« Zéro [suppressions d’emplois], c’est suicidaire parce que dans 7-8 ans on n’aura plus besoin de professeurs, si jamais on fait ça. » Suicidaire. Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale n’a visiblement pas trouvé d’autres adjectifs pour ponctuer sa déclaration justifiant les suppressions d’emplois lors des questions au gouvernement au Sénat cette semaine. Nul ne sait si son équipe de communication était en pause numérique, mais le choix de cet adjectif est totalement déplacé ! En effet, l’Éducation nationale est régulièrement endeuillée par des suicides de collègues, parfois, directement imputables aux conditions de travail. Là, le mot est adapté.

Mais certainement pas quand on parle de l’avenir du service public d’Éducation et donc, quelque part de la jeunesse de ce pays. Reprenons la logique du ministre : plus de professeur·es et moins d’élèves dans les classes, serait suicidaire ? Absurde ! Ne pas supprimer de postes maintenant conduirait à ne plus pouvoir recruter de professeur·es dans quelques années car il y aura moins d’élèves.

Mais le ministre, si prompt à disserter sur la démographie des élèves ne dit rien sur celle du corps enseignant : des dizaines de milliers de départs à la retraite sont prévus dans les prochaines années du fait du vieillissement de la profession. Et rien n’a été anticipé ! L’École est à un point de bascule : son avenir ne peut se résumer à quelques équations simplistes, équilibrant les plus et les moins de chaque côté.