Le ministre prend prétexte des élections municipales et présidentielles pour ne pas réviser la carte de l’Éducation prioritaire. Sous la pression insistante des organisations syndicales, peut-être ouvrira-t-il le chantier de ses critères qui, pour le SNES-FSU, devront rester sociaux, nationaux, transparents et concertés ?
Le SNES-FSU avait demandé des mesures d’urgence pour les collèges non labellisés dont l’IPS est inférieur à 80. Le ministre répond qu’ils signeront un Contrat local d’accompagnement (CLA) alors qu’ils attendent d’être labellisés REP+, ce que préconisent toutes les organisations syndicales dont le SNES-FSU. Est-ce mieux que rien ?
Qu’est-ce qu’un CLA ?
Les établissements retenus pour un CLA signent un contrat avec le rectorat pour trois ans. Ce contrat porte sur un projet pédagogique et le financement qui l’accompagnent. Par exemple, les 66 écoles sélectionnées dans le même contexte que les 21 collèges vont devoir présenter un projet pédagogique pour obtenir un poste de professeur·es des écoles supplémentaires.
Dès leur expérimentation, aucun moyen horaire fléché n’a été attribué aux CLA. Cela s’est effectué à moyens constants sur la base de l’enveloppe académique. Il s’agissait au mieux d’une poignée d’hse et plutôt de financer des interventions associatives, notamment dans le cadre de Devoirs faits. Après 3 ans, les personnels obtiennent une bonification de 120 points pour les mutations.
Depuis 2021, le SNES-FSU invite les équipes éducatives à lutter collectivement pour refuser ces contrats locaux car il faut garantir la sécurisation des moyens et des conditions de travail sans contractualisation. Rien n’a été fait pendant des années, dont celles où E. Geffray était DGRH puis DGESCO, pour ces 21 collèges qui auraient probablement dû être classés dès 2018.
Un rapport de la Cour des comptes et la mobilisation de ces établissements est l’occasion pour le ministère de relancer le développement des CLA, donc la « nouvelle Éducation prioritaire » de J.-M. Blanquer, contre laquelle le SNES-FSU s’est toujours positionné. Comment se fait-il qu’à l’époque de la création des CLA, ils n’aient pas été proposés à ces collèges ? Les CLA ont plutôt concerné des collèges non classés mais aux critères proches de l’Éducation prioritaire, avec une dérivevers laruralité dans certaines académies. Le SNES-FSU défend aussi les établissements ruraux qui ont des besoins spécifiques mais ils relèvent rarement de l’Éducation prioritaire sauf certains qui en remplissent les conditions sociales.
Un CLA amélioré ? Loin du label REP+
Pour ces 21 collèges, outre le CLA, le ministre promet une équipe à temps complet au niveau du pôle médico-social.
Mais qu’appelle-t-on un temps complet ? Les PsyEN sont par leur statut affecté·es et rattaché·es au CIO, et ils·elles ont une réunion de service au CIO et au moins une permanence d’accueil à y réaliser. C’est donc le CIO qui devra être doté d’un moyen supplémentaire qui pourrait être fléché pour donner au collège des demi-journées de permanences supplémentaires de PsyEN. Reste que le ministère ne prévoit pas de création de postes (le ministère ferme même 26 places pour les PsyEN EDO au concours, le nombre de places étant de 104 au lieu de 130 en 2025). Il s’agit soit de redéploiement et il faudra peut-être en passer par des CSA académiques, soit d’un arrangement à l’interne du CIO sans moyens. Un certain nombre des collèges sont dans des secteurs déjà dépourvus de PsyEN et dans lesquels le vivier de psychologues non titulaires est inexistant.
Le ministère n’envisage pas de mieux doter les vies scolaires car il n’y a pas de créations d’emplois prévues pour les CPE et les AED.
Enfin, les professeur.es et CPE recevront 1 IMP… mais pas les autres personnels !
On est loin des garanties apportées par le label REP+ : une décharge horaire, une marge d’autonomie académique théoriquement mieux abondée, moins d’élèves par classe (pas de seuil officiel, traditionnellement 25), une indemnité REP+ (5 114 € par an+ part modulable : 234 € ou 421 € ou 702 €) et une bonification pour les mutations.
Ce que le SNES-FSU demande
Le SNES-FSU rappelle que c’est grâce à sa vigilance qu’il a contréles velléités de J.-M. Blanquer de délabelliser les REP en 2018, velléités souvent renouvelées depuis.
Pour le SNES-FSU, il est urgent de réviser la carte de l’Éducation prioritaire avec ambition, pour l’élargir selon les besoins aux collèges et lycées à l’aide de critères nationaux transparents et concertés : l’IPS ne peut pas être le seul paramètre, il faut aussi tenir compte des redoublements, des taux de boursiers et de l’environnement social. Le label doit garantir des classes à 16 élèves maximum, des moyens horaires supplémentaires pour travailler régulièrement en groupes à effectif réduit, des moyens humains supplémentaires en personnels d’éducation et de vie scolaire, une équipe pluri-professionnelle complète, une pondération généralisée à l’ensemble de la carte,l’abandon des CLA et des Cités éducatives
et un contrôle renforcé contre l’entrisme des associations issues du monde de l’entreprise.
Le SNES-FSU demande que ces collèges soient intégrés dans la carte de l’EP sans délai ni condition.






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