Avec le durcissement de la politique de démantèlement des services publics, les attaques contre les CIO font leur retour.

Dans la dernière période à la faveur d’un désengagement d’un conseil départemental ou d’une fin de bail dans le secteur privé, des décisions de déménagement de CIO sont prises par les rectorats, sans aucune considération pour leurs missions et les conditions de travail des personnels.

Ainsi dans l’académie de Versailles, le relogement du CIO d’Élancourt a été abordé au Conseil social d’administration académique (CSA) en présence de notre représentante PsyEN . Le secrétaire général qui dit s’appuyer sur une position du Ministère de l’Éducation nationale,prévoit sans état d’âme, de reloger le CIO dans un lycée où il promet une salle de réunion, deux bureaux et des « tiers lieux » soit des espaces dédiés à n’importe quoi, où le ou la collègue de permanence pourrait ponctuellement poser ses affaires ! Rien à voir avec un CIO donc ! Des expériences de ce type ont déjà été tentées dans certaines académies et devant l’insatisfaction des personnels comme des usagers, beaucoup ont été fermés.

Dans l’académie d’Aix-Marseille, c’est la même logique : alors que le rectorat supprime le CIO d’État de Gardanne en le fusionnant avec celui d’Aix-en-Provence au sein du CIO “Sainte-Victoire”, il présente comme un maintien du service public des permanences de PsyEN dans une plateforme jeunesse municipale favorisant les passerelles entre disciplines et des projets transversaux, où se côtoient activités artistiques, espaces numériques et dispositifs d’accompagnement. Un bon moyen de dissoudre le service public de proximité de l’EN que représente le CIO !

Rappelons que l’existence d’un CIO est lié à la possession d’une UAI ( unité adminsitrative immatriculée) et que le statut des PsyEN du 1er Février 2017 définit leur affectation dans un CIO doté d’une UAI : les affectations en EPLE ou dans des « tiers lieux » n’est pas réglementaire.

L’illusion des « tiers lieux »

La définition des tiers lieux montre qu’ils ne correspondent pas à ce que peut être une structure institutionnelle de l’éducation nationale avec des missions propres, des personnels dédiés et un fonctionnement régi par des circulaires académiques.

« Ce sont des Espaces de co-working, friches culturelles, fablabs, … ils ont en commun de mutualiser des espaces et des compétences, hybrider des activités et réunir un collectif citoyen engagé, favorisant la coopération pour répondre aux enjeux de leur territoire. »

Installer un bureau dans un « tiers lieu » ne remplacera jamais un CIO ni une antenne de CIO qui elle est dotée d’une UAI !

L’implantation dans les lycéesou le retour du rapport « Refonder l’orientation : un enjeu Etat-régions » de Charvet Lugnier Lacroix. En effet, ce rapport publié en 2019prévoyait déjà outre le démantèlement de l’ONISEP, l’affectation des PsyEN dans les lycées : les rapporteurs préconisaient de maintenir un seul CIO départemental , ce qui est une obligation légale et de redéployer les PsyEN dans de petites équipes au sein des lycées, dans les CDI baptisés « bibliolab » et de les placer sous l’autorité des chefs d’établissement !

L’administration garde souvent la mémoire des mauvais rapports car ils correspondent à ses objectifs de gestion de la pénurie et de coupes budgétaires.

Ce que les CIO implantés dans les EPLE ou des tiers lieux ne pourront plus faire

Tous ces projets sont imaginés par des personnes qui ignorent largement les missions des CIO et leur fonctionnement. Sinon comment pourraient ils sans cynisme proposer d’implanter les CIO dans des lieux où le public ne pourra être reçu ni en toute confidentialité, ni après une certaine heure, certains jours et pendant les vacances ? Qui recevra les familles des enfants et adolescents EANA ? Qui recevra les élèves décrocheurs qui ne veulent plus venir dans leur établissement ? Comment pour le tiers lieu ou l’antenne implantée dans un EPLE, assurer ses missions d’échanges et de partenariat avec les autres institutions chargées de l’accompagnement des jeunes (CMPP, services de pédopsychiatrie, PJJ , éducateurs de prévention , services sociaux) ou en lien avec l’insertion professionnelle ?

Dans quelles conditions de travail vont se retrouver les collègues dans ces « tiers lieux » où une chaise, une table et peut être un téléphone seront mis à leur disposition ? Que deviendront les personnels administratifs dont le travail est totalement invisibilisé par l’administration ? Comment faire comprendre que les psychologues ne travaillent pas dans des open space ?

Ces impensés ne peuvent que se retourner contre les PsyEN à qui l’administration continuera de demander l’exercice de leurs missions malgré ces conditions inacceptables.

Un 8ème rapport de l’inspection générale sur les services d’orientation est en cours. Au vu des visites et des échanges avec les inspecteurs généraux dans les CIO, nul doute que la logique des économies de bout de chandelles ne soit encore à l’honneur au risque d’éliminer le seul service public gratuit de proximité, consacré aux conseils sur la scolarité, à l’accompagnement des adolescent·es dans leur développement et leur orientation. Les régions réclament toutes les compétences sur l’orientation. Cette nouvelle offensive contre les CIO signifie t-elle que le Ministère de l’Éducation nationale a cédé face à leurs exigences ? Le SNES-FSU ne s’y résignera pas !


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