Des dysfonctionnements de la plateforme déjà dénoncés depuis longtemps par le SNES-FSU

Les rapporteurs pointent plusieurs difficultés qui accréditent les critiques sur le manque de transparence et le caractère anxiogène de la procédure Parcoursup.

Ils ciblent plusieurs points, entre autres, l’obligation de produire un projet motivé pour chaque formation demandée, un traitement  peu lisible des vœux, l’absence d’anonymisation du lycée d’origine, la part faite au privé dans les formations répertoriées, l’exclusion a priori de certains candidats dans les filières sélectives, le caractère variable de la procédure « oui si » selon les établissements.

Mais le rapport pointe également les conséquences problématiques de plusieurs dispositions concernant l’orientation scolaire.

  • Les effets de la loi de 2018 confiant aux régions une nouvelle responsabilité en matière d’information.  Si les représentants de Régions de France  vantent  de prétendues améliorations produites par leurs interventions et demandent un nouveau transfert de moyens et de personnels[1], leur discours est contredit par un jugement négatif émanant des élèves, des parents, des enseignants au sujet de la diffusion des guides d’information par les régions, les interventions clé en main dans les EPLE et la qualité des organismes mandatés.
  • La privatisation du champ de l’orientation scolaire. En effet, plusieurs recherches démontrent  la place importante réservée aux établissements privés tant dans les salons que sur la plateforme, mais également dans les procédures de recrutement de certaines universités[2].
  • Le recours à de nombreux organismes dont  la qualité, la fiabilité et la déontologie ne sont jamais évaluées, ce qui est paradoxal pour une mission de service public.
  • La non-inscription des heures dédiées à l’orientation dans l’emploi du temps des élèves et leur non-financement.

Le faible effectif des PsyEN EDO et le manque de formation des enseignants. Si les rapporteurs insistent sur le rôle des PsyEN EDO dans l’accompagnement des élèves, ils soulignent aussi  la nécessité de prendre en charge les signes de mal être en hausse au collège comme au lycée et la difficulté pour les PsyEN EDO de tout assurer. Un réexamen des missions est recommandé mais sans trancher sur le sens qu’il pourrait prendre.

Des  préconisations  décevantes voire dangereuses

Les rapporteurs prônent « une politique nationale de l’orientation définissant des objectifs précis, des moyens et des missions clarifiées pour chacun des acteurs ». Pour ce faire, ils proposent de recréer la fonction de délégué interministériel à l’orientation (DIO)[3], et de lui confier « la mise en œuvre de la politique publique en lien avec les régions, le pilotage de  l’Onisep, du  Parcours avenir et des PIA. »

Les risques d’une nouvelle décentralisation sont bien soulignés [4] mais cette recentralisation interministérielle n’est pas plus rassurante dans le cadre d’une politique qui tend à confondre orientation scolaire et bureau de placement !

En revanche, les auteurs préconisent un contrôle a priori des organismes mandatés par les régions et une consultation des équipes pédagogiques avant toute intervention. Ils recommandent également un contrôle strict des formations présentes dans Parcoursup avec exclusion en cas de qualité insuffisante ou de manquement à la déontologie.

Gageons que le nouveau ministre ne reproduira pas la recette « Blanquer » consistant à labelliser de nombreuses fondations privées, sans évaluation, au risque d’aggraver encore les inégalités !

L’augmentation des recrutements des PsyEN EDO et le maintien du réseau des CIO ne figurent pas dans les 10 préconisations finales.

Dès la rentrée, PsyEN comme enseignants se donneront les moyens pour en imposer la prise en compte et refuser la modification des missions !


[1] Revendications de Régions de France issue du dossier de presse de 2022 et de l’audition de F. Bonneau

[2] Cf travaux d’A. Van Zanten sur le recrutement en médecine, favorisant les élèves issus du privé dans certaines universités parisiennes (page 160)

[3] Fonction crée en 2006 et supprimée en 2013. Le dernier DIO JR. Pitte avait proposé de fondre les CIO dans le SPO (service public de l’orientation)

[4] . « Confier la politique de l’orientation aux régions risquerait de maintenir une certaine inégalité territoriale dans l’information diffusée auprès des jeunes que ce soit en termes de contenus, de moyens consacrés voire de qualité. » (p 128)


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