Pour ouvrir les travaux sur le statut d’AESH, les conclusions d’une mission menée par l’IGAS (inspection générale des affaires sociales) et l’IGESR (inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche) ont été présentées avant que le rapport ne soit rendu public.
Le SNES-FSU dénonce l’inégalité de traitement des accompagnant-es envisagée dans ce rapport pour la prise en charge des élèves en situation de handicap. D’un côté, 20 % de fonctionnariser, de l’autre 80 % des accompagnant-es en poste resteront dans la précarité, avec un temps incomplet imposé et demeureront toujours sans perspective de carrière. Le SNES-FSU dénonce l’indécence de cette proposition. Il dénonce également la déconnexion de l’administration par rapport aux réalité de vie de ses agent-es, et son refus d’entendre leurs revendications.our faire entendre leur colère, les accompagnant-es, soutenu-es par le SNES-FSU, se mobiliseront le 9 juin 2026.

Soyons nombreux et nombreuses dans la rue entre le premier et le deuxième GT AESH le 15 juin, et avant la CNH. pour réaffirmer avec le SNES-FSU, les revendications des accompagnant-es d’élèves en situation de handicap. : un corps de catégorie B pour toutes et tous avec un temps plein à 24h.

L’institution est responsable des conditions de travail et de vie des accompagnant-es d’élèves en situation de handicap qu’elle dégrade depuis plus de vingt-ans. Ce mépris doit cesser. Toutes et tous dans la rue le 9 juin 2026.

😡 Le ministère continue de parler au conditionnel de la création d’un corps de fonctionnaire pour les #AESH.📢 Amplifions la mobilisation pour que cette revendication se conjugue au présent : le 9 juin, dans la rue, pour un vrai statut avec un vrai salaire !👇www.snes.edu/article/aesh…

SNES-FSU (@snesfsu.bsky.social) 2026-06-04T09:05:36.857Z

L’analyse en détail

Ces deux services se sont lancés, en mai et en septembre 2025, dans « une étude » préconisée à l’issue de Comité handicap de 2024 sur : « le rôle et les missions des AESH »,dans trois départements (Bas-Rhin, la Côte-d’Or et la Seine-et-Marne). Et c’est avec un certain contentement que les services du MEN ont présenté, « en primeur », leur « réflexion autour des missions et du statut des accompagnant-es des élèves en situation de handicap ». Quel intitulé inattendu !

Un panel insignifiant d’AESH

Sur les 144 000 accompagnant-es d’élèves en situation de handicap de l’Éducation nationale, le ministère n’en a interrogé que 75 parmi 300 agent-es sollicité-es. Ce panel insignifiant d’agent-es a bien sûr sidéré le SNES-FSU et toutes les autres organisations présentes. Les sociologues en herbes du ministère ont indiqués avoir été guidés par des accompagnant-es référent-es pour rencontrer les personnes dudit panel.

Une découverte inattendue !

Ces sociologues en herbes ont découvert qu’il existait des pays, notamment anglo-saxons, dans lesquels il y avait une approche plus professionnalisante et donc moins précaire. « Beaucoup de pays ont privilégié une formule d’aide à la classe et d’aide à l’enseignant-re ». Ce ne sont pas des personnels enseignants mais des assistant-es à l’accessibilité, détenteur d’un bac+3. Ce personnel a un « contrat de travail plus professionnalisé » et il est« mieux rémunéré ».
En revanche, en Allemagne et en France, il a été le fait choix de privilégier un accompagnement plus individualisé et donc plus précaire. Ce n’est pas comme si cette situation n’était pas dénoncée par les syndicats et la FSU en particulier depuis de longues années. Mais que de découvertes sur deux mois d’études !

Autre découvertes fortuites

Dans leur révélation de l’univers professionnel des accompagnant-es, ils ont constaté que ces agent-es étaient dans « une configuration d’équipe » et qu’il fallait donc questionner leur environnement professionnel. Ils en ont déduit qu’il fallait mieux articuler la compensation humaine avec l’accessibilité pédagogique. Ils ont constaté dans la gestion des accompagnant-es existaient des pratiques très hétérogènes, des bonnes et des moins bonnes… Ils ont été « émus » et perturbés par tout ce qu’ils ont découvert.

Interdiction de participer à l’ESS. Pas de réunion tripartite (AESH-enseignant-e-élève) avant le début de l’accompagnement. Une communication empêchée avec les parents. Ils ont même fait preuve d’une certaine auto-critique lorsqu’ils ont admis avoir des « lacunes » : ils ne connaissent pas le « niveau de diplômes » des accompagnant-es et Ils ont « envie de mieux les connaître ». Toutefois, ils ont été surpris et n’ont pas compris, voire ont été désappointés que « des AESH [n’aient] pas exprimé le souhait de travailler plus pour gagner plus ». Dépités, ils ont conclu : « ce n’est donc pas une piste qui pourra prospérer ».

Les pistes « innovantes » du MEN

Mais ils ont des pistes. Une cartographie des gestions des accompagnant-es serait un bon outil pour repérer et s’appuyer sur les bonnes pratiques. La « rénovation de la circulaire » est « indispensable ». « Un bilan sur les accompagnant-es doit être fait au niveau des CSA-A ». « La fonction d’AESH référent-e doit être mieux reconnue ». « Il faut clarifier le décompte des heures connexes ». « Il faut donner des perspectives aux AESH référent-es ». « Il faut améliorer les conditions d’emploi dans le cadre du dialogue social ». L’on « pourrait peut-être prendre en compte la volonté de travailler dans le primaire ou le secondaire. « la professionnalisation est une vraie attente, un vrai besoin, avant la fonctionnarisation ». « Il faudrait des AESH qui consentent à être présentes pendant les temps des petites vacances. Au-delà de l’accompagnement, faire évoluer le métier ». Quelle profusion d’idées nouvelles !

L’ultime idée : un statut avec éclatement du métier

Si le statut devait être créé, le ministère aurait une préférence pour un accès à la fonction publique sur concours académique et non national. L’annualité du concours ne remplirait pas les besoins des élèves et donc le recrutement de contractuel-les au fil de l’eau serait complémentaire. Les missions devraient tourner autour de l’accessibilité pédagogique. La présence en classe de l’assistant-e à l’accessibilité avec Bac+3 ne relèverait pas d’une prescription. Elle-il serait dans des missions à la classe et dans le relai de l’enseignant-es Une formation permettra de monter en compétences pédagogiques. Le public ciblé est les accompagnant-es référentes. Celles et ceux qui ne seront pas « élu-es » resteront accompagnant-es sur les eux autres axes actuels de la mission : aide à la réalisation des gestes de la vie quotidienne et aide à la socialisation. L’éclatement du métier, en voilà une avancée ! Participer à l’accès aux apprentissages serait plus « noble » et donc mieux rémunéré que d’aider à la socialisation des élèves et l’aide à la réalisation de gestes de la vie quotidienne. Il est vrai que tous ces axes de vie de l’élève sont réalisés en silo !

Inacceptable : toutes et tous en grève le 9 juin !

Le communiqué FSU

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