Plan "800 collèges"

mise à jour le mardi 28 janvier à 21h

Quand c’est flou…

Depuis plusieurs mois, le ministre de l’Éducation nationale indiquait prévoir 1 365 suppressions d’emplois dans le second degré public. En CSA ministériel, les services du ministère ont présenté un document annonçant 1 803 suppressions d’emplois. Le travail et les interventions du SNES et de la FSU ont amené les services à confirmer ces 1 803 suppressions.

Après que le SNES-FSU a rendu public cette information, le ministre a finalement indiqué que les suppressions d’emplois seraient limitées à 1 365, ce qui reste inacceptable, et indique dans la presse que les données transmises par le ministère, dans le cadre du CSAMEN, contenait des « erreurs » avant d’indiquer ensuite que les 438 postes manquants sont des « mises en réserve » puis finalement de les réaffecter en académie.

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🔴 Jamais déçue mais vraiment agacée et usée par l'Education nationale.

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— Sophie Vénétitay (@svenetitay.bsky.social) 27 janvier 2026 à 12:26

Suppressions de postes dans l’Éducation nationale : le gouvernement en plein cafouillage @svenetitay.bsky.social @snesfsu.bsky.social dans @huffingtonpost.fr 👇www.huffingtonpost.fr/politique/ar…

SNES-FSU (@snesfsu.bsky.social) 2026-01-27T15:38:46.581Z

L’article ci-desssous rédigé à la sortie du CSAMEN analyse les données présentées par le ministère aux organisations syndicales en instance, avant les corrections publiques du ministre.

Après trois reports en raison de la situation politique et budgétaire, le CSA ministériel de préparation de rentrée s’est enfin tenu le lundi 26 janvier toute la journée. Le ministre, Edouard Geffray, n’était présent que le matin pour parler de tout sauf des conditions de rentrée. C’est ensuite que les représentant·es des personnels en CSA (élu·es lors des élections professionnelles) ont pu examiner les moyens pour la rentrée et la répartition des emplois entre les académies. Les premiers documents budgétaires, de novembre, avaient laissé entrevoir une rentrée sous le signe des suppressions d’emplois, résultat, c’est encore pire que prévu ! Dans les documents présentés, le second degré se voit finalement supprimer 1 803 emplois de professeurs, aucune création d’emploi de CPE et le SNES-FSU a mis à jour l’entourloupe dans les annonces de Sébastien Lecornu du mois de janvier.

Le SNES-FSU n’en restera pas là et appelle à la mobilisation contre ces orientations budgétaires qui mettent à mal le service public d’Education.

Suppressions d’emplois de professeurs : la douche encore plus froide !

En novembre, le projet initial de budget prévoyait 1 365 suppressions d’emplois dans les collèges et les lycées publics et aucune revalorisation des salaires et des carrières. Déjà trop au regard de l’état du second degré : les classes les plus chargées d’Europe au niveau collège, des classes toutes aussi chargées en lycée, des professeurs non remplacés etc.

Douche froide en découvrant les documents ministériels en réunion, ce sera finalement….1 803 suppressions d’emplois de professeurs, soit 438 de plus qu’en novembre, et 4 032 suppressions d’emplois dans le 1er et le 2d degré plutôt que 4 018 !

Après de très longues discussions où le SNES-FSU n’a rien lâché pour obtenir la transparence des informations, il apparait que le ministère a augmenté le volume d’emplois de professeurs stagiaires pour faire face « aux incertitudes du rendement des concours » (+ 438) et qu’il fallait, par conséquent, supprimer l’équivalent en emplois de professeurs titulaires, dans les académies : -438 qui s’ajoute aux -1 365 du novembre, ce qui fait donc 1 803 suppressions d’emplois de professeurs titulaires. Avec la même manoeuvre dans le 1er degré, ce ne sont plus 4 018 suppressions d’emplois 1er et 2d degré confondus mais 4 032 suppressions d’emplois de professeurs.

Autrement dit, le ministère fait payer aux élèves et aux personnels les incertitudes liées à la mise en œuvre précipitée de la réforme des concours de recrutement !

