La lutte contre les violences faites aux enfants doit être une priorité aussi bien hors de l’école et à l’école. Après des années de presque rien où le SNES et la FSU n’ont cessé de revendiquer des moyens pour la protection de l’enfance, la volonté du ministère de repérer, dans le réseau public comme dans le privé, les VSS subies par les élèves, est salutaire et bienvenue mais le disons clairement : ce sujet est sérieux, il doit être traité à l’abri de toute précipitation et d’instrumentalisation au service d’une communication politique. Ainsi il aura fallu toute la détermination des organisations syndicales et de la FCPE pour calibrer au plus juste les protocoles et desserrer les délais.
Mais le manque d’infirmièr·es, d’assistant·es des services sociaux et de PsyEN ne peut être pallié avec de la bonne volonté et 3 heures de formation. Rien ne remplacera les qualifications de nos collègues pour recueillir une parole fragile mais précieuse, et pour mettre à l’abri un·e élève en danger. Il n’y a ici aucune place pour l’amateurisme et l’à-peu-près.
La responsabilité du ministère est immense. La timide place donnée à l’inceste dans le guide de passation et son absence totale dans les questionnaires sont d’ailleurs assez révélatrice d’une certaine appréhension à tout affronter. Il conviendra de travailler cet angle mort à l’occasion d’une veille tout au long des prochains mois et d’un bilan que le SNES-FSU demande d’organiser de manière transparente. Le SNES-FSU est aussi toujours en attente des corrections au protocole d’action en cas de violences sexistes ou sexuelles au sein des écoles
et établissements scolaires qui reste en ligne malgré nos alertes.
Le vœu Intersyndical et interassociatif sur le questionnaire VSS porté mis au vote pendant le CSE (lire ci-dessous) a obtenu 51 voix Pour, 0 contre, 7 abstention et 4 refus de vote. Il réaffirme le besoin de recruter des infirmièr·es, des assistant·es des services sociaux et des PsyEN, en plus de renforcer la coordination interministérielle.
Après 8h de débat, le projet de décret a été amendé en séance sur propositions des organisations syndicales avec entre autres plusieurs amendements de la FSU pour garantir le respect des qualifications des personnels santé-psycho-sociaux et obtenir des modalités de passation qui associent l’un.e d’entre elles et eux en binôme avec un.e professeur.e. Les délais sont aussi desserrés pour la passation désormais possible au-delà de fin décembre. Un prochain article détaillera ces éléments.
Le projet de décret a obtenu 0 voix Pour, 9 contre, 16 abstention et 35 refus de vote. La FSU a refusé de voter considérant la mise en œuvre hasardeuse et impensée d’un dispositif mal conçu dès le départ, tout en reconnaissant la nécessité de lutter avec la plus grande détermination contre les violences sexistes et sexuelles faites aux mineur.es.
L’école et ses personnels ne pourront pas tout assumer seuls mais leur rôle protecteur dans la société vis à vis de la jeunesse est ici clairement souligné. Cette confiance de l’État pour son école et ses personnels est incompatible avec les violences policières aux abords des lycées et avec l’austérité qui assèche les missions du service public d’Éducation.
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