Là où se concentrent les difficultés sociales, l’École doit bénéficier de plus de moyens. Cette politique est remise en cause depuis des années avec des diminutions de DHG et une hausse d’effectifs par classe même en Éducation prioritaire . Alors que la carte est gelée depuis 2018, le ministère la contourne avec un nouveau dispositif pédagogique : le plan “800 collèges” (ou “collèges en progrès”), qui ne garantit aucun moyen supplémentaire, voire s’accompagne d’une baisse de DHG dans certains collèges concernés.
Une carte de l’éducation prioritaire gelée
En 2018, Jean-Michel Blanquer a déclaré vouloir profondément réformer l’Éducation prioritaire en supprimant le label REP. La vigilance du SNES-FSU l’a freiné et empêché. Depuis huit ministres de l’Éducation nationale se sont succédé. Aucun d’entre eux n’a mené de politique ambitieuse concernant l’Éducation prioritaire. Bien au contraire, la carte n’a pas évolué, laissant aujourd’hui à l’abandon des établissements qui en auraient les critères d’y entrer (collèges et lycées).
Plan « 800 collèges »
Le plan « collèges en progrès » est présenté comme une réponse aux difficultés scolaires. Il entre en concurrence avec la politique d’Éducation prioritaire.
– Sélection à partir des résultats (évaluations standardisées, DNB).
– Pas de critères sociaux.
– Aucune garantie de moyens.
Moins de moyens, plus de pilotage
Une politique nationale forte d’Éducation prioritaire devrait garantir des effectifs réduits, des dotations renforcées, des équipes pluri-professionnelles complètes et du temps libéré pour le travail collectif.
Aujourd’hui, ces leviers sont remplacés par des audits, des formations imposées, des prescriptions pédagogiques descendantes et des pressions sur les équipes.
Le ministère déplace le débat sur le terrain des pratiques pédagogiques qu’il souhaite contrôler, comme su les collègues étaient responsables, par leurs pratiques, de l’échec des élèves, alors même qu’ils font leur possible dans un contexte très dégradé par le manque de moyens. Une rengaine habituelle pour esquiver les responsabilités des autorités sur la question des moyens.
Après les Cites éducatives et les CLA, le ministère court-circuite à nouveau, avec le plan « 800 collèges » l’éducation prioritaire sur le critère des résultats scolaires des élèves sans moyens mais faisant peser des contraintes fortes sur les équipes et pointant les professeur.es comme responsables des résultats de leurs élèves.
Plan « 800 collèges » : les outils pour agir
Le plan « 800 collèges » s’accompagne d’une évaluation dite à 360°. Le SNES-FSU vous donne les outils pour résister à ce processus d’auto-évaluation.
Pour l’Éducation prioritaire, agissons maintenant !
Pour l’éducation prioritaire, le SNES-FSU revendique :
- Une carte nationale fondée sur des critères sociaux, nationaux et transparents.
- Une révision ambitieuse de la carte intégrant des collèges et lycées, sans se limiter à un nombre de réseaux limités par des moyens contrains.
- Un label national unique sur le modèle de la REP+.
- Des moyens pérennes : baisse des effectifs (16 élèves par division en éducation prioritaire), dotations renforcées, équipes pluriprofessionnelles complètes.
- L’abandon des dispositifs de contractualisation (CLA, Cités éducatives, plan « 800 collèges »).
Dès maintenant, le SNES-FSU appelle à organiser des heures d’information syndicale consacrée à l’éducation prioritaire et au plan « 800 collèges » et appelle les équipes à faire remonter à ses sections académiques les situations d’établissements relevant de fait de l’éducation prioritaire et concerné par le plan « 800 collèges » afin que la FSU intervienne dans les Comité sociaux d’administration de préparation de rentrée.




Élections professionnelles :