Sommaire
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Mener l’action syndicale localement

2. Quelques exemples concrets d’action collective
2.1. DHG
2.2. Animer une heure syndicale
2.3. Violences, incivilités dans les établissements : quelles réponses syndicales ?
2.4. Relations avec les médias


2. Quelques exemples concrets d’action collective
2.1. DHG
Voir « Préparation de rentrée scolaire » et le chapitre 2 « les enseignements ».

2.2. Animer une heure syndicale
Animer une HIS
Pour les aspects pratiques (demande d’une HIS, droit à y participer).
L’HIS (Heure d’information syndicale) est sans doute LE moment privilégié qui permet de faire vivre une section syndicale. Il faut vraiment s’efforcer d’organiser une heure syndicale le plus souvent possible, idéalement tous les mois pendant l’année scolaire, même dans les périodes un peu plus creuses en termes d’actualités. On pourra en organiser une au moins avant chaque CA ou après pour faire le compte rendu du CA. Attention toutefois à ne pas tout faire tourner autour du CA de l’établissement : l’idéal est de pouvoir consacrer un temps aux débats nationaux et académique et un autre aux problématiques locales. Il ne faut surtout pas hésiter à solliciter un militant du SNES-FSU pour l’animer, en contactant le S2 ou le S3 : même sur des problématiques locales, le fait d’avoir un regard extérieur peut toujours être une aide. Un S1 peut aussi tout simplement appeler la section départementale ou académique et dire qu’il y a une heure syndicale à animer, demander quelle est l’actualité syndicale, quel point peut être fait pendant l’HIS. Un autre point dont on n’a pas forcément conscience quand on est S1 : le SNES-FSU siège dans de nombreuses instances à tous les niveaux, il peut donc faire remonter des problèmes rencontrés par un établissement, et en retour nos représentants ont souvent besoin de se nourrir d’éléments concrets de ce qui se passe dans les établissements. Faire remonter les éléments du débat est toujours utile au SNES-FSU, que ce soit sur une problématique locale ou sur des débats plus nationaux.

Quelques conseils pour animer une heure
Attention, une heure, c’est souvent court, il faut donc être efficace et avoir préparé un ordre du jour.
Une règle à respecter pour toute réunion : avoir un débouché et annoncer ce débouché au début de la réunion. Si on parle des dysfonctionnements de l’établissement, c’est par exemple pour nourrir une intervention en CA ou une audience qu’on aura préalablement demandée au chef d’établissement. Cela permet de mieux cadrer les débats.
Trop souvent, les collègues sont tentés en heure syndicale de « lister » les problèmes. En tant que S1, il faut aussi poser le débat de la stratégie à adopter pour résoudre ces problèmes : faut-il demander une audience, intervenir en CA, écrire un courrier aux autorités… ? Comment ces problèmes doivent-ils être présentés au chef et qu’est ce qu’on lui propose pour les résoudre ? Il faut impliquer les collègues dans ces questions de stratégie.
Si la situation le justifie, on peut décider d’écrire à l’administration, IA ou rectorat : dans ces cas-là, le mieux est de faire collectivement un projet de courrier suite à l’HIS et de demander, avant de l’envoyer, conseil au S2 ou au S3.
Les prises de position sur telle ou telle réforme doivent elles aussi trouver un débouché, au moins en les envoyant au SNES-FSU : n’hésitez surtout pas à faire un compte rendu, même succinct, de l’heure syndicale au S2/S3. N’hésitez pas non plus à mettre en débat dans les HIS ce que les collègues attendent concrètement du syndicat (« J’aurais aimé que le syndicat s’exprime sur tel ou tel sujet, ne dise pas telle et telle chose », etc.).
Pour inciter les collègues à venir aux HIS, il faut s’efforcer d’afficher ou d’envoyer les ordres du jour, même succincts, en amont, faire le compte rendu de ces heures syndicales et l’envoyer au plus grand nombre de collègues, syndiqués ou pas en fonction des pratiques locales, mais surtout dans le but de montrer qu’on discute en HIS de choses concrètes et qui peuvent intéresser tout le monde. Ce n’est pas forcément le S1 qui doit rédiger le compte rendu, il faut justement essayer d’impliquer d’autres collègues en leur demandant de faire ce travail.