La répartition par académie

Pour la rentrée 2026, seules 5 académies connaissent des créations d’emplois. Le SNES-FSU a pointé la véritable saignée qui touche certaines académies. Sur deux ans, 231 suppressions d’emplois dans l’académie de Lille, 163 à Nancy-Metz ou encore 287 en Normandie. Au-delà de l’argument démographique, le ministère avance aussi des régularisations pour des académies dites « surdotées » selon leur modèle, comme l’académie de Lille. Le SNES-FSU a dénoncé l’usage du mot « surdoté » (version 2026 de « choyer » visiblement), véritable provocation quand on connaît l’état du second degré.

AcadémieETPdont ETP en heures supplémentaires
Aix-Marseille-50
Amiens-70
Besançon-70
Bordeaux-140
Clermont-Ferrand-55
Corse-14
Créteil135+10
Dijon-90
Grenoble-80
Lille-190
Limoges-52
Lyon50+5
Montpellier-90
Nancy-Metz-114
Nantes-120
Nice5
Normandie-150
Orléans-Tours-116
Paris-134
Poitiers-125-10
Reims-66-6
Rennes-153-10
Strasbourg-25
Toulouse-103
Versailles+65+15
Guadeloupe-84
Guyane-15
la Réunion-65
Martinique-65-5
Mayotte+70
Emplois mis en réserve108+1
Total-1803
Lecture du tableau

– la colonne ETP correspond à la somme des heures postes et des HSA en équivalent temps pleins.

Exemple : l’académie de Bordeaux se voit supprimer 140 ETP dont 0 ETP en HSA c’est-à-dire que l’académie de Bordeaux se voit supprimer 140 emplois de professeurs.

– la colonne emplois en HSA (heures supplémentaires) correspond à l’augmentation ou à la suppression d’emplois en heures supplémentaires. Un chiffre positif et le ministère augmente les heures supplémentaires dans cette académie, un chiffre négatif, il les diminue. S’il n’a aucune donnée, le volume d’heures supplémentaires reste le même.

Exemple : l’académie de Poitiers perd 155 ETP dont 10 ETP en HSA c’est-à-dire que l’académie de Poitiers se voit supprimer 145 emplois de professeurs et perd aussi des heures supplémentaires (l’équivalent de 10 emplois).


– les emplois mis en réserve sont des emplois qui sont pris sur la dotation des emplois de professeurs (20 emplois d’inspecteurs pour les contrôle du privé, 50 sur la santé mentale etc).

La démographie, quand ça arrange le ministère

Depuis plusieurs mois, Edouard Geffray se répand un peu partout pour marteler les chiffres de la baisse démographique et la nécessité, selon lui, de supprimer des emplois. Le SNES-FSU a déjà contesté, et a contesté devant le ministre lundi matin, cette lecture de la situation. En effet, dans le 2d degré public, entre 2017 et 2023, le nombre d’élèves a augmenté (un peu plus de 8 000) et un peu plus de 8 000 emplois ont été supprimés. Et maintenant, le nombre d’élèves baisse légèrement dans le 2d degré et….des emplois sont supprimés. Bref, les gouvernements macronistes suppriment des emplois dans les collèges et les lycées quand les effectifs augmentent et suppriment des emplois quand les effectifs diminuent. Bref, les ministres d’Emmanuel Macron suppriment des emplois.

Mauvaise surprise de plus : le même Edouard Geffray affirme qu’il ne suit pas exactement la baisse démographique pour chiffrer les suppressions d’emplois mais qu’il accompagne cette baisse, sans faire une règle de trois basique. Les services du ministère ont fini par nous expliquer que, dans le 2d degré, la reprise d’emplois pour la rentrée 2026 suit complètement la démographie !

Le SNES-FSU rappelle qu’il faudrait la création de 10 017 emplois pour « simplement » retrouver le taux d’encadrement de 2017 dans les collèges et les lycées.

