau concours à bac+3 concomitamment aux habituels concours à bac+5, trois viviers (L3, M1 et M2) peuvent cette année s’inscrire. Le vivier étudiant est donc mécaniquement plus important que les années passées. En additionnant ces deux concours, le nombre global de postes ouverts est plus important provoquant également un appel d’air. Les candidat·es peuvent s’inscrire simultanément aux deux concours : malgré nos demandes, le Ministère ne nous a pas encore communiqué les doubles inscriptions par concours. Il est donc difficile de connaître le nombre de candidatures uniques pour effectuer des comparaisons.
Toutefois, une mise en perspective historique du nombre d’inscrits aux concours du CAPES externe permet d’ores et déjà de constater que le nombre d’inscrit·es au CAPES externe est similaire à 2017, dernière session ayant eu lieu avant les quinquennats d’Emmanuel Macron. L’étiage reste historiquement bas.

Si l’on rapporte le nombre d’inscrit·es au CAPES externe (à bac+3 et à bac+5 pour la session 2026) par rapport aux nombres de postes ouverts, on constate là encore que la crise d’attractivité reste aigüe. Malgré les trois cohortes qui peuvent passer le concours (L3, M1, M2), le rebond d’inscription reste extrêmement limité. Après les deux années transitoires (session 2026 et 2027), une chute du ratio inscrit·es/postes est à craindre.

CAPET externe
Pour ce qui est du CAPET externe, une même logique est à l’œuvre. En trente ans, le nombre d’inscrit·es a drastiquement chuté. Le rebond d’inscriptions induit par l’appel d’air créé par l’abaissement du niveau de recrutement en licence 3 est tout à fait modeste ne permettant même pas de retrouver les chiffres de 2017.

Rapporté aux postes ouverts, le nombre d’inscrit·es au CAPET externe reste historiquement faible. La réforme ne produit là aucun regain d’attractivité et il est à craindre une chute importante du ratio passées les deux années de transition lorsqu’il n’y aura plus de concours à bac+5.

Agrégation externe
Pour le SNES-FSU, l’agrégation doit devenir l’unique niveau de recrutement. La réforme voulue par ce gouvernement et contre laquelle le SNES et la FSU se sont mobilisés fait l’inverse : elle éloigne le niveau de recrutement du CAPES et de l’agrégation, fragilisant les perspectives d’unité des corps.
Le nombre d’inscrit·es à l’agrégation externe poursuit sa chute entamée en 2017. En 2026, il y a deux fois moins d’inscrit·es qu’en 1997.

Le ratio inscrit·es/postes ouverts à l’agrégation externe stagne à un plus-bas historique, montrant l’ampleur de la crise d’attractivité de nos métiers.

Dynamique globale concours bac+3 et bac+5 (hors agrégation)
Hors agrégation, 64 511 candidat·es sont inscrit·es aux concours de recrutement à bac+3 et bac+5. Si l’on retire les inscriptions multiples, il y a 53 554 candidatures uniques. Malgré un nombre de postes offerts similaire aux sessions 2016 et 2017, le nombre d’inscrit·es est bien inférieur. Si l’on retranche les inscriptions multiples, le nombre de candidat·es est à un niveau très faible.

En conséquence, si l’on rapporte le nombre d’inscrit·es à bac+3 et bac+5 aux postes ouverts, le ratio reste bas. L’appel d’air dû au triple vivier de recrutement (L3, M1 et M2) est donc marginal et ne constitue qu’un cache-misère. Lorsque les deux sessions transitoires auront purgé cet excédant mécanique, la crise d’attractivité de nos métiers risque de revenir en force.

Agir maintenant !
Seule la revalorisation de nos métiers dans tous ses aspects permettra de mettre fin à la crise d’attractivité avec notamment :
- Un début de carrière à hauteur de 2 fois le SMIC
- La reconstruction des grilles salariales (à l’heure où il y a une remise en cause des maigres avancées promises)
- La révision de l’indemnité de résidence pour qu’elle prenne en compte la réalité du marché locatif
- À terme, la mise en extinction du corps des certifié·es et CPE et leur intégration dans le corps des agrégé·es, l’agrégation revalorisée devenant l’unique niveau de recrutement
- Le pré-recrutement dès la L2 sous statut d’élève-fonctionnaire et une entrée progressive dans le métier
- Un plan pluriannuel de recrutement pour stabiliser les viviers
- Des mesures sociales d’accompagnement des candidat·es durant leurs études



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