Le contrôle continu écrase tout

Un courrier le 21 janvier, le ministre de l’Education nationale avait informé les personnels des nouvelles modalités du baccalauréat pour la session 2021 et depuis, toute une série de textes réglementaires est venu formaliser les annonces ministérielles (voir le document ci-dessous).

-les évaluations communes sont remplacées par le contrôle continu
-les épreuves de spécialité sont annulées et remplacées par le contrôle continu
-le grand oral est maintenu
-l’épreuve de philosophie est maintenue mais aménagée (4 sujets au lieu de 3)
-l’oral de français est aménagé avec la diminution du nombre de textes en voie générale et technologique mais rien n’est prévu pour l’épreuve écrite. 

Le ministère perd la boussole 

Que ce soit sur les évaluations communes annoncées comme supprimées fin octobre dernier, ou les épreuves de spécialité, ces textes témoignent de l’impossibilité de substituer le contrôle continu à des épreuves ponctuelles prévues et préparées comme telles pour un examen national. Les moyennes annuelles de terminale pour chaque enseignement de spécialité  concerné feront donc office de note de bac. Faute de pouvoir réfléchir à des modalités pédagogiques d’harmonisation rendues impossibles, il est prévu de remplacer le travail des commissions par les décisions de jurys et sous-jurys.  Comme pour la session 2020, il est prévu de fournir des éléments statistiques de comparaison issues des sessions 2018 et 2019 afin de procéder à ce qui s’apparente davantage à une péréquation des résultats.

Peu importe que les épreuves comme les programmes soient nouveaux et que certains enseignements n’existaient pas, le ministère fait le choix de comparer l’incomparable et de renouveler une procédure qui a fait la preuve de son échec l’année passée. On atteint un degré rarement égalé dans l’absurde concernant les évaluations communes passées au contrôle continu car elles seront jaugées,  entre autres, à l’aune de la première session des épreuves communes de contrôle continu (E3C).  Comment accepter de prendre ainsi comme référence des épreuves particulièrement injustes, dénuées de cadrage national, et passées sous la menace du zéro et des forces de l’ordre ? Pour le ministère, en matière d’évaluation l’arbitraire fait loi ? 

Et veut mettre au pas les enseignants

Le desserrement du calendrier des épreuves écrites s’accompagne d’un resserrement du contrôle sur les pratiques d’évaluation au quotidien dans la classe, au prix d’une pression sans précédent sur les enseignants comme sur les élèves.  Dans le genre, le « guide de l’évaluation » est une caricature accumulant les injonctions d’autant plus impossibles à tenir que bien souvent, les heures de cours avaient été divisées par deux pour de nombreux lycées depuis novembre dernier et que désormais, tous les établissements sont fermés. Le ministère veut donc imposer un nombre minimum d’évaluations et de types d’exercices, le tout articulé à de pseudo-harmonisations locales. Il faut des moyennes « robustes » (sic), ordonne-t-t-il, comme si ça pouvait suffire à l’égalité de traitement devant un examen désormais vidé de sa dimension nationale. Sous prétexte de l’urgence sanitaire, le ministère poursuit ainsi avec obstination son travail de destruction  des libertés pédagogiques et du métier  enseignant. Comment envisager les évaluations et les apprentissages dans une situation où les enseignements sont entravés par la mise à distance des élèves et les aléas de l’école numérique?

Les revendications immédiates

Après l’annulation des évaluations communes est venu le tour des épreuves de spécialité initialement prévues en mars. Il est peu de dire que cette annonce était attendue tant la situation était devenue pédagogiquement ingérable. Le choix ministériel du contrôle continu ne résout cependant rien bien au contraire. Au lieu de penser en amont des modalités alternatives à l’organisation des examens et des enseignements, le ministère a fait le choix de l’incohérence. Obsédé par la mise en œuvre de ses réformes, il a ainsi annoncé des adaptations par morceaux en refusant toute possibilité d’anticipation. Or, depuis juin dernier, le SNES-FSU a constamment alerté sur la nécessité d’un calendrier alternatif des examens et d’allègements de programmes. Il continue de plaider pour la neutralisation du Grand oral, épreuve dont personne ne sait actuellement quoi faire (voir ci-dessous le communiqué intersyndical du 7 avril).


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