La densité de ce projet de programme nécessite l’écriture de plusieurs articles d’analyse. Celui-ci donne un avis général. D’autres articles en détailleront les différents aspects.
Le projet de programme de cycle 4 du CSP se décline sur 29 pages au lieu de 11 pour le programme actuellement en vigueur. Le fait de distribuer les items en Cinquième, Quatrième, Troisième et des propositions très guidées de TP ou de points d’histoire des sciences à traiter dans la colonne de droite peut expliquer en partie cet allongement. Le préambule fait l’objet de six pages contre deux en 2023. Le programme a été massivement reformulé. L’importance de la partie expérimentale est nécessaire pour obtenir des séances en effectifs réduits mais il est tout aussi nécessaire que le préambule de ce projet de programme le notifie explicitement.
Des programmes annuels : une victoire du SNES-FSU
À force d’insistance, le SNES-FSU a obtenu un retour à des programmes annuels.
Comme il le demandait aussi dès 2016, le passage des projets de programmes de la Sixième à la Cinquième se fait de façon plus progressive, ce qui semble pertinent.
Un programme précis, parfois trop ?
L’habitude en physique-chimie était d’avoir des programmes précis, aux frontières clairement tracées et c’est ce que l’on retrouve ici après une réforme du collège 2016 qui les avait remplacés par un programme flou tendant à creuser les inégalités sociales puisque chaque équipe pouvait l’interpréter selon le niveau estimé de son public. Toutefois, si elles sont parfois intéressantes, il ne faudrait pas que les propositions de TP et leur forme (démarche d’investigation ou protocole à appliquer) deviennent des injonctions d’IA-IPR. Il faut qu’elles ne conservent qu’une valeur d’exemples. Ce problème s’est rencontré dans les nouveaux programmes d’autres disciplines mais le SNES-FSU a obtenu la suppression de la colonne de droite « exemples de réussite » et son transfert dans les documents d’accompagnement. En physique-chimie, on trouve dans cette colonne des informations intéressantes pour cerner le programme mais parfois trop cadrées. Le programme est un document qui, s’adressant à des professeur·es formé·es, doit rester synthétique.
Dans la partie « Préambule », un paragraphe explique l’« Organisation du programme » et traduit d’ailleurs l’expression problématique « des exemples de réussite qui précisent les attendus de formation et délimitent ce qui est exigible des élèves […] ». Il ne s’agit donc pas à proprement parler d’exemples ! Il semblerait opportun de modifier l’intitulé de cette colonne en la nommant « attendus de formation exigibles ».
Énergie et développement durable : une partie de programme complexe
La véritable révolution de ce projet de programme se situe dans ses dernières pages (p.24 à 29) avec la thématique « L’ÉNERGIE : STOCKS, TRANSFERTS, CONVERSIONS » qui développe considérablement l’approche énergétique par rapport à ce qui se pratique actuellement.
L’électricité n’est plus envisagée que sous cet angle. Cela complique son approche. Par ailleurs, introduire le flux d’énergie en Quatrième est très ambitieux. Le « Flux » est un concept difficile (actuellement abordé en Première). Pour un·e élève, le concept d’énergie est déjà délicat à comprendre car elle ne se mesure pas de façon directe. L’étudier sous forme de débit (flux) nécessite une maturité mathématique sur les grandeurs quotients que beaucoup n’ont pas encore.
En revanche, le sens du courant n’est plus abordé. C’est pourtant l’occasion de démonter des idées reçues par l’expérience, tout en permettant l’utilisation de dipôles d’usage aisé comme la résistance, le moteur et la DEL.
L’impression qu’on en retire est l’importance pour les rédacteurs et rédactrices d’inscrire l’éducation au développement durable (EDD). Cela pourrait être louable mais complique bien trop ces projets de programmes.
De même la thématique transversale de la variabilité des mesures est trop ambitieuse et chronophage. S’il est important d’y initier les élèves, on ne peut y consacrer trop de temps sous peine de détourner les élèves les plus en difficulté des objectifs pédagogiques visés par l’expérimentation initiale.
Quel calendrier de mise en œuvre ? Quelle articulation ?
Le SNES-FSU a obtenu l’échelonnement de la mise en œuvre de tous les programmes.
Quid des années précédant la rentrée qui verra la mise en place du nouveau programme de Troisième ? En effet, à partir de la session 2026, les sujets de DNB ne devraient plus porter que sur le programme de Troisième alors que jusqu’à présent bien des exercices portaient sur des notions étudiées en Quatrième puisque l’examen portait sur tout le cycle 4. La lecture de l’ensemble du projet donne l’impression que les rédacteurs et rédactrices ont souhaité que tous ces exercices d’épreuves écrites puissent encore être posés dans les années à venir. Cela ne va-t-il pas conduire à un programme de Troisième trop dense et complexe, alors que les élèves de Quatrième n’auront pas été suffisamment initié·es à certaines notions comme l’équation de réaction par exemple ?
Un rapport de l’IGÉSR : « État de la discipline physique-chimie : bilan et perspective » indiquait que toutes et tous les professeur·es jugent les programmes de sciences physiques actuels trop volumineux. La quantité totale de notions à traiter semble stable, ce qui signifie que ce projet de programmes reste beaucoup trop dense.
Analyse du préambule du projet de programme
Analyse des contenus du projet de programme






Élections professionnelles :