CSE du 26 mars 26, déclaration préalable du SNES-FSU.
Madame la directrice, Monsieur le président,
La fuite des données qui touche plus de 243 000 personnels de l’Éducation nationale est particulièrement grave. Au-delà de l’utilisation sauvage d’informations personnelles et confidentielles, les collègues pourraient subir de terribles préjudices si des rapports sur leur manière de servir à l’occasion de leur toute première année de stage étaient diffusés publiquement. Le SNES-FSU demande au ministère de réagir plus sérieusement à la fois pour informer sans délai les collègues concerné·es et pour tirer les enseignements de cette attaque informatique. L’empressement à promouvoir le tout numérique à l’école a sans nul doute freiné ces dernières années les politiques de prévention sur la sauvegarde des données personnelles, celles des élèves comme celles des personnels. Le recours aux IA génératives est en outre une porte ouverte à toutes les tentatives de pillage de données, de la production intellectuelle aux informations plus personnelles. Le SNES-FSU a eu pourtant bien du mal à faire écrire il y a quelques mois dans la charte de l’usage de l’IA en éducation que le respect de la réglementation en vigueur, comme le RGPD par exemple, s’imposait à toutes et tous sans exception. Faisons en sorte collectivement que cet incident serve de leçon et permette un repositionnement indispensable.
Ce piratage de données sensibles fait d’ailleurs écho à la cyberattaque dans les lycées des Hauts de France. Les décrets seront à l’ordre du jour du prochain CSE mais le SNES-FSU déplore l’absence de concertation en amont. Certes un groupe de travail est prévu lundi prochain pour présenter les textes, mais nous sommes resté·es tout ce temps sans réponse à apporter aux collègues malgré notre intervention appuyée au CSE de janvier.
Ce CSE est l’occasion de présenter un vœu intersyndical et interassociatif pour dénoncer les retards pris dans la mise en œuvre de l’Evars et la mansuétude dont bénéficie le réseau privé autorisé à faire intervenir des associations non agréées quand le programme l’exclut formellement. Le SNES-FSU demande à la DGESCO plus d’engagement à déployer l’Evars dans le public et plus de contrôle dans le privé pour vérifier sa conformité.
Les décret et arrêté rendant les groupes de niveau facultatifs en Sixième et Cinquième sont enfin publiés. Les CA en collège sur la préparation de rentrée se sont donc tenus une fois de plus sans mise à jour des textes réglementaires ce qui n’est pas tolérable. Pour autant, la popularité de cette victoire syndicale a permis d’acter sans autre formalisme ce nouveau recul du « choc des savoirs ». Le SNES-FSU ne se résout pas pour autant à la suppression sèche à la rentrée d’une heure d’enseignement disciplinaire en Sixième. Il revendique avec force le retour de l’enseignement de technologie et a conçu un projet de programme pour la technologie en Sixième qu’il est tout à fait prêt à mettre en débat dans ce CSE.
Signalons une fois de plus la difficulté que nous rencontrons à construire des programmes en Sixième sur le cycle 3 qui soient cohérents avec la suite de scolarité au collège. Les arbitrages sur les programmes d’histoire-géographie ne feront pas sens pour les professeur·es qui ont une vue large sur l’ensemble des contenus jusqu’à la Troisième, en plus de construire des repères erronés pour les élèves de Sixième.
Une nouvelle fois, le SNES-FSU demande des consignes claires sur les dispenses de surveillance des épreuves écrites du baccalauréat, des décharges de cours durant la période de corrections des copies et des mesures pour réduire la charge de travail des jurys. Alors que les corrections des BTS approchent, il y a urgence à prendre des mesures pour réduire la pression sur les collègues.
Le ministre lors de sa venue au CSE en décembre a annoncé plusieurs chantiers au long cours. Une seule date est pour l’instant programmée, sans aucune visibilité sur la suite des discussions.
Nous demandons au plus vite un calendrier prévisionnel des concertations car nous nous étonnons par exemple de voir à l’ordre du jour du CSE du 2 avril, des projets de décrets et arrêtés sur les mesures de responsabilisation, la procédure disciplinaire et la mise en œuvre du questionnaire « brisons le silence » dans le cadre de « l’amélioration du climat scolaire ». L’instrumentalisation de la baisse démographique pour motiver les suppressions de postes doit cesser et l’observatoire promis pourrait permettre d’objectiver la situation, en prenant en compte d’une part les augmentations cumulées des effectifs depuis 2017 et d’autre part les suppressions cumulées d’emplois sur la période, deux soldes qui plaident pour l’annulation de toute mesure à la rentrée. L’observatoire doit aussi acter la fermeture des structures privées si le besoin scolaire n’est plus reconnu afin de conforter l’École publique sur certains territoires.
Le SNES-FSU se félicite de la création de 100 emplois de PsyEN au budget mais au regard de la pénurie de PsyEN, leur répercussion sur le terrain sera bien peu perceptible. Il s’agit en effet de financer les postes des conseillers techniques des nouveaux pôles départementaux « santé bien être et protection de l’enfance » alors que des suppressions de postes de PsyEN et des fermetures de CIO se poursuivent un peu partout. Rappelons par ailleurs que ces créations n’ont pas donné lieu à des créations de postes au concours de recrutement PsyEN avec même 67 postes en moins par rapport à 2025.
Avec l’Unsa-Education, la CFDT, la CGT, et SUD, le SNES et la FSU appellent les personnels à se mobiliser la semaine du 30 mars et plus particulièrement à cesser le travail le mardi 31 mars. L’absence de revalorisation des salaires, les conditions de rentrée qui annoncent de nouvelles dégradations des conditions de travail, la réforme de la formation initiale qui abaisse les qualifications et transformera le métier, l’attaque contre les autorisations d’absences pour raison familiale, autant de raisons qui exigent une réponse coordonnée des personnels à l’appel des l’intersyndicale de l’Éducation.



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