Le SNES avec la FSU a fait un travail conséquent pour que les programmes d’EVARS (2nd degré) et EVAR (1er degré) soient adoptés en janvier 25 avec un contenu émancipateur et citoyen. Cet engagement se poursuit dans le suivi de la mise en place du programme et des échanges avec les collègues. Tout montre que de nombreux collègues sont prêt·es à s’investir, conscient·es des enjeux autour de ces programmes. Mais des efforts considérables sont à faire, de la part de l’administration, pour que cet enseignement soit généralisé et financé notamment en terme de formation et de temps dégagé pour le travail collectif. Dans sa réponse, la Directrice générale (DGESCO) s’est engagée à mettre en conformité la FAQ avec les programmes sur l’obligation d’associations agréées dans le public ET dans le privé. Elle a par ailleurs précisé que dans le cadre du plan « 800 collèges » dont le SNES-FSU demande l’abandon, les résidences pédagogiques (des IPR et IEN à demeure dans le collège) sont facultatives et soumises à l’avis des équipes.

Déclaration du SNES-FSU au CSE du 29 janvier 26

Madame la directrice, Monsieur le président, Mesdames, Messieurs.

Il y a un an jour pour jour, s’ouvrait un CSE pour le moins extraordinaire sur les programmes d’EVARS et EVAR. Leur adoption avec un vote à l’unanimité du CSE, après des débats intenses sur deux jours, marquait l’urgence d’une politique éducative de prévention et de protection de la jeunesse contre toute forme de violence et de discrimination. Un an plus tard, le SNES avec la FSU déplore le retard pris dans l’application de ce programme et le statu quo sur les 3 séances obligatoires d’éducation à la sexualité.

Les moyens et les formations manquent, les documents d’accompagnement sont rares, aucun temps n’est dégagé pour un travail collectif en établissement indispensable à la coordination. Le ministre se veut pourtant rassurant dans un entretien au journal Le Monde, « 48 % des collégiens et 35 % des lycéens du public auraient assisté à une séance » !

Ces taux, issus d’une enquête qu’aucun collègue n’a vu passer, sont éloignés des retours que nous avons des établissements. Nous doutons d’autant plus que le ministre poursuit et annonce de meilleurs scores encore pour les collèges et les lycées privés ! Là non, le ministre n’est pas crédible et s’est fait duper… sauf à tolérer que des interventions de l’entreprise Lift dans la Région AURA, financée par le conservateur P. E Stérin ou encore celles d’associations non agréées peuvent être comptées comme relevant de l’EVARS. Le SNES-FSU rappelle que les programmes d’EVARS et EVAR stipulent explicitement que seules des associations agréées sont autorisées à intervenir auprès des élèves, du public comme du privé. Nous demandons une nouvelle fois que la FAQ du ministère soit corrigée sans plus attendre sur ce point. Par ailleurs, la lutte contre les violences dans le réseau privé engage depuis la ministre Borne des contrôles renforcés des établissements.

Le SNES-FSU condamne les propos du ministre remettant en cause l’impartialité des inspecteurs et inspectrices chargé·es de ces visites. Cela fait beaucoup de signaux en faveur du réseau privé sur un sujet où l’intransigeance du ministère ne peut plus faillir.

Les suppressions de postes pour la rentrée, communiquées dans la plus grande confusion par le ministère aux représentant·es des personnels cette semaine, préparent des fermetures de classes dans les collèges et les lycées, avec une augmentation inévitable des effectifs dans les autres divisions.

Un paradoxe inacceptable alors que la baisse démographique peut contribuer à baisser les effectifs, à améliorer les apprentissages de l’ensemble des élèves dans une École réellement inclusive. Le SNES-FSU redoublera de vigilance pour vérifier que les 438 postes supprimés en plus des 1 365 initiaux, soient bien rétablis dans le schéma d’emplois des académies.

Les turpitudes du ministère, épinglé en CSAmen par la FSU, ne sauraient autoriser les recteurs et rectrices à geler des emplois plus qu’il n’en faut. Par ailleurs, des alertes nous parviennent sur de lourdes pertes en collège motivées par la reprise des moyens « Choc des savoirs ». Un chantage pour les conserver aux seuls collèges qui maintiendraient des groupes de besoin serait inacceptable. Les collèges inscrits de force dans le plan « 800 collèges », bien mal intitulé « collèges en progrès », seraient particulièrement ciblés par ces tractations aux moyens. Le SNES-FSU demande l’abandon de ce plan qui repose sur la remise en cause des pratiques professionnelles des personnels en plus de préfigurer une refonte de la carte de l’Éducation prioritaire et des coupes budgétaires supplémentaires.

Le SNES-FSU se félicite des échanges qui se poursuivent sur les référentiels disciplinaires du master M2E pour le second degré. Des évolutions sont encore nécessaires, par exemple pour les SES, les CPE ou les professeur·es documentalistes. Le SNES-FSU fera d’ultimes propositions pour y parvenir et rappelle au ministère son engagement initial de créer un master équivalent aux autres masters. Nous en sommes encore loin sur les contenus universitaires et la place de la recherche afin de maintenir un lien étroit avec l’agrégation, une perspective attractive pour attirer les étudiant·es vers nos métiers en plus d’une revalorisation des salaires qui ne vient toujours pas. Alors que le CSAmen se tient actuellement à la DGRH sur les textes statutaires cadrant les parcours de formations des lauréat·es, le SNES-FSU demande un réexamen de l’article 26-3 du statut publié en mai 2025, qui prive les élèves fonctionnaires de tous les droits, à congés notamment. Cet article constitue un abus de pouvoir de l’employeur. Il doit être abrogé.

Pour finir, le SNES-FSU demande que les difficultés persistantes liées aux conséquences de la cyberattaque du 10 octobre 2025 sur les lycées de la Région Hauts de France soient prises en compte, notamment pour les épreuves du baccalauréat et des BTS. Des aménagements sont à définir pour que les candidat·es ne soient pas lésé·es par le retard pris dans certains apprentissages. Plus globalement sur le bac, le SNES-FSU demande des consignes claires sur les dispenses de surveillance des épreuves écrites du bac, des décharges de cours durant la période de corrections des copies et des mesures pour réduire la charge de travail des jurys.