
Alors que la baisse démographique au niveau national pourrait permettre d’avoir des classes moins chargées, le ministère poursuit dans la logique comptable en fermant des classes. La France reste donc en tête du nombre d’élèves par classe et cela alors même que les besoins de différenciations et d’accompagnements notamment lié à l’inclusion sont de plus en plus importants.
Le SNES-FSU réclame un passage à 20 élèves par classe en collège (16 en éducation prioritaire).
Rester maître des évaluations
Cette année encore, le ministère impose des évaluations nationales en français et en mathématiques alors qu’elles sont globalement refusées par les personnels pour qui elles ne font pas sens. Aux évaluations obligatoires de Sixième et Quatrième, s’ajoutent à la rentrée 2025 des évaluations obligatoires en Cinquième en format réduit à une heure donc encore plus caricaturales et facultatives en Troisième.
Le SNES-FSU a obtenu le retour aux moyennes disciplinaires pour évaluer le contrôle continu dans l’évaluation du DNB, évacuant ainsi le bilan de fin de cycle. Toutefois, des pressions risquent aussi de s’accroître, sous prétexte d’objectivation des évaluations, pour formaliser un projet local d’évaluation (PLE), à l’instar de ce qui se passe au lycée mais sans texte règlementaire au collège. Le SNES-FSU s’oppose totalement à cette pratique contraignante qui est une attaque sur la liberté pédagogique et vise à rendre les professeur.es interchangeables.
Français, mathématiques, EMC et LVER : du changement dans les programmes
De nouveaux programmes s’appliquent en Sixième en français, en mathématiques et en Langues vivantes étrangères et régionales. Le SNES-FSU a largement contribué à améliorer des propositions initiales même s’il reste des points de tensions. A noter que les fonds attribués pour l’achat de nouveaux manuels l’ont été très tardivement et de manière insuffisante à raison de 60 euros par élèves prévu.es.
Grande nouveauté, se met en place un programme d’Éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité (EVARS) après une bataille difficile contre les obscurantismes. Là encore, le SNES-FSU a pesé de tout son poids dans les instances. De nombreux.ses professeur.es sont en attente de formation sur ce sujet. Cette formation ne doit pas se limiter à quelques heures de Magistère en ligne. Le ministère se doit aussi de protéger ses personnels et condamner tout discours qui pourraient les mettre en difficulté à ce sujet.
Enfin, le nouveau programme d’EMC continue à se mettre en place progressivement. Après le niveau de Cinquième l’an passé, c’est autour de la Quatrième.
Choc des savoirs : un ministère acculé mais dans le déni
Le ministère a dû reculer considérablement sur la réforme du « Choc des savoirs » : pas du DNB couperet, pas de regroupements de niveau en Quatrième et en Troisième, pas de manuels labellisés… Il n’en reste pas moins que dans un certain nombre d’établissements, des regroupements interclasses se sont mis en place en Sixième et Cinquième dégradant les conditions de travail des personnels et les conditions d’étude des élèves. Un rapport de l’Inspection générale a d’ailleurs dressé un bilan désastreux de cette mesure.
Pourtant, le ministère persiste à vouloir imposer ces « groupes de besoin » , pour qui tout résiderait dans une nuance de vocabulaire. Le SNES-FSU met à la disposition des personnels de nombreux outils pour atteindre l’objectif de l’abandon définitif de cette pratique de tri scolaire et social.
Éducation prioritaire : Une révision de la
carte qui se fait attendre.
Alors que de plus en plus de collèges se mobilisent pour exiger légitimement la labellisation en éducation prioritaire, le ministère repousse toujours la date d’une carte révisée. Pendant ce temps, une partie des politiques continue à opposer une politique de territoires ruraux et une politique sociale d’éducation prioritaire. uUn rapport de la Cour de compte a également été publié sur ce sujet.
Pendant ce temps, les cités éducatives continuent à se déployer avec 40 nouvelles cités prévues à la rentrée 2025. Le SNES-FSU continue à s’opposer à ce dispositif de contractualisation qui offre un pouvoir d’entrisme important aux collectivités locales.