Congé de naissance

Annoncé par Emmanuel Macron en janvier 2024 en vue d’un « réarmement démographique » face à la baisse de la natalité et prévu dans le budget de la Sécu 2026, Le nouveau congé de naissance entrera en vigueur au 1er juillet 2026. Il vient s’ajouter aux congés maternité et aux congés paternité déjà existants. Pouvant aller jusqu’à 2 mois, il peut être pris en une seule fois ou fractionné en deux périodes d’un mois, simultanément par les deux parents ou l’un après l’autre et doit être pris dans les 9 mois suivant la naissance. Il concerne également les enfants né entre le 1er janvier 2026 et le 30 juin 2026 pour lesquels les parents auront droit à ce congé entre juillet 2026 et fin mars 2027.

Financement pour le congé de naissance :  ou le système du « donner d’une main mais reprendre de l’autre » 

Ce congé de naissance est  de fait financé par la suppression de la majoration des allocations familiales pour les adolescent•es de 14 ans à 18 ans. Avant cette réforme, lorsqu’un enfant (sauf l’aîné•e dans une famille de deux enfants) fêtait ses 14 ans, la CAF augmentait automatiquement le montant des allocations familiales (jusqu’à environ 75 € de plus par mois selon les revenus). C’est ce qu’on appelle la majoration pour âge, créée parce qu’un·e adolescent·e coûte plus cher qu’un·e jeune enfant (nourriture, vêtements, transports, fournitures).

Le gouvernement a repoussé cet âge de 14 à 18 ans. Concrètement, les parents doivent désormais attendre les 18 ans de leur enfant pour toucher ce bonus. Entre 14 et 17 ans inclus, ils ne reçoivent plus rien de supplémentaire. C’est donc un manque à gagner important (environ 600 € à 1 000 € de perte par an par famille touchée).

La branche Famille de la Sécurité Sociale est pourtant excédentaire, et ses excédents sont redistribuées vers d’autres branches de la sécurité sociale, au lieu d’être redistribuées aux familles ! Les besoins sont pourtant criants. Au lieu de faire le choix de créer un nouveau congé pourquoi ne pas avoir pris la décision de mieux rémunérer le congé parental actuel (450 euros par mois) ?  De ne pas supprimer la majoration des allocations familiales pour les ados ?

Le rapport du Haut Conseil de la Famille, de l’enfance et de l’âge de mars 2025 sur le redressement des comptes de la sécurité sociale, précise que les dépenses de la branche famille sont en forte baisse depuis 2014 (de l’ordre de 8 milliards d’euros) ! Ce même rapport démontre que mettre en place un service public de la petite enfance serait presque auto-financé par le retour à l’emploi des mères qui cotiseraient alors. Pour rappel, 3 enfants sur 5 sont gardé•s aujourd’hui par leurs parents faute de place en crèche. 

Congé parental vs congé de naissance ?  Une question de temps et d’argent

Pour rappel, le congé parental peut être pris par l’un des deux parents ou par les deux (successivement ou simultanément). Il peut donner droit à une prestation familiale limitée dans le temps (PreParE) équivalente à 450 euros par mois.  En congé parental, les droits à l’avancement sont conservés en totalité la première année puis réduits de moitié (six mois de congé valent pour trois mois d’avancement).

Le congé est pris en compte pour la constitution des droits à pensions de retraite selon des conditions variables selon que l’agent est fonctionnaire ou contractuel·le.

Alors que le congé de naissance, pour les agent·es de la fonction publique, permettra à chaque parent de prendre jusqu’à deux mois de congé supplémentaire rémunéré à :

  • 70 % du salaire net le premier mois,          
  • 60 % le second mois.          

Ce congé pourra être pris sous la forme d’un mois, de deux mois ou de deux périodes d’un mois non consécutives.

Extrait de l’interview de Christiane Marty, dans le supplément n°867 de l’US : 

Le congé parental dans ses modalités actuelles n’est pas satisfaisant : il est pris essentiellement par les mères, très peu par les pères, accentuant ainsi la dissymétrie de prise en charge des enfants. Trop long, il aboutit de fait à éloigner les femmes de l’emploi, surtout les moins qualifiées. Selon diverses études, il devrait être raccourci, mieux indemnisé (en proportion du dernier salaire) pour ne pas désinciter les pères. Il gagnerait à être une option devant être partagée à égalité entre les deux parents. Un nouveau droit, le congé de naissance voté pour 2026, viendra s’ajouter en juillet 2026, permettant à chaque parent de prendre jusqu’à deux mois de congés supplémentaires. Sans obligation de partage, on ne voit pas où est l’avancée… si ce n’est de répondre à une recommandation assez scandaleuse de la Cour des comptes: développer « la garde parentale, moins onéreuse pour les finances publiques » que la création de places d’accueil… c’est-à-dire une mesure concrètement au détriment de l’emploi des femmes!

Un droit à faire valoir

Pour autant, le congé de naissance de 2 mois supplémentaires  est un nouveau droit dont les parents peuvent se saisir : il est beaucoup mieux rémunéré que le congé parental et va permettre aux jeunes parents de bénéficier de ce temps auprès de leurs enfants s’il ou elle le souhaite. 

Le SNES-FSU revendique une politique familiale féministe, égalitaire et inclusive, et donc de dépasser la vision « traditionnelle » de la famille pour s’adapter aux réalités d’aujourd’hui. Pour cela, il est nécessaire de :

– reconnaître la diversité des familles et ainsi traiter à égalité les couples mariés, pacsés, en concubinage, les familles homoparentales

– soutenir les familles monoparentales : près d’une famille sur 4 en France est monoparentale et dans 82 % des cas il s’agit de femmes seules.

– mettre en place la justice sociale : pour réduire les écarts de niveau de vie dès la naissance de l’enfant, il est impératif de soutenir celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Nous refusons que la maternité soir un frein à la carrière des femmes, c’est pourquoi nous revendiquons :

– un réel service public de la petite enfance

– l’allongement du congé paternité et maternité et une meilleure indemnisation du congé parental.

– l’absence d’impact sur les conditions d’emplois, de rémunération ou d’avancement, des congés liés à l’etat de grossesse ou à la parentalité


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