Comme pour les autres programmes de LVER, le SNES-FSU a proposé des amendements consistant, pour la plupart, à des propositions d’objets d’étude supplémentaires pour insérer des problématiques sociales, historiques, politiques et culturelles. Pour les programmes précédents, les amendements du SNES-FSU visant à insérer ces thèmes et questions n’ont guère été retenus, cependant cette fois-ci, certains ont été intégrés. Dans le descriptif de l’axe 6 des programmes de 4ème, la mention des « festivals culturels » comme « vecteurs d’identité » a été ajoutée. De même dans « Vivre entre générations, axe 2 des programmes de seconde, l’étude de « la place des femmes dans la culture mélanésienne » a été insérée et dans l’axe 3, « Le passé dans le présent », la question des « mémoires des conflits et des réconciliations » a été ajoutée. Enfin, pour les programmes de Première, l’introduction de l’axe 1, « Identité et échanges », a été enrichie d’une invitation à s’interroger sur les « effets de la mondialisation sur les pratiques culturelles, les langues et les valeurs locales ». 

Ces ajouts montrent que le ministère a reconnu le travail mené par notre organisation syndicale. Cependant, force est de constater, que ce sont les propositions plus consensuelles qui ont été retenues. Les amendements abordant les questions socialement vives ont été rejetés : éducation bilingue comme outil d’émancipation, l’autonomie et la gouvernance en Nouvelle-Calédonie, la colonisation et ses conséquences, les droits linguistiques et identitaires. La justification de ces rejets est la crainte de mettre les professeur-es en difficulté en abordant ce thème car la situation locale n’est pas stabilisée. À l’inverse, le SNES-FSU a argué que mentionner la possibilité d’aborder ces sujets protégeait les collègues qui n’auraient pas à justifier leurs choix et ne seraient pas suspecté-es d’avoir fait un choix « militant ». Si ces arguments n’ont pas fait mouche auprès du ministère, ils l’ont fait auprès auprès des autres organisations syndicales qui ont majoritairement voté en faveur des amendements du SNES-FSU. 

Avec l’adoption de ces nouveaux programmes, une grande partie des programmes de LVER sont renouvelés, même si certains (créole guyanais, franco-provençal…) sont toujours en attente. Les intégrations obtenues pour les programmes des langues mélanésiennes sont un argument de plus en faveur de la reprise, d’une manière ou d’une autre, des amendements qui avaient été proposés pour les autres langues, par exemple, en les intégrant à des documents d’accompagnement des programmes. Le SNES-FSU continue de dénoncer une forme de « dépolitisation » de l’ensemble des programmes, totalement contradictoire avec le préambule qui prétend dire que l’enseignement des LVER sert à former des « citoyens éclairés » (voir l’article Programmes de LVER : où sont les questions politiques et historiques ?).


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