La loi Blanquer parle de « prérecrutements ». Pourtant, cette mesure n’a rien à voir avec de véritables prérecrutements, réclamés par le SNES et la FSU, qui permettraient une amélioration des conditions d’entrée dans le métier.

Les textes créant le dispositif d’AED « en préprofessionnalisation » ne sont pas encore publiés qu’ils sont déjà dans les rectorats, et la campagne de promotion du ministère déjà en ligne, pour que 1 500 étudiants – 800 dans le second degré – soient recrutés en septembre 2019. La concertation a permis de faire évoluer la mesure sur différents points, mais l’essentiel demeure : pour le ministère, un étudiant ne se prépare pas à temps plein aux métiers de l’enseignement, puisqu’en contrepartie du salaire, il doit passer 8 heures en établissement, auxquelles s’ajoutent les heures de préparation (de plus en plus importantes de la L2 au M1), et le temps passé avec le tuteur (il y aurait beaucoup à dire de l’ampleur de la tâche de ce dernier). La mise en responsabilité devant les élèves est toujours conçue comme une « entrée progressive dans le métier », une « formation pratique », aux dépens de la formation académique : le ministère prévoit que les AED « prépro » valideraient des ECTS via ce contrat et seraient donc dispensés de certains enseignements. Drôle de manière d’améliorer la formation des futurs enseignants et CPE !
Il convient donc d’être très vigilant sur les missions de ces AED, d’autant que le ministère cultive les ambiguïtés : on nous assure qu’ils n’auront pas de classe en responsabilité toute l’année (sur des BMP de 6 heures, par exemple), alors que dans une vidéo promotionnelle du site « Devenir enseignant », le ministère parle « de prendre la responsabilité d’une classe en M1 », et qu’une infographie évoque « la prise en charge d’une classe de manière autonome ».

Article paru dans L’US Mag n°786 du 30 mars 2019

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