Pendant que le ministre en appelle à des mesures de bon sens pour traverser l’épisode de canicule de la semaine, le SNES-FSU a lancé une enquête auprès de ses syndiqués pour cartographier la vague de chaleur dans les collèges et lycées de l’Hexagone. Cette initiative, inédite dans notre champ, que même le ministère n’a pas lancée, révèle des résultats édifiants et révélateurs de l’état d’impréparation de l’Education nationale pour faire face au réchauffement climatique :

  • 77,6 % des collèges et des lycées ont relevé une température de plus de 30 degrés
  • 87,18 % des établissements n’ont pas mis en place de mesures d’adaptation.

☀️🌡️ Météo des classes : surchauffe dans les établissements scolaires ! Le SNES-FSU a initié une cartographie de l’état des collèges et lycées en cette période de forte chaleur. Suivez la situation et complétez la carte de la #MeteoDesClasses👇 www.snes.edu/article/la-m…

SNES-FSU (@snesfsu.bsky.social) 2026-05-28T06:50:29.015Z

Un bâti scolaire inadapté

Dans une précédente enquête, au printemps 2024, le SNES-FSU avait montré l’état déplorable du bâti scolaire pour le 2d degré. L’enquête de cette semaine confirme que rien ne s’est vraiment amélioré. Alors que le décret de mai 2025 oblige l’employeur à prendre des mesures d’adaptation et de prévention des risques (comme la réorganisation des horaires de travail, la mise en œuvre de moyens pour réduire le rayonnement solaire, la mise à disposition d’eau potable fraîche), plus de 8 collèges et lycées sur 10 ne sont pas en mesure de proposer ces adaptations. Lorsqu’elles sont mises en place, c’est parfois sur la base d’initiatives personnelles (à l’image de ces établissements dans les académies de Créteil ou Grenoble où les collègues amènent leurs ventilateurs personnels) ou de manière limitée : une fontaine à eau pour 750 élèves dans un collège de Lyon. Ainsi l’essentiel des adaptations est d’ordre de l’équipement.

Seulement 7,2 % des établissements ont réorganisé les horaires du temps scolaire pour ne pas exposer élèves et personnels à des températures dangereuses.

La 7ème  puissance du monde préfère recommander à des élèves de venir avec une gourde, une casquette, de la crème solaire et d’ouvrir les fenêtres plutôt que d’investir pour assurer la sécurité des personnels et des élèves.

Des températures inadaptées

77,6 % des établissements ont relevé une température supérieure à 30 degrés, dans une salle de l’établissement, et 90,2 % une température supérieure à plus de 28 degrés. Ces températures ne sont pas sans conséquences sur les apprentissages (difficultés de concentration) et sur les conditions de travail, mais aussi sur la santé des personnels. Des malaises de professeurs et d’élèves nous ont été signalés à Nantes ou Lyon.

Et maintenant ?

Le changement climatique est avéré et documenté : le ministère de l’Éducation nationale doit adopter un protocole détaillé pour prévoir des adaptations d’horaires et d’organisation du travail. Le gouvernement doit rompre avec la baisse des crédits du fond vert et adopter un plan de financement Etat-collectivités pour la rénovation, l’adaptation du bâti scolaire à hauteur de 5 milliards par an pendant 10 ans.

Alors que le nombre de jours de vagues de chaleur sera multiplié par 5 dans une France à +2,7 °C et par 10 dans une France à +4 °C, ces investissements sont stratégiques car ils permettront d’assurer la continuité et l’égalité d’accès à un service public de qualité.

Il est fort probable que l’Hexagone traverse une nouvelle vague de chaleur d’ici la fin de l’année scolaire. Le SNES-FSU exige que des réponses claires soient apportées dans les prochains jours sur les modalités d’organisation retenues afin de ne pas laisser la communauté éducative, une fois de plus, s’organiser par elle-même : ce ministère doit cesser d’être celui du bricolage national.

Les témoignages

Académie de Lyon
La direction annonce une \ »ventilation des salles\ », les dispositifs anti-suicide ne permettent pas l’aération, 26 degrés hier à 8h, 27 ce matin. Une fontaine à eau pour 750 élèves. Plusieurs malaises d’élèves et enseignants.

Académie de Lille :
Aucun ventilateur fourni. Aucune bouteille d’eau à disposition. Cours dans les salles à l’étage même celles qui sont exposées au soleil. Certaines fenêtres de l’étage ne s ouvrent pas (une seule fenêtre s’ouvre sur une salle de cours pour tout l’étage). Aucune mesure prise par la hiérarchie. Les cours continuent même si les élèves étouffent dans les salles et somnolent.

Académie de Versailles
Aucune adaptation, ni eau pour les élèves, ni adaptation des heures de fin de cours. Nous avions demandé il y a quelques temps que des stores soient installés sur certaines fenêtres de certaines salles, à ce jour rien, trop cher avait été la réponse. Nous souhaiterions pouvoir faire installer des films/filtres nettement moins chers afin de stopper la luminosité et ainsi la chaleur.

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