Pour les stagiaires comme pour les titulaires, obtenir des explications quant à son affectation relève du parcours du combattant.
« Il n’y a pas de révision d’affectation possible pour les stagiaires » martelait le ministère en juin. Ses services ont pourtant dû faire face à un afflux de demandes de recours supérieur à celui de l’an passé, de nombreux stagiaires s’interrogeant sur leur affectation. Pour la première fois, en application de la loi de transformation de la Fonction publique, le MEN n’a pas fourni aux organisations syndicales les informations sur l’affectation des stagiaires(listings, barèmes, barres…). Les opérations se sont donc déroulées dans une totale opacité, à l’instar de ce qui s’est passé pour le mouvement des titulaires. Dans ce contexte, les stagiaires se sont adressés au ministère qui, débordé, ne pouvait prendre en charge la masse des demandes. Ces nouveaux collègues ont eu la sensation d’être malmenés, ignorés. Comme ils l’avaient fait pour porter les recours dans le cadre des mouvements inter et intra-académiques, les militants nationaux et académiques sont intervenus auprès du ministère et des rectorats pour défendre les collègues, les réconforter, être à leur écoute quand personne ne voulait entendre leur désarroi, les informer sur les conditions de rentrée… Le ministère aurait bien tort de perdurer dans cette voie. La transparence des opérations d’affectation et de mutation est une nécessité dans un État de droit et les syndicats en sont aussi les dépositaires. Cette transparence était garantie avant que la loi de transformation de la Fonction publique ne dessaisisse les commissions paritaires de leurs attributions en matière de mouvement. Ce qu’une loi peut faire, une autre peut le défaire. À bon entendeur…
article publié dans L’US numéro 799 du 27 août 2020