2.3. Violence, incivilités dans les établissements : quelles réponses syndicales ?
Les moyens d’actions collectives des collègues peuvent prendre des formes diverses : utilisation de l’heure mensuelle d’information syndicale (voir page 15) ; arrêt de travail, pétition ; réunions avec les parents, demande de mesures de discipline, réunion du conseil de discipline (articles D511-20 à D511-43), du conseil d’administration, actions en direction de la hiérarchie par lettre, délégation… pour que le chef d’établissement, le DASEN, le recteur assurent la nécessaire protection des fonctionnaires (voir article 11 de la loi du 13 juillet 1983 et la note de service du 19 septembre 1983) et apportent les réponses nécessaires au retour au calme dans l’établissement.
Certaines situations nécessitent en effet un diagnostic précis et des réponses immédiates en termes de moyens en personnels, d’encadrement psychologique, de formation des personnels…

Les collègues victimes de violences ont des droits qu’ils doivent connaître

  • À l’intérieur de l’établissement
    Quand on est insulté directement ou agressé par un élève, il faut immédiatement faire un rapport écrit au chef d’établissement en lui demandant éventuellement une sanction. Si on demande la tenue du conseil de ¬discipline, le chef d’établissement, en cas de refus, doit motiver sa décision conformément à l’article D511-30. En cas de résistance de la hiérarchie, un tel courrier permet parfois de débloquer la situation.
  • Sur le plan pénal
    En cas d’insultes ou d’agression de la part d’un élève, le collègue concerné peut déposer plainte et donc placer le problème sur le plan pénal. En effet, la loi du 9 septembre 2002 contenue dans l’article 433-5 du code pénal stipule : « Constituent un outrage puni de 7 500 euros d’amende les paroles, gestes ou menaces, les écrits ou images de toute nature non rendus publics ou l’envoi d’objets quelconques adressés à une personne chargée d’une mission de service public, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de sa mission, et de nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction dont elle est investie ».
    Lorsqu’il est adressé à une personne dépositaire de l’autorité publique, l’outrage est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende. Lorsqu’il est adressé à une personne chargée d’une mission de service public et que les faits ont été commis à l’intérieur d’un établissement scolaire ou éducatif, ou, à l’occasion des entrées ou sorties des élèves, aux abords d’un tel établissement, l’outrage est puni de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.
    Quand un collègue choisit de déposer plainte, il faut absolument qu’il saisisse dans la foulée le recteur.
    En effet, en application de l’article 11-3 de la loi 83-634 du 13 juillet 1983, les personnels titulaires et non-titulaires de l’Éducation nationale victimes de menaces, violences, voies de fait, injures, diffamation ou outrages à l’occasion de leurs fonctions, pendant ou en dehors de leur temps et du lieu de travail, peuvent solliciter le bénéfice de la protection statutaire au moyen d’une demande écrite acheminée par la voie hiérarchique.
    Un dépôt de plainte doublée d’une telle demande permet donc un suivi de son dossier pénal par l’admi¬nistration et la prise en charge des frais engagés à cette occasion.
    Voir sur le site : www.snes.edu/Protection-juridique-et-violence.html.
Agir contre les violences en milieu scolaire : les demandes du SNES-FSU

Il est nécessaire de bien lier mesures scolaires et mesures sociales, mesures qui doivent lutter contre la violence, contre l’échec scolaire, et aussi contre les effets de la grande pauvreté en milieu scolaire. Nous demandons :

