« Il faut avancer la maternelle de trois ans à un an.» Après ce propos de Bruno Le Maire, Édouard Philippe a proposé de son côté le retour des « devoirs sur table ». On découvre donc qu’ils avaient disparu ! Et s’il parle des devoirs communs, on lui souhaite bon courage pour trouver un créneau pour les six groupes de SES d’une classe, résultat de la réforme du lycée faite pendant son mandat. Sur l’exercice du commentaire politique de Pisa, le niveau des apprenti·es candidat·es est abyssalement bas.

Les résultats de Pisa nécessitent pourtant une lecture plus posée. Les fragilités des élèves doivent être analysées à l’aune de ce qu’est devenue l’École depuis plus de dix ans avec une succession de réformes. Elle a davantage accompagné les évolutions de la société plutôt que les contrecarrer. Inégalités ? Les réformes les ont aggravées, avec plus de concurrence et d’individualisation, de la réforme du bac à Parcoursup, dans le contexte d’une société de plus en plus atomisée, minée par la peur du déclassement. Le numérique ? L’École a accompagné la fuite en avant du « tout numérique » sans recul.

Pisa dit une chose essentielle : depuis plus de dix ans, les politiques menées ont tourné le dos au rôle social et politique de l’École. Elle devrait être un outil de la transformation sociale, elle est devenue l’instrument qui accompagne les fractures de la société. À l’heure des choix pour l’avenir du service public d’Éducation, le SNES-FSU continuera de défendre une École émancipatrice, au service de la transformation sociale. C’est un impératif à la fois éducatif, social et démocratique.