Samuel Paty a été assassiné le vendredi 16 octobre. L’effroi, le choc, l’émotion dominent aujourd’hui dans la communauté éducative. Dans quelques jours, la rentrée après les congés d’automne va se faire dans un contexte très particulier. Pour le SNES-FSU, la reprise devra être cadrée dans son organisation tout en laissant une grande liberté aux professeurs pour organiser les séquences pédagogiques qu’ils jugent les plus appropriées. Ci-dessous, les demandes du SNES-FSU et les comptes-rendus des réunions avec le Ministère (22 octobres et 27 octobre)

Mise à jour 29/10 : Au regard de l’évolution de la situation sanitaire, l’organisation de cette journée d’hommage pourrait être modifiée. Plus d’informations à venir.

Dernières informations 27 octobre

Après la réunion du 22 octobre (voir ci-dessous), un nouvel échange entre les organisations syndicales et le Ministère a eu lieu. Le SNES, avec la FSU, a rappelé l’impératif de respect de la liberté pédagogique des enseignants. Le Ministère a semblé entendre ces demandes, à rebours des déclarations fracassantes du Ministre dans un journal du week-end et des premières pistes avancées lors de la réunion du 22 octobre.

Un premier temps d’échanges entre adultes de l’établissement aura lieu en début de matinée, l’arrivée des élèves étant décalée à 10h. Des questions subsistent sur l’organisation de l’accueil des élèves, pour le SNES-FSU, un travail doit être engagé avec les collectivités territoriales pour assurer une organisation adaptée des transports scolaires. Ainsi, les deux premières heures de la matinée, seront vraiment banalisées, sans élèves, et tous les adultes de la communauté éducative pourront participer aux échanges prévus.

Pour le deuxième temps, avec les élèves, il a bien été acté que les outils pédagogiques mis à disposition des professeurs n’étaient pas injonctifs et que chacun serait libre de les utiliser ou pas.

Enfin, pour le troisième temps, la minute de silence sera effectuée en 11h et 11h30, de manière collective, avec, en préambule la lecture de la lettre aux institutrices et instituteurs de Jean Jaurès.

La FSU a redit que la présence d’élus s’avérait particulièrement problématique (risque d’instrumentalisation etc). Le SNES-FSU a demandé que la présence d’élus soit validée par les membres du CA. Le Ministère souligne la complexité de la situation mais accepte que cette présence passe par l’accord du chef d’établissement.

Les demandes du SNES-FSU

Un premier échange va avoir lieu avec le Ministère le 22 octobre. Le SNES-FSU fait connaître ses demandes.

Une organisation nationale

La rentrée sera un temps d’hommage à la mémoire de Samuel Paty. Cela suppose une organisation nationale de cette journée : des moments de recueillement collectif organisés dans tous les établissements scolaires. Il est indispensable d’avoir du temps pour préparer le retour des élèves : le Snes-FSU demande donc un temps banalisé (au moins 2 heures) dans tous les collèges et lycées, en début de journée, afin de permettre à tous les personnels de l’établissement d’échanger sur la situation, en particulier sur les modalités d’accueil des élèves.

Liberté pédagogique des enseignants

Chacun saura organiser le mieux possible l’accueil des élèves dans sa classe. La prescription de certains outils, de certaines séquences, serait particulièrement contre productive et peut-être même incomprise par les élèves. Chaque professeur doit avoir la liberté d’organiser le travail pédagogique à mener avec les élèves en ce jour particulier comme il le souhaite, grâce à la connaissance de ses classes.

Un moment de recueillement collectif

Le Ministre de l’Education nationale a annoncé qu’une minute de silence serait respectée en mémoire de Samuel Paty le 2 novembre. Pour être un moment pleinement partagé par l’ensemble de la communauté éducative, il doit se faire de manière collective, en rassemblant l’ensemble des élèves (dans le respect des gestes barrières) et non pas de manière individuelle, chacun dans sa salle de classe

Un travail de long terme

Tout le travail éducatif autour des notions de liberté d’expression, de laïcité, de développement de l’esprit critique, en bref d’émancipation, ne peut se résumer à la journée du 2 novembre. C’est un travail de long terme qu’il faut engager qui nécessite notamment des moyens. Si le 2 novembre est une journée importante d’hommage, de recueillement et de travail éducatif, il est important de ne pas tout ramener à la journée du 2 novembre.

Les premières réponses du Ministère

Vendredi 22 octobre, le Ministère a réunion les organisations syndicales pour présenter les premières pistes d’organisation du 2 novembre : 3 temps se dégagent.

Un premier temps d’accueil des personnels pour échanger (la très grande majorité des établissements n’étaient pas ouverts le lendemain de l’attentat qui a coûté la vie à notre collègue) et préparer le retour des élèves. Mais le Ministère reste encore assez flou sur la possible banalisation dans tous les établissements de plusieurs heures en début de matinée : des contraintes de transports scolaires ou d’organisation d’accueil des élèves peuvent se poser. La question est toujours en cours de réflexion.

L’accueil des élèves dans la classe pourrait être fait par deux adultes, dont le professeur principal. Des propositions d’actions ont été présentées : lecture d’un texte ou visionnage d’une vidéo donnant lieu à un échange avec les élèves, puis un temps de réflexion et de travail. Pour le SNES-FSU, ces premiers éléments relèvent d’une forme d’injonction qui pourraient s’avérer contre productive. Ce sont davantage des outils, des propositions, dont pourraient se saisir les enseignants, en fonction de leur classe, qui sont attendus.

Enfin, un temps de recueillement collectif pourrait avoir lieu sous la forme d’une minute de silence collective qui pourrait être précédé de la lecture d’un texte.

Le Snes, avec la FSU, est également intervenu pour pointer le caractère inapproprié de la présence d’élus le 2 novembre dans les établissements scolaires

Une deuxième réunion aura lieu dans la semaine du 26 au 30 octobre. Le Snes-FSU a demandé qu’elle ait lieu le plus rapidement possible afin que l’organisation de cette journée puisse être anticipée.

Cet article sera régulièrement mis à jour d’ici le 2 novembre (organisation de la journée, actions etc…)

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