  • Des établissements de petite taille, dans le cadre d’un découpage sectoriel révisé pour éviter les ghettos scolaires ; une réelle protection de l’établissement et de ses membres contre la violence extérieure et une aide immédiate de l’institution en faveur des victimes de violence en milieu scolaire et même si les violences s’exercent hors de l’établissement. Un îlotage de la police nationale est indispensable ; l’établissement scolaire ne doit pas être le seul service public du quartier difficile.
  • Des personnels nombreux et stables qui puissent travailler en complémentarité entre eux.
  • Une mise en cohérence et une concertation pour des actions avec les collectivités, les associations agréées, les autres ministères, culture, justice, notamment la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse), police, dans le respect des missions des établissements scolaires et de la laïcité, sans substitution aux enseignants. L’insuffisance du nombre d’adultes (disparition des aides éducateurs et des surveillants, création en nombre insuffisant d’emplois ¬d’assistants d’éducation dont nous contestons par ailleurs le statut) pose le problème de l’encadrement des élèves alors que perdurent, voire augmentent les actes de violence dans les établissements.
  • Une politique équilibrant prévention et sanction, la hiérarchie des sanctions devant être claire et graduée, mise en forme dans le règlement intérieur élaboré par l’ensemble des partenaires de la communauté éducative. Un suivi des élèves exclus doit être mis en place.
  • Une aide de l’institution, les établissements et les recteurs devant être poussés à porter plainte en étant attentif aux dérapages sécuritaires qui peuvent se produire et en n’agissant auprès des services de police et de justice qu’en cas d’agression clairement reconnue.
  • Une formation initiale et continue des personnels prenant en compte ces difficultés.
  • Les établissements présentant des difficultés particulières doivent faire l’objet d’une attribution de moyens supplémentaires spécifiques sans redéploiement. Il faut mettre en place un système unique, simplifié avec des critères précis et transparents.
  • La situation des élèves a des conséquences sur les conditions d’enseignement et la situation des enseignants. La prise en compte pour ces personnels de la pénibilité particulière du travail passe par une suppression des HS, une diminution de trois heures du temps de travail, un travail avec des effectifs allégés.

2.4. Relations avec les médias
Dans la vie du S1, il arrive que la situation dans l’établissement nécessite de s’adresser à l’opinion et aux médias.
Pour communiquer efficacement, quelques règles de base à prendre en compte.
Avant toute expression publique, se demander :

  • à qui s’adresse-t-on ?
  • à quel type de média (presse nationale ou régionale, radio, télé, agence de presse) ?
  • quel message veut-on faire passer, dans quel but ?
    Proscrire deux travers : le langage pour militants et le souci d’être exhaustif.
    En particulier, le communiqué de presse, pour avoir quelque chance d’être lu et compris, doit respecter des règles précises. Sa rédaction ne suit en rien le schéma de la dissertation, ni même toujours la chronologie. Il importe de commencer par l’essentiel : au bout de trois lignes tout journaliste (il n’est pas toujours spécialiste de l’éducation !) doit avoir saisi le problème.
    Ensuite, expliquer le comment, le pourquoi, et éventuellement apporter des détails. Surtout, pour être lu, faire concis et clair, attirer et retenir l’attention du journaliste. D’où également l’importance du titre, qui doit être court et percutant, au besoin éclairé par un chapeau. Indispensable : indiquer les coordonnées du ou des contacts en fournissant prioritairement des numéros de portables. En effet, les journalistes travaillent presque toujours dans l’urgence, et s’ils n’obtiennent pas immédiatement le renseignement souhaité, ils passent souvent à un autre sujet. Penser à envoyer les communiqués au S2 et au S3, qui dispose des contacts médias.
    Par la suite, si les médias traitent le sujet, être bien conscient que l’angle du reportage sera défini par la rédaction, et que pour faire passer son message, il faut se montrer souple et adroit.
    Pour les interviews radio et TV, bien se faire préciser les conditions : enregistrement ou direct, seul ou avec un autre invité. Ne pas oublier qu’après montage ne demeurent souvent que quelques secondes de l’interview, et donc contrôler chaque propos pour se prémunir contre toute manipulation.
    L’interview est un rapport de force à trois (au minimum, plus s’il y a d’autres invités) : le journaliste, l’invité, le public.
    L’objectif du journaliste est de recueillir une info « vendable » : quoi de neuf, quoi d’intéressant ? Il attend du vrai, de l’authentique, du précis et du synthétique, qui va intéresser et retenir son public. Tout en répondant aux questions du journaliste, il faut donc réussir à faire passer son message au mieux, sans essayer de vouloir tout dire, tout ficeler.
    Il faut donc travailler son message avant l’interview, préparer éventuellement des notes. Le temps imparti étant toujours trop bref, entrer tout de suite dans le vif du sujet, de façon concrète, à partir des problèmes de terrain, et affirmer un message cohérent en quelques dizaines de secondes.

Nota. Droit de réponse, loi sur la presse du 29 juillet 1881 : toute personne nommée et désignée peut exiger un droit de réponse. En cas de doute ou de problème, contacter le S2, ou le S3, voire le service de l’action juridique du S4. Obligation de discrétion : article 26 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983.