
Le plan d’action du SNES-FSU pour la rentrée
Dans cette nouvelle séquence d’instabilité politique née de l’annonce de François Bayrou de solliciter la confiance de l’Assemblée, le SNES-FSU est déterminé à rester la boussole de la profession, portant haut et fort ses revendications et son projet pour le second degré. François Bayrou à Matignon ou pas, la mobilisation pour un autre budget devra se poursuivre au regard des urgences et des besoins pour le système éducatif.
– Un préavis de grève est déposé pour la prérentrée, le vendredi 29 août puis, pour chaque semaine du mois de septembre, afin de couvrir les actions liées aux conditions locales de rentrée et celles à venir sur le budget
– Le SNES-FSU appelle à débattre dans les AG et heures d’informations syndicales de rentrée des modalités de la mobilisation
– Le SNES-FSU appelle aussi les personnels à faire localement le bilan de la rentrée (effectifs, moyens revendiqués, postes vacants, élèves non affecté·es, heures supplémentaires rejetées, etc.), à contacter la presse locale (ne pas hésiter à lui adresser un communiqué et les photos des actions), à alerter la section départementale ou académique du SNES-FSU et à renseigner les enquêtes de rentrée du SNES-FSU notamment sur les postes vacants. Le SNES-FSU rendra visible l’ensemble de ces mobilisations pour leur donner un écho, une visibilité et une cohérence nationale.
– La journée du 10 septembre est protéiforme : on y retrouve notamment une profonde colère, que le SNES-FSU partage, face aux effets de la politique antisociale portée par le budget Bayrou. Là où elles se font dans un cadre intersyndical et sur la base de nos revendications, par exemple, pour la justice fiscale avec la taxation des grandes entreprises et des plus riches ou pour une redistribution des richesses permettant le nécessaire développement des services publics utiles à tous, le SNES-FSU accompagnera et soutiendra localement les mobilisations du 10 septembre.
– le SNES-FSU initie dès la prérentrée un travail d’information et de mobilisation pour rassembler largement la profession dans la grève fin septembre, dans le cadre fixée par l’interpro le 29 août
– l’intersyndicale éducation se réunira le 3 septembre
– le SNES-FSU discutera dans ses instances de la perspective rapide d’une grève éducation pour porter les besoins et les urgences du second degré.
Et le SNES-FSU est toujours présent, au quotidien, à tous les niveaux, pour vous informer sur vos droits, votre carrière, votre mutation. Pour renforcer l’outil syndical, au service de la profession, adhérez au SNES-FSU !
L’austérité budgétaire
Les mesures d’économies du budget 2026 sont brutales et injustes. Suppression de 3 000 emplois dans la Fonction publique puis non remplacement d’un fonctionnaire sur trois à partir de 2027, gel du point d’indice, pas de nouvelles mesures salariales pour les fonctionnaires, désindexation des pensions de retraites, possible restriction des arrêts maladie, réforme de l’assurance chômage, suppression de deux jours fériés… C’est encore une fois le monde du travail et les retraité·es qui vont payer le prix fort de cette austérité budgétaire ! Par exemple, pour 2026, la Banque de France prévoit une inflation d’au moins 1,4 %, ce qui signifie qu’en euros constants, toutes les prestations sociales baisseront de 1,4 %, de même que le niveau de vie des retraité·es, ou encore le salaire des fonctionnaires.
Les plus riches restent exonéré·es d’un effort à la hauteur de leurs richesses, comme un symbole des choix politiques du gouvernement. Il faut ainsi rappeler que les cadeaux fiscaux aux grandes entreprises et aux ménages aisés représentent à eux seuls 207 milliards d’euros, soit 24 % de la hausse de la dette depuis 2018.
La suppression de deux jours fériés devrait rapporter 4,2 milliards d’euros… à comparer à la taxe Zucman (taxer le patrimoine des 1 800 français·es qui possèdent plus de 100 millions d’euros) qui rapporterait 20 milliards. Elle a été votée par l’Assemblée, rejetée par le Sénat et le gouvernement.
État d’esprit de la profession
L’enquête du SNES-FSU, inédite, réalisée du 17 au 30 juin a recueilli plus de 10 000 réponses et met en lumière, si besoin en était, l’urgence de la situation dans le second degré. Elle dresse le portrait d’une profession fatiguée, désabusée et en colère pour laquelle le recours à la démission devient une possibilité face à de nombreuses difficultés. La forte participation et les réponses recueillies révèlent aussi des revendications largement partagées et des attentes fortes sur les salaires, les carrières ou la défense de l’Ecole publique.
