Le code[i]

Depuis 2018, 21 organisations de psychologues dont le SNES-FSU et le SNUipp-FSU, se sont regroupées au sein du CEréDéPsy (Construire Ensemble une réglementation de la Déontologie des Psychologues) afin de donner au code une reconnaissance officielle sans passer par un ordre. Rassemblant des psychologues de tous les champs d’exercice, appartenant à des associations ou des syndicats, ce groupe a patiemment actualisé le code de 2012, lui-même issu d’un travail similaire en 1996. Ce souci d’actualiser les principes et règles déontologiques de la profession est constant depuis 1961.

L’approfondissement du travail du CERéDéPsy du côté des jurisprudences a d’ailleurs permis de constater que même si le code n’a pas d’existence réglementaire, il est néanmoins pris en compte par les juges en cas de litiges. Ce qui renforce la nécessité de se rassembler autour de lui.

Les menaces de médicalisation et de contrôle de la profession

La publication de l’arrêté du 10 mars 2021 a fixé les conditions de l’expertise des psychologues intervenant dans les parcours de bilan et d’intervention précoce. Sans aucune concertation avec les organisations représentatives, le gouvernement a décidé de réduire la diversité des références théoriques et méthodologiques, aux seules références cognitivo-comportementales. Cette « première » dans l’histoire de la profession, en dit long sur l’ignorance délibérée des principes et des règles déontologiques du code qui promeut dans son principe 5 « la responsabilité et l’autonomie professionnelle » du psychologue : choix des référents théoriques, des méthodes et des modes d’intervention en fonction des situations !

Dans la même logique, une proposition de loi portant création d’un ordre pour les psychologues a été déposée en avril 2021 par quelques parlementaires, sans lien avec les organisations de la profession. Cette demande a soulevé une forte opposition car une instance ordinale comporte une structure et des missions très contestables : une assimilation aux professions médicales et paramédicales, la désignation de l’ordre comme seul représentant de toute la profession par les pouvoirs publics, une cotisation annuelle obligatoire, le pouvoir de sanction voire d’interdiction d’exercer et aucune garantie sur le respect de la pluralité des courants théoriques et des pratiques.

Les psychologues de la FSU ont clairement exprimé leur opposition à ce projet, qui vise à mettre au pas les psychologues en donnant à quelques-uns le pouvoir de normaliser les pratiques, de sanctionner celles qui ne seraient pas jugées conformes.

Le colloque organisé le 25 novembre par la FSU, a permis à différents praticiens médicaux et paramédicaux d’expliquer combien l’ordre était un carcan pour leur profession plutôt qu’une aide, et comment il avait été imposé aux professionnels. Les psychologues n’en veulent pas !

Avec la crise, les besoins de soutien psychologique, les manques dans les structures de prévention et de soins se sont révélés. Le gouvernement a fait le choix de diriger toutes ces demandes vers le secteur libéral plutôt que de recruter dans les services publics. Un décret va sortir pour préciser les conditions de remboursement des 8 séances prévues mais à un tarif non respectueux de la qualification.

Plusieurs organisations de psychologues appellent à une mobilisation le 10 mars 2022.

Le SNES-FSU y participera pour exprimer son refus de la subordination au pouvoir médical, pour un développement des services publics et des recrutements de psychologues, pour l’arrêt de la précarisation de la fonction et une revalorisation significative.


[i] codededeontologiedespsychologues.fr

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