L’ESPE

Les Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation ont pour mission de former les futurs enseignants et CPE (étudiants en licence et M1 préparant le concours et aussi fonctionnaires stagiaires) ainsi que les titulaires. Elles sont des composantes de l’université. à ce titre des élections qui ont lieu tous les deux ans déterminent les membres des instances de l’ESPE notamment le conseil d’écoles. Il existe une ESPE par académie. Chaque ESPE est accréditée par le ministère après avis du CNESER à partir du projet déposé par l’ESPE qui présente l’offre de formation et les modalités d’organisation. L’accréditation permet de délivrer le diplôme du master MEEF (Métiers de l’Enseignement de l’Éducation et de la Formation).

Le point de vue du SNES-FSU


Les ESPE souffrent d’un problème de gouvernance et de moyens. Les représentants élus des personnels et des usagers sont minoritaires au sein des conseils par rapport aux membres désignés, les moyens ne sont pas fléchés et en baisse globalement à l’université empêchant une mise en œuvre satisfaisante des maquettes (ex : les cours à effectifs réduits sont remplacés par des cours magistraux voire par des cours sans formateurs, les concertations pour organiser la formation sont à faire en plus de service, en bénévolat…). Par ailleurs, l’accréditation de l’école, et non du master en lui-même, ne garantit en rien la qualité et le contenu du master délivré. Le SNES-FSU revendique ainsi une modification du mode de gouvernance afin de permettre une meilleure représentativité des personnels et usagers, et notamment des syndicats représentatifs des personnels enseignants du second degré qui ont vocation à suivre la formation continue. Les moyens doivent être augmentés et fléchés.

Voir aussi : les formateurs

Les tuteurs / conseiller pédagogique

Les textes de référence, datant de 2010, utilisent le terme de conseiller pédagogique. Depuis 2012 et la mise en place de la réforme de la formation, ce terme est remplacé par celui de tuteur.

