Bureau avec ordinateur ouvert sur PIX et documents variés

La tentative de créer un Certificat informatique et internet de l’enseignement supérieur de niveau 2 « enseignant » (C2I2E), dans la droite ligne du Brevet informatique et Internet (B2I) pour les collégiens fut un désastre. La réforme des concours de l’enseignement le rendait obligatoire mais bien peu de lauréats le possédaient. Sous la pression de la FSU, l’obligation fut reportée puis abandonnée en 2013.

En 2019, le Cadre de référence des compétences numériques (CRCN) remplace B2I et C2I2E (Lire ici École numérique : un Pix de trop !). Son évaluation est automatisée sur la plateforme PIX, gérée par un Groupement d’intérêt public. Le CRCNE est sa déclinaison pour les métiers de l’enseignement avec une vingtaine de compétences spécifiques dans cinq domaines. Elles seront validées d’une part sur une extension de la plateforme PIX (PIX+EDU) et d’autre part devant un jury. Dès janvier 2022, des étudiants et enseignants, volontaires, des académies de Dijon, Besançon, Amiens, Lille, Poitiers, Limoges et Bordeaux doivent l’expérimenter. Le ministère se défend de répéter les erreurs de 2010 : aucun niveau n’est exigé pour l’entrée en stage ou pour la titularisation. Il voit dans la certification une possibilité de positionnement pour les collègues afin d’enrichir leur CV ou d’envisager une formation ultérieure. Comme en matière de formation continue, PIX+EDU assurerait donc pour les personnels comme pour l’employeur, la traçabilité des compétences acquises et « capitalisées ».

Lors de la concertation avec le ministère, le SNES et les syndicats de la FSU ont dénoncé la prise en compte très parcellaire du travail réel des enseignants et la volonté de cadrer les pratiques professionnelles. Ils se sont inquiétés de la charge de travail pour les étudiants de M2 MEEF qui essuient déjà, dans les pires conditions, les plâtres de la réforme des concours.