L’arnaque de Sébastien Lecornu sur le perron de Matignon

Sébastien Lecornu, seul sur le perron de Matignon, l’image commence à être habituelle : pour annoncer la démission de son premier gouvernement, pour mettre les partis politiques devant leur responsabilités ou pour faire des annonces budgétaires pour éviter la censure dans le cadre de l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution. C’est ainsi que le vendredi 16 janvier, il déclare notamment « 2000 postes supplémentaires seront créés, notamment, pour accueillir les enfants en situation de handicap ». Une phrase suffisamment floue pour donner lieu à de nombreuses interprétations…

Le ministre de l’Education lui-même, le lendemain matin, annonce la création de 2000 emplois d’AESH sur son compte X et sur BFM, soit les 1200 emplois du projet de finance initial et 800 créations annoncées par Sébastien Lecornu. L’entourage du ministre nous le confirme. Ce serait donc 800 créations d’emplois d’AESH, mais à peu près toutes les hypothèses y passent dans la bouche des politiques ou des commentateurs : 2000 emplois supplémentaires d’AESH en plus de 1200 initiaux, 2000 postes supplémentaires dans l’Education nationale…bref c’est flou…et quand c’est fou…

Après une lecture des documents budgétaires sortis vendredi et après avoir, encore une fois, pendant de très longs moments interrogé l’administration, sans rien lâcher, le SNES-FSU a levé l’entourloupe.

La réalité :
– il faut bien compter les 1200 emplois d’AESH prévus dans le premier projet de budget en novembre
– Il faut y ajouter 500 emplois d’AESH des annonces Lecornu (et non 800 ou 2000)
– et enfin….pour arriver aux 2000 emplois annoncés par le premier ministre, il faut ajouter 300 emplois de professeurs en ULIS (100 dans le premier degré publique, 150 dans le 2d degré public et 50 dans le privé) qui, en réalité, étaient déjà là dans le budget de novembre.


Conclusion : il n’y a eu aucun effort de 2000 emplois supplémentaires en janvier ! Il y a eu la création de 500 emplois d’AESH mais pour le reste, tout y était déjà en novembre. En réalité, les annonces de Sébastien Lecornu correspondent à 2000 emplois nouveaux pour l’Ecole inclusive (donc AESH et postes d’enseignants) par rapport à l’année dernière !

Au regard des propos (qui sont donc faux) du ministre le lendemain des annonces du premier ministre, de commentaires divers, dont ceux de députés, il y a tout lieu de penser que la représentation nationale s’est exprimée ces derniers jours sur une annonce tellement floue qu’elle était insincère.

Vies scolaires : pas de création d’emplois de CPE

Les vies scolaires sont notoirement sous tension et pourtant, aucune création d’emplois de CPE. Le SNES a dénoncé cette situation, à rebours des grands discours sur le climat scolaire ou la lutte contre le harcèlement en milieu scolaire. La contradiction est flagrante entre les déclarations du ministre Edouard Geffray et la réalité sur le terrain. Le SNES-FSU a aussi exigé un bilan des emplois de CPE dits de tranquillité scolaire (plan d’Anne Genetet à l’automne 2024) dont certains ne sont pas implantés dans des établissements mais dans les rectorats pour des « brigades d’intervention » dans des établissements en crise.

Dans l’action pour le 2d degré public !

Le SNES-FSU appelle à faire de la préparation de rentrée un temps fort de la mobilisation pour l’École publique, le 2nd degré et ses personnels. Il exige notamment : l’annulation des 4 000 suppressions d’emplois de professeurs et les créations d’emplois nécessaires en enseignants, CPE, PsyEN, AED et AESH pour améliorer les conditions d’étude des élèves et de travail des personnels.


Le SNES-FSU appelle à voter contre les répartitions des DGH qui ne permettent pas une amélioration des conditions de travail des personnels et d’étude des élèves en rassemblant largement la communauté éducative, notamment les parents d’élèves.


Le SNES-FSU initiera, soutiendra, relayera les mobilisations à l’échelle d’un établissement (audience, rassemblements, grève). Un préavis de grève national est déposé chaque semaine. Lorsque les conditions sont réunies pour rassembler la profession, y compris en intersyndicale, il appellera à la mobilisation, dont la grève, au niveau académique, par exemple à l’occasion de la tenue des CSA.

Le SNES-FSU s’adressera rapidement à l’intersyndicale éducation au niveau national pour construire les actions indispensables pour revaloriser les personnels et obtenir les moyens nécessaires à la réalisation des ambitions du service public d’Éducation.


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