Le point de vue du SNES-FSU
Le changement sémantique n’est pas anodin. D’un conseiller, on passe à un tuteur qui oriente donc le stagiaire, l’étudiant dans une direction, vers des « bonnes pratiques ».
  • Les différents cas de tutorat
    Plusieurs catégories de personnes nécessitent un tuteur :
    – les étudiants en licence, M1MEEF ou M2MEEF (s’ils n’ont pas eu le concours) en stage d’observation et/ou de pratique accompagnée ;
    – les Emplois d’Avenir Professeur ou EAP1 ;
    – les Étudiants Apprentis Professeur ou EAP2 créés à la rentrée 2015 ;
    – les étudiants en M1MEEF en alternance qui sont contractuels ;
    – les fonctionnaires stagiaires.
    Un même collègue peut assurer plusieurs missions de tutorat différentes, et avoir pour une même mission plusieurs tutorés avec une limitation à 2 pour les EAP dans la circulaire 2013-021. La circulaire 2010-103 ne limite pas le nombre de fonctionnaire stagiaire qui peuvent être encadrés par un même tuteur mais la pratique le limite en général à un seul fonctionnaire stagiaire par tuteur.
  • Mission
    Textes de référence : la DGRH a annoncé une nouvelle circulaire. Actuellement, les textes en vigueur sont les circulaires 2010-103 (tutorat en général), 2013-021 (mission des tuteurs d’EAP1) et la note de service 2015-055.
    Les missions du tuteur / conseiller pédagogique varient selon le type de tutorat :
    – étudiants en stage d’observation et/ou de pratique accompagnée : le tuteur doit assurer une « initiation guidée à l’exercice du métier en aidant à la prise en charge progressive des cours » ;
    – EAP 1 : le tuteur associe l’EAP à la préparation et à la conduite de séquences d’enseignement, à la gestion de classe et au suivi des élèves en ménageant régulièrement des temps de préparation et de retour sur sa pratique, l’introduit auprès des membres de la communauté éducative, l’intègre dans le travail de l’équipe pédagogique et la vie de l’école ou de l’établissement, établit avec l’étudiant un programme de travail progressif sous la forme d’un projet associant des objectifs et des activités, élabore avec l’étudiant un document de suivi et d’évaluation ;
    – EAP 2 : aucun texte officiel n’est paru à ce jour mais le projet donne comme mission de contribuer à l’acquisition par l’EAP2 des gestes professionnels ;
    – M1 en alternance avec stage en responsabilité : le tuteur est « référent » ;
    – fonctionnaire stagiaire : le tuteur participe à l’accueil fin août de « son » fonctionnaire stagiaire, le guide et le conseille « dans sa conduite de la classe, l’aide à préparer son enseignement et à mener une analyse critique de sa pratique», procède à un suivi régulier pendant toute la durée du stage, alerte l’inspecteur en cas de difficultés du stagiaire ; participe au processus d’évaluation des stagiaires en rendant compte par des rapports de visite, des bilans trimestriels du parcours du stagiaire.
Le point de vue du SNES-FSU
Les missions des tuteurs / conseillers pédagogiques sont très lourdes et nécessitent une décharges de service pour les mener à bien dans le cas notamment d’un suivi à l’année. Le rôle central du tuteur dans la titularisation des fonctionnaires stagiaires depuis 2010 biaise totalement sa mission de formation, et la relation de confiance qui devrait s’établir avec le fonctionnaire stagiaire. Le SNES-FSU revendique une pluralité d’avis et notamment des visites conseils de formateurs permettant de ne pas faire porter uniquement sur le tuteur l’évaluation du stagiaire.
  • Formation
    Les textes préconisent des réunions d’information et des actions de formation pour les tuteurs.
Le point de vue du SNES-FSU
Si les réunions d’information ont lieu, elles expliquent comment remplir les grilles d’évaluation. De réelles formations, notamment à l’observation et l’analyse de cours réalisés par les stagiaires puis à la conduite d’entretien sont indispensables.
  • Désignation des tuteurs /professeurs conseillers pédagogiques
    C’est une mission complémentaire donc elle est sur la base du volontariat. C’est le recteur, sur proposition des corps d’inspection et des chefs d’établissement concernés qui désignent les tuteurs parmi les enseignants en activité dans les établissements.
  • Rémunération
    Textes de référence : Décret 2014-1017 et arrêté du 8 septembre 2014 correspondant, décret 2010-235 et note du 10 octobre 2014 de la DGRH du ministère de l’Éducation nationale.
    Si aucun allègement de service n’est prévu, des indemnités annuelles sont versées qui diffèrent selon la nature du tutoré : 150 € pour un étudiant en stage d’observation ou de pratique accompagnée, 300 € pour un EAP1, projet de rémunérer à 600 € le tuteur d’EAP2 (pas de textes officiels à ce jour), 1 250 € pour un fonctionnaire stagiaire.

L’année de fonctionnaire stagiaire

Principales sources d’informations :
– le mémo SNES « Stagiaires » distribué à tous les stagiaires lors de leur rentrée à l’ESPE donnant toutes les informations sur la formation, l’évaluation et la titularisation, la rémunération… Disponible dans les S3 ;
– le site du SNES : www.snes.edu, rubrique concours puis « l’année de stage après réussite au concours » ;
Cette publication peut aussi être demandée au SNES national : Secteur FIC-EDM (mél : fmaitres@snes.edu – Tél. : 01 40 63 29 57).

L’accueil et l’accompagnement des stagiaires

À l’exception des agrégés stagiaires lauréats du concours interne déjà titulaires, les stagiaires sont affectés à titre provisoire dans l’établissement.

Le S1 a un rôle primordial à jouer pour l’accueil et l’accompagnement des stagiaires tout au long de l’année de stage.
Le S1 doit être un lieu de soutien et d’écoute pour les stagiaires, mais aussi de lutte pour améliorer leurs conditions d’entrée dans le métier.
Nombre d’entre eux ont déjà été en contact avec le SNES-FSU et ont pu bénéficier de son action au moment de l’affectation en stage.
Il faut tenir compte du fait que la période de rentrée est particulièrement compliquée pour les stagiaires. Sur une courte période, ils doivent régler des questions à la fois personnelles et professionnelles : logement, transport, documentation, préparation des cours, prise en charge des classes souvent pour la première fois… Une attention ou une aide concrète de la part d’un syndiqué ou d’un militant du SNES-FSU sont très appréciables et souvent déterminantes pour l’avenir.

