“2 000 postes” : une formule volontairement floue

Sébastien Lecornu, seul sur le perron de Matignon, l’image commence à être habituelle : pour annoncer la démission de son premier gouvernement, pour mettre les partis politiques devant leur responsabilités ou pour faire des annonces budgétaires pour éviter la censure dans le cadre de l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution. C’est ainsi que le vendredi 16 janvier, il déclare notamment « 2 000 postes supplémentaires seront créés, notamment, pour accueillir les enfants en situation de handicap ». Une phrase suffisamment floue pour donner lieu à de nombreuses interprétations…

Le ministre de l’Education lui-même, le lendemain matin, annonce la création de 2 000 emplois d’AESH sur son compte X et sur BFM, soit les 1 200 emplois du projet de finance initial et 800 créations annoncées par Sébastien Lecornu. L’entourage du ministre nous le confirme. Ce serait donc 800 créations d’emplois d’AESH, mais à peu près toutes les hypothèses y passent dans la bouche des politiques ou des commentateurs : 2 000 emplois supplémentaires d’AESH en plus de 1 200 initiaux, 2 000 postes supplémentaires dans l’Education nationale selon le PS…bref c’est flou…et quand c’est flou…

Sébastien Lecornu annonce 2000 postes supplémentaires et…..plus personne ne comprend rien !

CSA ministériel : le SNES-FSU révèle la réalité des chiffres

Le lundi 26 janvier, en CSA ministériel, après avoir fait dénoncé l’énorme cafouillage sur les suppressions d’emplois d’enseignants (qui aboutira 36h après à un rectificatif du ministre), le SNES-FSU a longuement interpellé les services du ministère.
Rien n’allait : les documents budgétaires sortis dans le week-end annoncent finalement 500 emplois d’AESH, dans une dépêche de l’AEF, le ministère annonce qu’il n’y a aucune garantie sur le financement de ces emplois (ces postes supplémentaires « ne font pas l’objet d’un financement en crédits pour la rentrée 2026 ».)… après de longs moments de questions, de réponses confuses, de relances, sans jamais rien lâcher, le SNES-FSU a levé l’entourloupe.

500 créations d’emplois d’AESH et non 2 000 ou 800 !

La réalité :
– il faut bien compter les 1 200 emplois d’AESH prévus dans le premier projet de budget en novembre
– Il faut y ajouter 500 emplois d’AESH des annonces de Sébastien Lecornu en janvier (et non 800 ou 2 000)
– et enfin….pour arriver aux 2 000 emplois annoncés par le premier ministre, il faut ajouter 300 emplois de professeurs en ULIS (100 dans le premier degré publique, 150 dans le 2d degré public et 50 dans le privé) qui, en réalité, étaient déjà là dans le budget de novembre.

Conclusion : il n’y a eu aucun effort de 2 000 emplois supplémentaires en janvier ! Il y a eu la création de 500 emplois d’AESH mais pour le reste, tout y était déjà en novembre. En réalité, les annonces de Sébastien Lecornu correspondent à 2 000 emplois nouveaux pour l’Ecole inclusive (donc AESH et postes d’enseignants) par rapport à l’année dernière !

Au regard des propos du ministre le lendemain des annonces du Premier ministre, de commentaires divers, dont ceux de députés, il y a tout lieu de penser que la représentation nationale s’est exprimée ces derniers jours sur une annonce tellement floue qu’elle était insincère.

Les emplois d’accompagnant·es seront-ils pourvus?

Le SNES-FSU dénonce une nouvelle fois la grande confusion entretenue autour des moyens pour la rentrée 2026 par le gouvernement visiblement plus soucieux de son avenir face aux motions de censure annoncées qu’à l’état du service public d’Education.
Si la création de nouveaux emplois d’AESH est un premier pas, le SNES-FSU rappelle que pour qu’ils soient tous pourvus, il est indispensable de sortir les AESH de la précarité, notamment en créant un statut, à travers un corps de fonctionnaires de catégorie B, mais aussi d’améliorer leurs conditions de travail, par exemple en rompant avec la logique de mutualisation des PAS.

La mobilisation pour le statut continue!

L’action du SNES-FSU et de l’intersyndicale commence à porter ses fruits. Des discussions vont commencer sur la base d’études d’impact sur les différentes hypothèses de fonctionnarisation des AESH.

Le SNES-FSU ne s’arrêtera pas là : il est déterminée à poursuivre la mobilisation avec en perspective une action nationale d’ampleur pour la création d’un statut d’AESH, la revalorisation de leurs conditions de travail et salariales et pour une école publique réellement inclusive, respectueuse des droits des élèves et des personnels.

Depuis le printemps 2025, les AESH se mobilisent pour se faire entendre. Cette mobilisation paie : la FSU, avec l’intersyndicale, impose l’ouverture de négociations aux ministères ! Il faut maintenir la pression pour que nos exigences aboutissent rapidement. ⤵️www.snes.edu/article/comm…

SNES-FSU (@snesfsu.bsky.social) 2026-01-30T10:07:12.756Z

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