« Notre jeunesse a soif d’engagement » a déclaré le président de la République dans un discours sur le nouveau service national militaire, le 27 novembre dernier. « Osez vous engager ! » ajoute la ministre des armées pour lancer la campagne de recrutement de volontaires pour un service de 10 mois sous les drapeaux. Le ton est donné : il faut donner l’envie d’armée.

Et pour cela, le gouvernement veut se donner des moyens : partenariats renforcés avec l’Education nationale, stages militaires , bonus sur Parcoursup, conservation pendant un an des voeux d’affectation dans le Supérieur après le service volontaire assimilé à une année de césure etc… Dans le même temps, l’armée vient actuellement dans de nombreux lycées faire la promotion de ses activités comme si c’était le partenaire habituel et naturel de l’éducation.

Acculturation à la défense

Le 30 janvier dernier, le SNES-FSU, avec la CGT, FO et Solidaires, s’est adressé au ministère pour dénoncer la promotion de l’armée dans les collèges et les lycées, sous couvert d’éducation à la défense.  Il demande l’abandon de tous ces dispositifs qui réduisent l’éducation à une entreprise de recrutement militaire.

Le ministère de l’éducation nationale a ainsi publié un guide à l’intention de l’ensemble de la communauté éducative, intitulé : « acculturer les jeunes à la défense ». Il s’agit d’inciter au développement des classes de défense et de sécurité globale et de se saisir des stages de découverte professionnelles en Troisième et en Seconde afin de favoriser le contact des élèves avec des militaires et « plus largement, des corps en uniformes ».

La confusion des genres

Dépassant la dimension de l’apprentissage de la citoyenneté, l’éducation à la défense devient actuellement un élément incontournable des politiques d’orientation scolaire, s’inscrit dans le parcours Avenir et le continuum de la découverte des métiers.

Les différents dispositifs d’incitation au recrutement sont ainsi déclinés dans tableau récapitulatif, de la « découverte des métiers » en lien avec la défense en cycle 4 pour 300 000 élèves, aux séquences d’observation en milieu professionnel pour 6000 jeunes par an en Troisième, pour 4 à 10000 en Seconde, en passant par les classes de défense et de sécurité globale scolarisant 30 000 jeunes par an.

Le guide dresse ainsi le tableau d’une vaste opération de déploiement de moyens au service d’une propagande qui instrumentalise les projets pédagogiques et l’information à l’orientation pour servir une politique de « réarmement ». L’école devient donc l’un des rouages de la mécanique du recrutement de militaires.

Pour mesurer le degré de confusion entre ce qui relèverait d’une culture patriotique pour ne pas dire chauvine, et la formation citoyenne dans l’éducation nationale, il faut se pencher sur les discussions qui ont présidées à la proposition de loi Blanchet. « Aimons-nous assez la France pour vouloir inciter nos enfants à l’aimer à leur tour avec passion et ferveur ? » Voilà comment le député Blanchet lance le débat en commission  sur sa proposition d’enseignement à la défense !

Le SNES-FSU continuera de dénoncer l’entrisme de l’armée dans les établissements scolaires et de s’opposer à toute forme d’embrigadement de la jeunesse.


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