Quelques questions fréquentes

Les informations détaillées concernant la formation, la titularisation, la rémunération, les indemnités, la notation des stagiaires sont fournies par les publications du SNES-FSU signalées plus haut. Il s’agit donc ici de répondre à quelques questions fréquemment posées, sachant que les droits des stagiaires sont régis par le décret 94-874 du 7 octobre 1994.

Heures supplémentaires
Un stagiaire peut-il faire des heures supplémentaires ? Non : les circulaires précisent qu’ils « n’ont pas vocation » à en faire. Le SNES-FSU, qui s’oppose par ailleurs à l’attribution d’heures supplémentaires au-delà de l’heure réglementaire, a toujours été opposé à ce que les stagiaires y soient soumis. Le rôle des S1 sera déterminant pour que la charge de travail de ces nouveaux collègues ne soit pas alourdie pas l’attribution d’heures supplémentaires.

Quels sont les droits syndicaux des stagiaires ?
Les stagiaires ont les mêmes droits syndicaux que les titulaires et notamment celui d’être membres d’un syndicat, le droit de grève, les droits à autorisation d’absence et à congés pour formation syndicale. Ils ont le droit de participer à un stage organisé par un syndicat représentatif (c’est le cas pour le SNES-FSU) dans la limite de douze jours ouvrables par an en conservant leur rémunération intégrale et sans être contraints de remplacer leurs services. Les demandes d’autorisation d’absence doivent être déposées auprès du chef d’établissement du stage en responsabilité. Ils peuvent, comme les titulaires, participer aux heures mensuelles d’information syndicale organisées dans leur établissement.

Le SNES-FSU organise de nombreux stages syndicaux nationaux et académiques : moments privilégiés d’échanges, de discussion, de réflexion, d’information. De nombreux S3 et S2 organisent dès le mois de novembre, des stages spécifiques à l’intention des stagiaires.

Les stagiaires ont-ils le droit de vote au CA de l’établissement ?
Oui. Ils sont à la fois électeurs et éligibles au conseil d’administration de l’établissement dans lequel ils sont affectés. Vérifier notamment, qu’ils figurent sur la liste électorale. En revanche, ils ne peuvent participer aux élections professionnelles sauf s’ils sont titulaires d’un autre corps.
Les stagiaires doivent-ils assurer des remplacements de courte durée ?
Certains chefs d’établissement prétendent utiliser les stagiaires comme remplaçants en fin d’année pour pallier le manque de moyens de remplacement.
Le décret n° 2005-1035 du 26/08/2005 article 5, prévoit que les dispositions mises en place pour le remplacement de courte durée à l’intérieur des établissements ne concernent pas les personnels enseignants du second degré stagiaire.

Le SNES-FSU revendique la création d’un nombre suffisant de postes de titulaire sur zone de remplacement (TZR), dans toutes les disciplines (générales, techniques, documentation, CPE, CO-Psy), ce qui induit les recrutements nécessaires de titulaires et, pour les professeurs stagiaires, une véritable année de formation. Dans tous les cas où le chef d’établissement cherche à imposer un remplacement, prendre contact avec le S3 (section académie du SNES-FSU), ne pas rester isolé face à certains administrateurs trop zélés.

Les stagiaires doivent-ils participer aux examens ?

  • Surveillance : les stagiaires peuvent être appelés, comme les collègues titulaires, à participer à ces tâches (surveillance de baccalauréat, de brevet).
  • Correction de copies, interrogations orales : aucun texte ministériel ne prévoit de dispenser les stagiaires de ces responsabilités. Dans de nombreuses académies, les recteurs ont de plus en plus tendance à faire appel aux stagiaires.
    Le SNES-FSU national ainsi que les sections académiques du SNES-FSU sont intervenus pour que les stagiaires ne soient pas convoqués comme examinateurs, surtout s’ils n’ont pas eu de classe à examen en responsabilité.
    Il convient donc de faire respecter des principes de bon sens qui tiennent compte à la fois de l’intérêt des élèves et de celui des personnels. Ne devraient pas être convoqués pour corriger le brevet, le bac… les stagiaires qui n’ont pas exercé pendant l’année au niveau correspondant ou qui sont admissibles à un concours (agrégation par exemple). Il faut veiller à ce que les stagiaires ne figurent pas sur la liste communiquée au rectorat vers le mois de décembre par le chef d’établissement du stage en responsabilité. À voir avec le tuteur.