Le scandale Bétharram a été une déflagration. Après les témoignages des victimes sur les sévices sexuels subis, la parole s’est libérée. Elle a sidéré, glacé et mis des mots sur l’indicible et l’insupportable. Dans l’enceinte de l’École, souvent dans le privé, des enfants ont pu être à la merci d’agresseurs sexuels. Il ne s’agit pas ici de dépeindre l’École pour ce qu’elle n’est pas, mais de poser les constats, en écoutant d’abord les victimes.

La société a failli, collectivement, en détournant les yeux (« tout le monde savait » pour Betharram), en étouffant, inconsciemment, la parole des enfants. L’institution a failli aussi en laissant l’enseignement privé prospérer en dehors de tout contrôle. La prise de conscience, brutale, appelait un sursaut collectif. Pour les victimes. Mais aussi parce qu’il en va de la confiance dans l’École.

Dans le champ politique, un travail transpartisan s’est initié autour de la commission d’enquête Betharram et de ses suites, à travers la proposition de loi Spillebout/Vannier. Le SNES et la FSU ont joué leur rôle : audition, propositions d’amendements avec pour boussole, la protection des enfants. Après plusieurs heures de débats parfois houleux mais achevées par des compromis, cette proposition de loi a été adoptée à l’unanimité. Si certaines dispositions sur le privé restent imparfaites, un grand pas été franchi. Il aura fallu attendre 2026 ! Enfin, la France se dote d’un cadre fort de protection des enfants à l’École. Il reste à le faire vivre au quotidien. Le SNES et la FSU s’y emploieront.