Comme chaque année, la liste Parcoursup des formations de premier cycle de l’enseignement supérieur privé, est publiée dans un arrêté et une annexe en forme de catalogue. En 2026, on peut dénombrer ainsi 3230 formations privées sous statut étudiant dont 1371 (43.7%) sont des BTS. Il y a aussi 7668 formations privées par apprentissage dont 6413, soit 84%, sont des BTS.

Parcoursup, la vitrine de l’enseignement privé

Dans la logique de la loi orientation et réussite des étudiants (Loi ORE) , Parcoursup affiche les formations privées sur le même plan que le public, et organise la concurrence entre les établissements sur la base de critères largement biaisés. Le ministère de l’enseignement supérieur peut toujours arguer de sa volonté de réguler le marché et de mettre en place des moyens de contrôle, la plateforme entretient la promotion de formations contestables et contestées. L’arrêté du 19 février réglant la procédure de déréférencement après un contrôle pointant des dysfonctionnement, ne donne visiblement pas grand chose… On découvre cette année le nouveau référencement d’établissements du groupe Galileo dont les pratiques ont pourtant été dénoncées dans le livre de Claire Marchal, Le Cube , Flammarion, 2025. dans les écoles de ce groupe , tout est tourné vers le profit et les familles en font bien souvent les frais.

Qu’à cela ne tienne, le ministère a donc choisi de référencer trois BTS par apprentissage de l’ESARC du Groupe Galileo, école des métiers de la communication qui vient de s’installer dans l’agglomération rouennaise ! Peut-être faut-il y voir aussi la validation des pratiques de la métropole rouennaise qui accompagne cet établissement privé, entre autres, via son agence d’attractivité (sic), Rouen Normandy Invest ? Ceci est un exemple parmi d’autres.

Projet de loi Baptiste, l’aboutissement d’un projet de privatisation

Il y aurait beaucoup à dire sur la manière dont les collectivités locales adoubent l’enseignement supérieur privé, en sacrifiant toute réflexion sur les effets de la marchandisation de l’éducation pour finalement s’inscrire dans le renoncement à développer un enseignement public de qualité pour le plus grand nombre. le schéma est souvent le même: les collectivités locales financent et l’Etat légitime en accordant la reconnaissance officielle des formations.

Voilà le système que la loi Baptiste dite de régulation de l’enseignement supérieur privé, souhaite voir inscrit dans le marbre ! Pour l’instant retiré de l’ordre du jour des débats parlementaires, le projet de loi est suspendu. Il vise à créer deux catégories d’établissements privés , les établissements en partenariat avec l’Etat et ceux bénéficiant d’un agrément attestant de la qualité de leurs formations, cette reconnaissance étant matérialisée par le référencement dans Parcoursup.

Philippe Baptiste évoque une « refonte de l’enseignement supérieur privé » autour de deux cercles : « Un cercle avec des universités publiques et les très grandes formations du privé, qui sont vraiment dans un cercle de confiance extrêmement étroit, avec des obligations sociales et de recherche. Un deuxième cercle, un peu plus large, où il n’y aura peut-être pas toutes ces obligations, mais où l’on aura une capacité de certification ». France Info, 2 juin 2025

BTS en danger ?

Pour de nombreuses officines privées, le BTS reconnu par l’Etat représente la « tête de gondole » pour appâter la clientèle et mieux lui vendre des formations sans valeur et très coûteuses. Bien difficile de s’y retrouver quand ces mêmes officines jouent sur les mots, entre Master et « mastère » par exemple, pour mieux tromper les jeunes et leur famille !

Dans un contexte de baisse démographique, que vont devenir les BTS public sous statut étudiant ( aussi désignés comme scolaire) alors qu’ils sont soumis à la double concurrence de l’apprentissage et des grands groupes privés ?

Dans certaines académies, quand il s’agit de discuter de la carte des formations en lycées publics, rectorats et régions pointent des « tensions critiques sur les filières BTS avec de nombreuses places vacantes et qui nécessite une réflexion importante en profondeur » (Bourgogne-Franche-Comté)…


L’apprentissage, moteur de la privatisation des BTS


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