Collège
En finir avec les groupes de niveau
Le rapport de l’Inspection générale a confirmé toutes nos analyses : relégation des élèves les plus fragiles, creusement des inégalités, désorganisation systématique des collèges. Il évoque une « dérive programmée des continents » et demande l’abandon des regroupements. Pour contrer cette publication, le ministère a adressé en juin un courrier aux directions des collèges pour leur enjoindre de maintenir les « groupes de besoins » mais cet écrit n’a aucun caractère règlementaire. Le SNES-FSU poursuit la lutte contre le « Choc des savoirs » et a formulé un nouveau recours en Conseil d’État pour faire annuler décret et arrêté. Le « plan Filles et maths » comme le « plan Avenir » et ses quatre-demi journées préemptées sur les temps d’enseignement participeront aussi du tri social des élèves.
Nouveaux programmes au collège
Les mathématiques, le français et les LVE ont de nouveaux programmes en Sixième à cette rentrée. De nouveaux programmes au cycle 4 étaient prévus à la rentrée 2026 : finalement seuls ceux de français et de mathématiques seraient revus de manière échelonnée entre 2026 et 2028. Dans les prochaines semaines, les concertations sur le nouveau socle préciseront le calendrier pour l’ensemble des disciplines.
DNB
Le retour au contrôle continu classique pour le DNB, nécessitant des notes dans toutes les disciplines, ne doit pas conduire à un projet local d’évaluation (PLE) comme au lycée. Aucun texte réglementaire ne l’impose. Le SNES-FSU appelle à la vigilance contre toute initiative formalisant un cadre qui s’avérerait prescriptif pour nos pratiques, au prétexte « d’objectiver le contrôle continu ». L’évaluation des élèves relève d’une mission statutaire des professeur·es qui ne peut être ni cadrée ni contrôlée par les directions.
Lycée : la réforme n’en finit plus
Les automatismes attendus à l’épreuve anticipée de mathématiques en Première GT en juin 26 ont été publiés au BO du 12 juin 25, avant une révision complète des programmes à la rentrée 26. En STI2D, le ministère doit urgemment préciser la nature de l’épreuve pratique et se soucier des équipements nécessaires. Le SNES-FSU est intervenu au ministère pour dénoncer les conditions de corrections et d’oraux qui se sont fortement dégradées à la dernière session du bac : il a obtenu un bilan au ministère en septembre. Le projet local d’évaluation (PLE) pourrait ressurgir pour mieux « objectiver » le contrôle continu, il s’agit surtout de contrôler les évaluations des collègues. Le SNES-FSU demande un bilan et la remise à plat du Lycée Blanquer pour une autre organisation des enseignements. Il revendique l’abrogation de Parcoursup alors que des rapports se multiplient pour dénoncer les conséquences délétères de cette sélection qui prive des milliers de jeunes de poursuite d’études.
Dernière minute : la ministre vient d’annoncer la réactivation du PLE (projet local d’évaluation) en lycée, outil de contrôle des pratiques pédagogiques hérité du bac Blanquer ! Inacceptable, le SNES-FSU ne laissera pas passer cette provocation !
Concours : 883 postes non pourvus
Les concours de l’enseignement ne font toujours pas le plein : 9% des postes ne sont pas pourvus et la crise d’attractivité s’aggrave. Au CAPES externe, 253 postes restent vacants en mathématiques (1 poste sur 4 !), 96 en physique-chimie, 82 en lettres modernes, 23 en allemand, 20 en lettres classiques, 14 en éducation musicale… À la rentrée 2026, la réforme de la formation initiale va accroître la déqualification de nos métiers, faisant des enseignant·es et CPE de simples exécutant·es éloigné·es de la recherche et réduit·es à appliquer les « bonnes pratiques ». Elle va en outre dégrader les conditions de travail des collègues en service partagé dans les Inspe. Le SNES-FSU poursuit sa campagne pour des mesures salariales et pour obtenir un moratoire de la réforme.
Le faux argument de la baisse démographique pour supprimer des emplois
En 8 ans de rentrées préparées sous Emmanuel Macron, 8 865 emplois d’enseignants ont été supprimés dans le second degré public alors même que 8 029 élèves supplémentaires étaient accueillis dans les collèges et lycées publics. Pour retrouver le taux d’encadrement de 2017, il faudrait créer 10 617 emplois. En remontant plus loin, le second degré public a été la grande victime, en termes d’emplois et de réformes, des politiques publiques depuis 2006. Ses effectifs élèves ont augmenté de 4 % pendant que les emplois baissaient de 6 %.
Plutôt que les gadgets comme la convention des temps de l’enfant, il faut revaloriser nos métiers, créer des emplois et recruter.
Carrière : reculs en cours
Le 6 mai 2025, le ministère a soumis au vote du comité social d’administration ministériel un projet de réforme des carrières comportant trois axes :
– une légère accélération du rythme d’avancement en classe normale avec la mise en place d’un rythme commun,
– une amélioration du taux de promotion à la hors-classe,
– un nouveau cadencement des rendez-vous de carrière.
