Cette année, les jurys ont établi pour les concours du second degré public plus de listes complémentaires que les années précédentes. L’an passé 158 (tout second degré EPS et PLP inclus) candidats avaient été reçus sur LC alors que cette année 679 l’ont été. En ce qui concerne les CAPES-T, CPE, PsyEN et agrégations hors EPS, les LC sont passées de 123 (123 CAPES-T agreg + 0 CPE + 0 PsyEN ) noms en 2019 à 616 (573 CAPES-T agreg + 21 CPE + 22 PsyEN ) en 2020, mais seules 131 personnes ont été appelées alors que l’an passé le ministère avait pris dès juillet la totalité des lauréats en attente.

Le 23 juillet la direction des ressources humaines a assuré au cours d’une audience intersyndicale que les postes perdus en raison des doubles admissions seraient compensés dès le mois de juillet… il faut malheureusement constater qu’il n’en est rien ! Nous avons dénombré 378 doubles admissions dans les concours des agrégations et des CAPES CAPET. Ainsi, dans les agrégations interne et externe d’Eco-gestion, 16 candidats sont admis aux deux concours et pourtant le ministère n’a appelé qu’une personne sur la liste complémentaire de l’agrégation interne de cette discipline. Il en est de même pour l’agrégation interne et externe de SES. L’argument donné par la DGRH en réponse à un animateur d’un collectif des listes complémentaires est étrange : s’il n’est pas fait appel à la liste complémentaire pour pallier tous les désistements résultant de double admission, ce serait parce que les bi-admis n’ont pas priorisé leur concours sur SIAL (le serveur qui recueille les vœux d’affectation des futurs stagiaires). Or les lauréats des agrégations internes sont dans la plupart des cas des collègues en poste, titulaires, qui ne peuvent se connecter à SIAL, selon la propre note de service de la DGRH !

Pour sa crédibilité, il serait bon que le ministère tienne sa parole. Les recrutements perdus au vu des doubles admissions de juillet doivent être compensés sans attendre, comme promis.
Le ministère a aussi indiqué qu’il appellera une seconde vague de lauréats sur liste complémentaire en octobre, pour pallier cette fois les démissions survenues depuis le mois d’août. C’est la simple application des textes. Au lieu d’attendre octobre ou novembre, il aurait été préférable de compenser les démissions au fur et à mesure qu’elles étaient connues, en piochant autant que de besoin dans les listes complémentaires, ce qui aurait permis des recrutements comme stagiaire dès le 1er septembre. Cela éviterait une attente anxiogène inutile : certains des lauréats en liste complémentaire ne savent pas s’ils doivent se réinscrire à des formations pour préparer les concours 2021 et engager des frais. Ces personnels qui font des efforts importants pour se préparer à des concours difficiles méritent d’être mieux considérés.

Le SNES-FSU réaffirme, au delà de cette question, sa revendication que tou-les les candidat-es déclaré-es admissibles aux concours internes soient admis, et que des listes complémentaires soient établies de façon systématique à tous les concours, internes ET externes. La rentrée a révélé les postes vacants dans les établissements… comment comprendre que le Ministère ne recrute pas à la hauteur des besoins des élèves ?