L’instruction aux recteurs et rectrices publiée au Bulletin officiel du 18 décembre 2025 montre que les « 800 collèges » sélectionnés pour leurs faibles résultats vont se trouver sous la coupe des Conseils académiques des savoirs fondamentaux avec de fréquentes formations (15 heures par an selon le ministre lors d’une interview) et visites fréquentes des corps d’inspection et des conseiller·ères pédagogiques du premier degré.
Baisse démographique : vers l’École fondamentale
La baisse démographique est l’occasion d’inclure, à bas bruit, des écoles primaires dans des collèges ruraux. Certains font partie des « 800 collèges » et la perspective d’un virage vers l’École fondamentale refait surface. Les pertes de postes de professeur·es des écoles peut les amenerà terme à enseigner au collège (accompagnement aux devoirs, soutien/approfondissement puis à des groupes de niveau faible,…). Le projet d’un corps unique de « professeur·es de l’école du socle » absorbant les professeur·es enseignant en collège avec les professeur·es des écoles resurgit régulièrement.
Comme la réforme du primaire au Maroc
Stanislas Dehaene, président du Conseil scientifique de l’éducation nationale (CSEN) a invité le ministre de l’éducation marocain le 5 mars 2025 pour exposer la réforme des écoles primaires pionnières lors d’une journée de conférences sur les évaluations internationales.
Dans le cadre d’un partenariat, il est allé visiter une de ces écoles au Maroc et exprime la possibilité d’user de cette méthode en France. Mathieu Lahaye qui était alors adjoint du DGESCO au ministère de l’Éducation nationale a inondé les réseaux sociaux avec sa promotion de ce type de méthodes où l’élève ne peut accéder à une situation complexe qu’après avoir réussi des taches simples et répétitives.
Les écoles pionnières suivent la méthode « Teach at the right level », où tout est standardisé. L’année scolaire est divisée en six périodes de six semaines. Les six premières semaines sont consacrées à mesurer les difficultés des élèves par des évaluations suivies de remédiations ciblées sur les difficultés rencontrées.
Par la suite, les élèves repassent des évaluations standardisées toutes les six semaines et cette fois, les difficultés sont prises en charge sur le temps extrascolaire. Cela se met en place via des regroupements de niveau, un manuel unique pour tout le pays et des diaporamas support de cours et d’exercices dont le script est le même pour toutes les écoles. Des inspecteurs visitent ces écoles une à deux fois par mois pour contrôler les « progrès » des indicateurs et la bonne application de méthodes et organisations décrétées comme étant « efficaces ».
Il faut garder à l’esprit que de hauts fonctionnaires du ministère tendent à vouloir transformer le métier de professeur·e, actuellement concepteur ou conceptrice de son travail en celui d’exécutant·e.
C’est un tout autre projet que le SNES-FSU porte pour le second degré dont l’objectif ne se limite pas à apprendre à lire, écrire et compter pour garantir une future employabilité mais, bien au contraire, à permettre l’émancipation par les savoirs de tous et toutes les élèves dans le cadre d’une Ecole laïque, gratuite et réellement inclusive. Les élèves à besoins éducatifs particuliers doivent être accompagné.es autant que nécessaire. Leur proportions ayant augmenté dans les classes, cela nécessite une diminution d’effectif élèves drastique.
Le SNES-FSU demande donc qu’il n’y ait pas plus de 20 élèves par classe et 16 en éducation prioritaire et des équipes pluri-professionnelles complètes dans un bâti scolaire qui soit au moins entretenu correctement et mieux isolé d’un point de vue thermique. Dans ces conditions, les professeur·es auront davantage de temps pour étayer les élèves en difficulté en classe. C’est pourquoi, il faut se saisir de la baisse démographique pour parvenir à mettre en œuvre ces meilleurs conditions d’enseignement : maintenant !





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