Les textes n’ont finalement pas été publiés et n’entreront pas en vigueur à la rentrée 2025, faute d’arbitrages budgétaires favorables. Au mieux, ces mesures sont repoussées d’au moins un an par rapport au calendrier annoncé initialement par le ministère mais pourraient être aussi définitivement abandonnées. Bien que d’un effet financier limité, ce report est révélateur de la façon dont l’austérité budgétaire pèse sur les carrières des personnels du second degré.
Le SNES et la FSU se sont opposés au nouveau cadencement des rendez-vous de carrière dont le dernier qui ferait office de barrage à l’accès à la classe exceptionnelle pour le plus grand nombre.
Protection sociale complémentaire (PSC)
À partir du 1er avril 2026, de nouvelles obligations et dispositions relatives à la PSC pour les personnels de notre ministère seront mises en place. Elles découlent d’une réforme imposée par voie d’ordonnance en février 2021, dans le prolongement de la loi de transformation de la Fonction publique de 2019. C’est dans un cadre très contraint que la FSU s’est engagée dans les négociations et a signé des accords permettant de conserver un haut niveau de couverture des soins et un accès à une prévoyance complémentaire la plus large possible. mais cette réforme ne correspond pas au modèle que nous défendons. Elle entraîne un recul considérable des solidarités, notamment envers les retraité·es, qui ne vont pas bénéficier de la participation financière de l’employeur. Ainsi, nos syndicats nationaux avec la FSU continuent de revendiquer la liberté de choix dans l’adhésion à une complémentaire et militent plus largement pour un remboursement par la Sécurité sociale de 100% des soins prescrits.
Pour les syndiqué·es, un simulateur de cotisation est accessible dans l’espace adhérent.
AESH
Les AESH constituent le deuxième métier de l’Éducation nationale en nombre de personnels mais elles et ils ne sont toujours pas reconnu·es et leurs salaires sont toujours aussi bas. Pourtant, l’accompagnement des élèves en situation de handicap est une mission essentielle et pérenne de l’École. C’est un véritable métier avec des compétences professionnelles spécifiques pour faire réussir les élèves et qui relève d’un véritable statut. Il y a urgence à obtenir un statut de fonctionnaire pour les AESH. La circulaire de rentrée annonce l’expérimentation de 500 PAS -pôle d’appui à la scolarité- qui devraient remplacer à terme les PIAL. Les PAS dégraderont les conditions de travail des AESH en rationalisant encore plus leur activité dans le cadre d’une réponse dite de « premier niveau », sans moyen et qui permettra surtout de passer outre les recommandations de la MDPH.
AED
L’événement tragique qu’a constitué l’assassinat de Mélanie G, AED dans la Haute Marne, met en lumière l’exposition à laquelle les assistant·es d’éducation sont confronté·es dans l’exercice de leur fonction. Faute de moyens humains suffisants dans les collèges et les lycées, les AED se retrouvent souvent en première ligne, exposé·s aux risques, dans un rôle de « vigiles d’établissement » qui n’est pas le leur. Pourtant leurs salaires restent parmi les plus bas de l’Éducation nationale. Aucune des solutions envisagées par le ministère ces dernières années n’a permis de traiter sérieusement la question de la précarité de nos collègues AED. Les conditions de travail sont quant à elles inacceptables ! Les vies scolaires sont réduites à peau de chagrin alors que les AED doivent souvent composer avec des centaines d’élèves.
CPE
La pression est forte pour utiliser les vies scolaires comme variable d’ajustement dans ces dispositifs qui s’empilent sans cohérence éducative. y participer. La lutte contre le harcèlement et les violences en milieu scolaire est primordial. Prendre en compte la parole des élèves victimes nécessite plus que la passation de questionnaires anonymes (programme pHARe, plan Brisons le silence-agissons ensemble pour les élèves internes ou de retour d’un voyage scolaire). L’accompagnement des élèves en situation de mal-être ne peut se faire qu’avec la présence d’adultes formé·es dans des équipes pluridisciplinaires complètes et sur le long terme.
Psychologue de l’Éducation nationale
Pour les Psy-ÉN tout particulièrement, les mesures affichées consacrent une transformation radicale des missions et des conditions d’exercice des personnels: réécriture des missions par le DASEN, encadrement des pratiques, alourdissement des tâches et des horaires, prélèvement de 100 postes du terrain pour nommer « un·e conseiller·e technique psychologue en santé mentale » par département, sans moyens supplémentaires…Le plan Avenir est synonyme de nouvelles injonctions pour les PsyEN et les professeurs, sans moyens.
Non titulaires
La concertation sur le cadre de gestion des non-titulaires est sans cesse reportée par le ministère, alors qu’il y a urgence à traiter l’harmonisation par le haut des grilles académiques pour mettre fin à des injustices criantes et à la concurrence entre académies, entre disciplines ou entre établissements. Plus largement, c’est l’amélioration de l’ensemble des aspects de la gestion des non-titulaires qui doit être discutée. Le SNES-FSU exige l’ouverture de discussions sur un plan de titularisation.